‹ Les étapes d'une classe au Petit séminaire de Québec, 1859-1868 [microforme]Chapitre 32 sur 36 · NS · texte numérisé non relu

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Sur la fin du banquet, lorsque les santés furent bues, M. Belleau, secondé par M. Cimon, proposa :

«Que les élèves finissants de 1868, réunis en conventum à St-Michel, se rappellent avec bonheur les années qu’ils ont passées au Séminaire de Québec, et sont orgueilleux d’être comptés au nombre des anciens élèves ;

«Qu'ils désirent, à l’occasion de leur deuxiène réunion décennale, transmettre aux directeurs de cette maison l'expression de leur profond attachement pour le Séminaire ;

«Qu'ils expriment l'espoir de voir, un jour qui n’est pas très éloigné, un grand conventum réunir les anciens élèves du Séminaire de Québec, dispersés sur tous les points de l'Amérique, afin de resserrer les liens qui unissent les mernbres de cette grande famille et de raviver le souvenir qui les attache à l'Alma Mater.»

Le président fut chargé de transmettre ces propositions au supérieur du Séminaire, avec une copie de la photographie des finissants de 1868, présents à ce conventum.

À six heures la plupart des confrères se retrouvèrent au point de départ, chez M. Belleau,

vis, où après avoir veillé ensemble, ils se sé- Parèrent en se donnant rendez-vous pour les noces d'argent, en 1893.

Ce troisième conventum des finissants de 1868 a été tenu, le 17 juillet 1893, à deux endroits à proximité l’un de l'autre: Québec et Lévis. Les premières vêpres furent chantées à la résidence du confrère Darveau, dans la soirée du 11. Les

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matines furent dites Je lendemain, à la Congrégation du Petit Séminaire : messe célébrée par l'abbé Gosselin : allocution prononcée par l’abbé Casault, et Te Deum présidé par l’abbé La-

étaient assis à la table de leur président : l'abbé Beaulieu, du collège de Lévis ; Belleau, maire de Lévis; Blouin, médecin de St-Jean, île d'Orléans ; l'abbé Casault, curé de St-Alban; Cimon, juge de la Cour supérieure Pour le district de Kamouraska; C, Darveau, C-R.;: R. Desrochers, médecin, St-François, Beauce; l'abbé Déziel, curé de St-Michel; l’abbé Gosselin, curé du Cap-Santé;

uot, caissier de la Banque nationale de Québec; Guay, député de Lévis ; Ladrière, médecin, Lévis; l'abbé Laflamme, supérieur du Séminaire de Québec ; Laliberté, député de Lotbinière ;Marmette, pharmacien, Lévis ; l'abbé Paquet, curé de St-Apollinaire ; Vaillancourt, député de Dorchester.

Les confrères absents étaient : Carrier, de Bay City ; les abbés Fortier, Fraser, curé de St-Honoré; R. Guénard, et Lemieux, curé de Saint-Lazare,

Les trois confrères décédés pendant ce quart de siècle étaient : Labrecque, et les abbés Sexton et Tanguay.

A l'issue de la messe conventuelle, nous nous rendimes chez notre confrère, le supérieur du Séminaire, que le maire de Lévis, au nom de ses confrères de classe, salua d:ns les termes suivants : .

Monsieur le supérieur,

« Je voudrais pouvoir vous exprimer, au nom € mes confrères, le bonheur que nous éprou-

vons à nous retrouver, après vingt-cinq ans, sous

ce toit si cher de notre Séminaire.

«Que de souvenirs se sont éveillés dans nos cœurs depuis les quelques instants que nous en avons franchi le seuil !

«Tout à l'heure, dans cette pieuse chapelle de la Congrégation, au pied de l'autel de Marie, c'était le souvenir des joies douces et pures de l'âme. C'était le souvenir des chants pieux, des exhortations salutaires, des prières ardentes. Et avec le souvenir, avouons-le, le retour des émotions fraîches et candides que le jeune âge connait et que l'âge mûr ne retrouve que dans l’atmosphère qui les a produites.

«Ici, sous ce toit et dans les salles, c’est le souvenir des ,oyeux ébats, des plaisirs innocents, des amitiés sereines. C’est le souvenir des a:nbitions sans froissements, des luttes sans acrimonie, des victoires et des défaites sans humiliation, des chagrins sans amertume. C'est le souvenir des affections désintéressées et des dévouements sans calcul, de toutes les choses dont le parfum, imprégné dans ces murs,nous redonne un

moment l'illusion d’un bonheur que nous n’avons trouvé qu'ici, et que nous avions presque oublié.

