Benno Erdmann, Rejlexionen, n° 4 op. cit., p
0. Lose Blàtter aus Kant's Nachlass, éd. Reicke, t. I, Kônigsberg, 188'J, p. 250.
est difficile de vérifier, peut-être même de concevoir avec clarté. Mais Leibniz, qui a critiqué les formules newtoniennes de Clarke, fournit par ailleurs le moyen de ramener la noiion du sensorium Dei à ce qui en a été nécessairement la donnée initiale , c'est-à-dire au sensorium hominis . En tant que monade, l'esprit de l'homme est coextensif à Tunivers de la représentation ; ne sera-t-il pas capable de soutenir avec les images des choses, cette relation d'omniprésence que Newton attribue à Dieu vis-à-vis de la réalité des choses? La Dissertation de 1770 répond avec clarté : « spatium, quod est condicio universalis el necessaria compresentise sensitive cognitse, dici potest Omniprœsentia Phœnomenon K »
L'analogie des expressions marque la parenté des conceptions, qui n'avait d'ailleurs pas échappé aux contemporains de Kant : Schwab écrivait déjà, dans un article relevé par Vaihinger-, que Kant paraissait avoir formé son concept de l'espace en transportant le sensorium newtonien de Dieu à l'esprit humain. Parce qu'entre l'immensité de Dieu et la limitation de la créature dans l'espace le leibnizianisme a inséré la conception de la monade, pars totalis, il est possible de dire que l'espace est, suivant l'expression leibnizienne que Kant reproduit dans la Critique de la Raison pure, relatif au point de vue de l'homme ^. Mais aussi parce que la considération de l'espace est ramenée de l'ordre de l'absolu à Tordre du relatif, du domaine de la réalité au domaine de la représentation, il est possible de concevoir la constitution de l'espace par l'homme sur le modèle qu'offrait la constitution nowtonienne de l'espace par Dieu, D'un même coup se trouvent assurées les conditions nécessaires, sinon suffisantes encore, pour établir Fa /)7'/orz7e des propositions mathématiques et leur application aux phénomènes de l'univers.
Tel est l'effort de pensée qui est recueilli dès 1770 dans les formules qui définissent (parallèlement avec le temps, fondement de la mécanique) l'espace, fondement de la géométrie : « Conceptus spatii... est intuitus purus, cum sit conceptus singularis, sensationibus non conflatus, sed omnis sensationis externat forma fundamentalis... Spatium non est aliquid obiectivi et realis, nec substantia, nec accidens, nec relatio; sed subiectivum