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Les étapes d'un volontaire

Le comte de L*** achevait de prononcer ces paroles lorsque nous atteig^nîines le campement : un spectacle que je n'oublierai jamais, et dont le souvenir restera

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toujours vivant dans ma mémoire, frappa mes regards étonnés et attendris.

Au milieu de la plate-forme dont j'ai déjà parlé, plate-forme qui dominait la campagne et où les proscrits élevaient la nuit leur campement, l'évêque, revêtu de ses vêtements sacerdotaux, se préparait à célébrer la messe.

Rien de simple et de touchant a la fois comme ce tableau.

Un bloc de pierre, usé par le contact des siècles, servait d'autel ; aucune décoration,

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aucun objet d'art n'appelait le regard. Un calice de \erre, une croix, de bois teinte en noir avec du jus de mûre, deux petits chandeliers de fer, pieuse offrande, sans doute, d'une pauvre chaumière ; enfin, une de ces clochettes que l'on attache au col des vaches, servaient seuls au vénérable prélat.

Sur deux longs et grossiers bancs de bois mal équarris, placés à droite et a gauche de l'autel, les chanoines, revêtus de surplis, attendaient dans un recueillement profond la célébration du saint mystère.

A peine l'évêque se fut-il approché de

l'autel, que le son d'une clochette retentit au loin, répercuté a l'infini par les échos d'alentour.

— Je n'avais pas encore remarqué Texistence de cet écho, dis-je a voix basse à mon jeune ami, le comte de L***. Ne craignez-vous pas que ce phénomène d'acoustique ne trahisse votre présence ici quelque jour?

— Ce que vous prenez pour un écho, me répondit-il sur le môme ton , est tout bonnement un signal , destiné a faire savoir aux pâtres des environs qu'ils peuvent assister par la pensée a la messe qui va être célébrée, et unir leurs prières

aux noires. Dans un rayon de quatre lieues, autour de celte forêt, il y a en ce moment des fronts qui s'inclinent vers la terre et des cœurs qui s'élèvent vers Dieu.

Je renonce à rendre, avec la seule aide de ma plume, l'émotion nouvelle et inconnue, la douce tristesse, le sentiment d'extase qu'éveillèrent en moi les chants graves et imposants qui s'élevèrent bientôt au milieu du silence de la forêt ! Un rayon de soleil qui, tamisé, s'il m'est permis de me servir de cette expression, par les fourrés, les branches et les feuillages, tomba semblable à une fine pluie d'or sur le frontcalme et couvert de cheveux blancs de l'évêque qu'il ceignit, — singulier

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