« C’est étonnant comme il y a dans ce retour après vingt-cinq ans, d’attendrissantes émotions. Nous n’avions pas soupçonné, avant de revoir ces lieux, combien sont vivaces les liens qui nous rattachent. -

«Ces salles, ces murs, ces tables, ces colonnes, ont vu passer bien des générations. Mais ne se souviennent-ils pas des finissants de 1868? Il nous semble au contraire, en ce moment, qu’il n’y a de vivant dans le passé que le souvenir de leur Passage. C'est leur histoire qui est écrite de-

OR. À. dl, de ff

vant nos yeux. Les noms que nous y lisons sont ceux des prêtres dévoués qui, il y a vingt-cinq ans, dirigeaient l'enseignement au Séminaire, et qui, aujourd’hui, morts et vivants, forment sa Couronne d’honneur.

« Ce sont encore les noms des confrères, dont le plus grand nombre se retrouvent ici,dont quelques-uns sont tombés là-bas, en gravissant avec aous la montée pénible de la vie; noms chers après la mort comme ils étaient chers dans la vie, car tous ceux qui sont partis n’ont laissé, grâce à Dieu, que des souvenirs consolants.

(Il y a dans le réveil de tous ces souvenirs un fonds de gaieté qui réjouit le Cœur, en même temps qu’une douceur qui provoque les larmes.

«Vous, monsieur le supérieur, vous n’avez jamais laissé ce toit hospitalier du Séminaire. Comme l'enfant privilégié, chargé de faire valoir le Patrimoine de la famille, vous êtes resté au foyer pendant que nous allions chercher fortune au loin. Vos confrères prêtres, quoiqu’en dehors de la vie et des traditions de la maison, sont restés €n rapports suivis et constants avec elle. Tous ces détails d'intérieur que nous avions oubliés leur sont restés familiers. Mais pour nous laiques, le départ a été la Séparation complète et définitive. Le flot qui nous a pris sur le rivage, nous a poussés sur la haute mer, vers des régions plus orageuses, à une distance où se sont presque effacés ces horizons familiers à notre première jeunesse. Et c’est bien la première fois que, après vingt-cinq ans, nous nous retrouvons dans ce vieux Séminaire, auquel nous rattachent tant et de chers souvenirs. Venant de plus loin, nous avons plus souffert de l'éloignement et de l’absence; rien d’étonnant que nous sentions plus

leur affection nous la Partagions, mais leurs craintes. ....... «Quelle place Y a-t-il pour la crainte dans des cœurs de vingt ans, remplis jusqu'aux bords d'illusions et de rêves dorés ? Que voyions-nous, sur ce chemin accidenté de la vie, au-delà de l’avenue fleurie qui en marque l’entrée ? Que Soupçonnions-nous des désenchantements qui se cachent derrière le voile mystérieux de l'inconnu ? Ah! nous n'avons pas été loin dans ce sentier pénible, avant de tout comprendre.

« Rendus-à peine au midi de cette journée laborieuse, nous avons senii le besoin de tourner nos regards en arrière, et de nous demander ce qui reste des illusions dont s'était bercée notre jeunesse à ce début de la vie. Chacun de vous peut répondre qu’il n’en reste rien, pas même l’amertume de les avoir perdues. Car après tout,

l'illusion n’est qu’un mirage brillant mais trom- Peur, qui dure le temps d’un rêve. Le réveil vient vite, et avec lui la déception. Et c'est elle Es brise les énergies du cœur et l’équanimité de âme.

«Ça été notre Première expérience de La vie, que les fruits du Mensonge sont toujours amers.

« Dans ce passé où la réalité a effacé tant de

choses, ce qui reste de plus vivace, monsieur le

supérieur, c’est le souvenir des jours heureux

bas. Elles nous ont valu de traverser sans trop d'encombres, sous la protection visible de la Providence, cette phase de la vie que leur sollicitude redoutait tant pour notre inexpérience. Elles

« Vous voudrez bien M. le supérieur, vous faire, auprès des directeurs de la maison, l’interprète de nos sentiments de vive affection et de profonde reconnaissance.

