‹ Les étapes d'un livreChapitre 48 sur 101 · Cf. Degeorge, La maison Plantin · texte numérisé non relu

Cf. Degeorge, La maison Plantin

XV ir ET xviir siècles

ous pouvons à présant passer en revue l'histoire des principaux imprimeurs depuis le xvii" siècle jusqu'à nos jours, en même temps que nous assisterons à la création de l'Imprimerie Royale et aux bouleversements qu'elle a subis jusqu'au moment où elle a été transformée en Imprimerie Nationale.

Le commencement du xvir siècle ne manquait pas d'artistes. On en pourrait citer un grand nombre qui, s'ils avaient pu donner carrière à leur talent, se seraient montrés dignes de leurs ancêtres. Mais la liberté s'amoindrissait chaque jour et les libraires et imprimeurs étaient pendus ou brûlés à la moindre infraction aux bienséances politiques ou religieuses.

Une nouvelle mode s'était introduite en France dès la fin du XVI" siècle : celle des associations de libraires pour des publications onéreuses. Citons celle du Grand Navire (1600) et la seconde Compagnie du Gra7id Navire qui, dès 1G03, imprima le Saint- Damascène. Nous relevons dans cette société les noms des deux Cramoisy, de Denys Béchet, de Jean Branchu et de Denys Moreau. A frais communs et à gains également partagés, ils éditaient d'importants ouvrages que chacun d'eux avait le droit de vendre en sa boutique, tout en pouvant en éditer d'autres. On pourrait citer encore les associations de La Source (1622) et du Soleil (1629). Une autre société, formée pour publier Les Pères de l'Église, a.ura.ii eu pour chef moral Sébastien Cramoisy. C'est le plus grand des éditeurs de livres grecs, latins et français de son époque. Il fut le premier auquel fut confiée, par le cardinal de Richelieu, la direction de l'Imprimerie Royale, établie au Louvre en 1040.

C'est Louis XIII qui la fonda, agissant sous l'inspiration du cardinal de Richelieu. Elle occupait la partie du palais qui servait d'orangerie, dans une série de chambres en enfilade, faisant un atelier sans rival au monde. Sublet des Noyers en fut nommé surintendant, Trichet du Fresne correcteur. Le premier ouvrage publié fut V imitation de Jésus-Christ en 1640 (in-folio). C'est un assez beau livre, mais il est loin de pouvoir égaler une édition des Elzevier. On attribue les caractères de cet ouvrage à Claude Garamond, fondeur du XVI' siècle, auquel on doit les types grecs de François P".

L'Imprimerie Royale coûta beaucoup et rapporta peu; d'ailleurs, après Cramoisy, la direction en fut si peu sérieuse, qu'on installa une écurie appelée la « petite écurie du roi » à la place des ateliers.

En l'année 1673, nous voyons que l'Imprimerie Royale du Louvre est réunie à celle de Versailles. Elle était propriété mixte en 1793. Les poinçons et les matrices, à l'exception de la typographie dite « du Cabinet du Roi », appartenaient à l'Etat, ainsi que dix presses et dix milliers pesants de caractères, interlignes, cadrats, etc., le surplus des pierres, ustensiles et caractères, appartenant au directeur, M. Anisson, qui l'exploitait pour son propre compte.

-Cette même année 1793, Anisson proposa au Comité de Salut Public de vendre à la nation la portion dont il était propriétaire, et une autre imprimerie qui lui servait de succursale. Mais le 23 avril 1794, Anisson, sous prétexte d'avoir imprimé un arrêt inconstitutionnel du département de la Somme, fut cité devant le tribunal révolutionnaire. Condamné, il mourut sur l'échafaud. Dès lors, l'Imprimerie Nationale exécuta les impressions pour le compte du gouvernement'.

Un décret du 8 pluviôse an III (23 janvier 1793) réunit à l'Imprimerie du Bulletin des Lois tout ce qui appartenait à l'État dans l'ancienne Imprimerie Royale. Un autre décret du 18 avril lui donna le nom d'Imprimerie Nationale; et par un décret du 29 mars, elle avait reçu le nom d'Imprimerie de la République.

C'est en 1808 que l'Imprimerie de la République, devenue l'Imprimerie Impériale, fut transférée dans l'ancien palais du cardinal de Rohan-, rue Vieille-du-Temple. En 1811, Firmin-Didot fut chargé de renouveler le matériel. C'est alors que l'Imprimerie s'enrichit de caractères orientaux.

En l'année 1814, lors de la Restauration, l'Imprimerie reprit le nom d'Imprimerie Royale, et cessa d'être régie pour le compte de l'Etat. Puis elle retomba sous sa tutelle en 1823. En 1830, nouveau changement. Elle redevient l'Imprimerie du Gouvernement, puis, le 13 septembre 1830, Pierre Lebrun est nommé directeur de l'Imprimerie redevenue Royale. En 1832, on reprend les travaux de la collection orientale. En 1847, on acquiert une typographie complète. Après la révolution de 1848, l'Imprimerie devient à nouveau

d. Henri Bouchot, op. cit.

l'Imprimerie Nationale. Puis elle est rebaptisée Impériale, et enfin Nationale après 1870.

Revenons à présent à notre histoire de la typographie. Vers ce début du xvii'' siècle, chaque année voyait le nombre des imprimeurs-éditeurs s'accroître. Antoine Vitré se trouvait parmi eux le plus illustre de la confrérie.

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