« Merci de la cordiale hospitalité que vous nous avez offerte au nom du Séminaire; merci de l’accueil bien veillant que vous nous avez fait; merci du bon souvenir que vous nous avez gardé; merci des douces émotions que nous avons retrouvées sous ce toit béni, resté pour nous le toit hospitalier de la famille.

« Ce Séminaire, qui nous était cher à tant de titres, ne l’est-il Pas davantage encore aujourd’hui ? N'est-ce Pas une attention délicate de la Providence, que cette coïncidence de votre élévation au poste de supérieur de cette maison avec l’heureux anniversaire qui nous y ramène après vingt-cinq ans, Pour y rencontrer l'accueil paternel de l’un des nôtres ?

« Cet événement nous réjouit, parce qu’il est le couronnement d’une carrière dont les succès Sont pour tous vos confrères un sujet de légitime orgueil. Vos talents, votre esprit éclairé, vos vertus, votre dévouement à la cause de la science et de l’éduration religieuse, vous désignaient à ce poste de confiance. Vous continuerez la lignée glorieuse des grands éducateurs de

la jeunesse, qui ont illustré ce sanctuaire de la science et en ont fait l'orgueil de notre province.

« Nous prions Dieu qu’il vous conserve longtemps pour acquitter, par vos féconds et laborieux travaux, la dette de reconnaissance que les finissants de 1868 ont contractée envers le Séminaire de Québec.»

En réponse à cette adresse l'abbé Laflamme nous transmit, au nom du Séminaire, le message que voici:

Mes chers confrères et amis,

« Ce n’est pas sans une profonde émotion que j'ai écouté les bonnes paroles que vous venez de m'adresser en ma qualité de supérieur du Séminaire de Québec, vous, les finissants de 1868.

« Vous avez su trouver dans vos cœurs des accents vraiment touchants, pour redire bien haut les souvenirs agréables qui se sont présentés à vos esprits au moment où vous franchissiez, après vingt-cinq ans d'absence, le seuil de cette maison qui fut autrefois la vôtre, et qui l’est encore aujourd'hui, veuillez le croire.

« Vingt-cinq ans: c’est la moitié de la vie. Et, comme l’a si bien dit notre président, pendant ce quart de siècle, vous avez pris chacun votre côté, La Providence vous a dispersés un peu partout, dans toutes les carrières. Vous avez goûté à la vie telle qu’elle est. Vous avez constaté que, si elle a quelquefois des joies, elle a aussi trop souvent de vives amertumes. Qui sait même si vos âmes et vos cœurs n’ont pas été plus ou moins profondément atteints par les déboires qui nous attendent tous, de quelque côté que nous dirigions nos pas |!

« Mais aujourd’hui, vous voilà revenus, vous voilà c nme rajeunis. Vous avez, On pourrait dire, endossé la livrée de vos années d'étudiants, et vous êtes venus frapper à cette ancienne porte qui ne demande qu’à s'ouvrir devant ses amis, jeunes ou vieux. Votre ancien Séminaire, vous € retrouvez, dites-vous, tel qu’il était quand vous l'avez laissé. Ce matin, vous avez renouvelé votre consécration à la Sainte Vierge, devant la même Madone qui reçut jadis vous premiers serments; Vous avez prié au pied du même autel et

chanté les mêmes antiques qu’au temps jadis.

Et surtout, laissez-moi vous le dire, vous avez été reçus avec la même cordialité, la même affection d'autrefois.

« N'est-ce pas là une des Plus douces jouissances que le Ciel puisse nous accorder, à nous qui avons vieilli ? N'est-ce Pas prr nous un bonheur sensible de Pouvoir consiater, qu'au milieu des changements sans nombre qui ont marqué

notre jeunesse, au milieu des déchirements qui ont plus d’une fois fait Saigner nos cœurs, la longtemps et qui nous

ciens, toujours sympathique à ses enfants d’au-

« Oui, mes chers confrères, c'est avec un plaisir tout particulier que le Séminaire vous ouvre aujourd’hui ses portes. Il revoit en vous des anciens élèves, et des anciens élèves tout à fait dignes de lui. :

« Les prêtres du Séminaire n'ont jamais ménagé les sacrifices. Le but vers lequel tendent tous leurs efforts, c’est avant tout la gloire de la religion et de la patrie. Mais, tout en attendant du ee * ” à

L'honneur de former de brillants élèves, c’est

bien là un peu leur ambition et comme la partie humaine de leurs calculs.

€ Aussi, en vous voyant réunis dans cette salle,

£n constatant les positions élevées que tous vous avez su atteindre, je ne Puis, comme supérieur du Séminaire, me défendre d’un sentiment de vive satisfaction. Autrefois, pour la mère des Gracques, ses fils étaient ses bijoux les plus précieux. Aujourd’hui, le Séminaire de Québec Pourrait dire lui aussi, en montrant les finissants de 1868: « Voilà mes joyaux ! »

« Merci, chers confrères, de vos bonnes paroles; merci des vœux que vous faites pour notre bon vieux Séminaire. Groupons-nous de plus en plus autour de lui. Que notre affectin, au moins, l'encourage à continuer, sans jamais faiblir, la grande et difficile tâche de former des Chrétiens et des citoyens. Par une triste nécessité des choses humaines, les prêtres qui le dirigent changent avec les années. Vou'. ne trouverez peut-être pas maintenant Parmi nous les talents brillants de vos Professeurs d'autrefois

ais, permettez-moi de vous en assurer, les Cœurs ne changent pas. Vos professeurs pouvaient être plus Savants, plus habiles que nous ; mais être plus dévoués, plus attachés à leur œuvre, plus jaloux de l'avancement de leurs élèves, nous nous permettons d'en douter.

« Vous avez bien voulu faire allusion à la position qui m'a été confiée dans cette maison, il y a quelques semaines à peine. Veuillez croire que,

s’il y a une chose capable de me faire oublier Pour un instant le lourd fardeau dont la Providence à chargé n::5 épaules, c’est le plaisir que j'éprouve en ce moment de vous recevoir, vous mes confrères e, 1mis, de vous faire moi-même les honneurs de notre 4/ma Mater, et de rehausser par l'importance de la position que j'y occhoe, la sincérité des sentiments que je vous ex-

prime en son nom.

« Dans quelques instants vous allez quitter encore une fois nos vieilles salles. Veuillez, je vous en supplie en rapporter comme un regain des souvenirs d'antan. Ou plutôt, laissez y en partant une petite part de vous-mêmes, afin que nous gardions l'espérance de vous ÿ revoir bientôt, Vous et toute la grande famille des anciens élèves. Soyez bien persuadés que ces réunions fraternelles nous font autant de plaisir qu’à vous. Si elles vous rajeunissent, en vous faisant revivre les années passées, nous, nous y trouvons le gage d’un avenir plus serein dans l'union intime et profonde des âmes et des cœurs. »

Sur la fin du banquet, le juge Cimon proposa, en termes heureux, la santé de notre président, qui fut accueillie avec enthousiasme, et à laquelle M. Belleau répondit avec une émotion visible :

Mon cher juge, Mes bien-aimés confrères,

«'.« plaisir de revoir sous mon toit, après une si ligue absence, les compagnons aimés de ma vie C: collège, aurait suffi à mon bonheur. Vous me comblez, en y ajoutant cette expression spontanée de vos sentiments affectueux, dont M. le juge vient de se faire l'interprète, avec une si grande générosité de cœur.

« Vous parlez avec vérité de mon attachement Pour mes confrères de classe. (C’est que, voyez- Vous, personne plus que moi, n’a été à même de connaître le prix de leur amitié.

«Le meilleur de mes amis, au début de la vie, le confident le plus intime de mes projets d’avenir et de mes rêves de bonheur, celui que vous appelez mon rival, qui fut plutôt mon étoile, ce

fut ce cher confrère Labrecque, si prématurément et si soudaineinent enlevé à notre affection.

«Ce saint prêtre dont nous vénérons tous si justement la mémoire, si attaché à notre classe, qui ne parlait de chacun de nous que dans les termes de la plus vive affection, dont le souvenir enfin est inséparable de tous ceux qui se rattachent à notie passage au Séminaire, Mgr Légaré, fut la Frovidence de ma vie. J'aurais tenu à vous Par ce seul lien, si je n’en avais pas eu d'autre.

«Un confrère de classe est devenu par alliance un membre de ma famille, et est resté mon frère ‘près la mort de celle qui fut la compagne de ses débuts dans la vie.

«Mon médecin est un confrère de classe.

«Mon député au fédéral en est un autre.

«Mon associé pendant dix ans, dans la Carrière professionnelle, et l'ami le plus assilu de "on foyer, est un confrère de classe,

« Je représente dans mon quartier, au Conseil de ville, quatre de mes confrères de classe.

« Celui qui dirige au Collège de Lévis, l’éducation de mes enfants, est un confrère de classe.

«Les membres du clergé que je fréquente le plus assidûment, et qui me témoignent le plus de confiance, sont trois confrères de classe.

«Et, M. le juge,si je ne craignais de blesser votre modestie, j'ajouterais que l’un des magistrats les plus éclairés, les plus instruits et les plus respectés devant lesquels il m'est donné quelquefois d'exercer mon ministère d'avocat, est un confrère de classe.

«Comme vous le voyez, la Providence a voulu que dans tout le cours de ma carrière, je fusse tenu en rapports constants et étroits avec la plupart d’entre vous.

« Aussi, les portes de ma résidence s'ouvrent-. elles d’elles-mêmes devant mes confrères de classe. Le chemin en est familier à plusieurs d’entre vous. Les autres se le rappelleront, je l’espère.

« Madame Belleau connait trop le plaisir que j'éprouve à vous voir Pour ne pas s’y associer.

« Coment aurais-je pu entretenir à votre égard d’autres sentiments ? Et comment aurais-je pu faire autre chose que cultiver entre nous tous ce sentiment de sincère amitié, né d’un commerce intime, à l’âge où les liens du cœur ont le plus de durabilité ? Vous m'aviez choisi pour présider vos congrès. Je me devais à cette tâche toute de confiance. Deux fois vous avez fait de ma maison votre lieu de rendez-vous. Je ne pouvais être insensible à cette préférence, ni méconnaître les obligations qu’elle m'imposait, Tant mieux, si j’ai pu répondre à votre attente, et faire quelque chose pour développer l'esprit de corps qui se manifeste par la régularité et la cordiali. té de nos réunions.

« Mais, chers confrères, permettez-moi de vous dire que ces réunions qui pouvaient répondre à cette phase de la vie pleine d’agitations et de préoccupations que nous venons de traverser, ne suffisent plus. Je sais que vous le sentez coinme moi. À l’âge où nous sommes, dix ans sont une période trop longue dans la vie, et le besoin de nous tenir rapprochés les uns des autres est trop vivement senti ! Il faut multiplier et rapprocher nos conventums. D'autant plus que les vides vont commencer à se faire dans nos rangs, et qu'ils seront d'autant plus perceptibles .que nous nous rencontrerons moins souvent

« Combien en restera-t-il dans 25 ans de ceux

qui sont autour de cette table ? Jusqu'ici nous pouvons dire que la Providence nous a épargnés. Trois cependant manquent à l'appel. Et c’est là la note triste dans une réunion à tous autres égards joyeuse. Ce que vous avez dit, mon cher juge, de ceux qui sont partis a été au cœur de tous. L'un d’eux, ce pauvre Labrecque, n’a connu nos conventums que par la part qu’il a prise au collège à leur organisation. Il manquait déjà au premier rendez-vous. Tanguay était avec nous de cœur, bien que les devoirs d’un ministère lointain l’aient toujours empêché de nous joindre. Et Sexton, ce bon irlandais, si affectueux, et si dévoué, notre secrétaire perpétuel, comment oublier ses bons services et son amitié ? Il n’aurait pas manqué ce vingt-cinquième.

C1 n’y a qu’un moyen de compenser ces pertes, c’est par une union plus étroite, en rapprochant ces Conventums, qui ont conservé à notre classe, après vingt-cinq ans, son caractère et son esprit.

€ Je n'ai pas besoin d'ajouter que ce sera toujours un grand plaisir Pour moi de vous recevoir sous mon toit, où grâce à Dieu, il y a assez de bonheur pour en faire une part à chacun de vous.

« Merci de vos bonnes paroles et de vos souhaïts. En retour je vous prie d’accepter les vœux que nous formons tous ensemble pour le bonheur de vos familles et le succès de vos entreprises.

La série des discours fut clôturée par l’abbé Casault ; puis, avant de se séparer, les confrères présents au conventum choisirent Pour président, l'abbé Gosselin, et pour secrétaire l'abbé Laflamme.

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