‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 64 sur 505 · I. An · texte numérisé non relu

I. An

LF.S PROBLÈMKS DE LA LOGIQUE FORMELLE 83

lapporl de la pensée à IVHre. Le problème de la modalilé ne consiste plus à marquer ime hiérarchie dans le plan de Texislence; il sera, comme Kaul l'a l'ail voir dans la Critique de la Raison pure \ de distinguer et de confronter l'un avec Tautre le plan de la réalité et le plan de l'idéalité. Or, aux exigences nées de ce problème, la logique aristotélicienne ne saurait, en vertu de sa forme seule, apporter satisfaction complète. Que l'on considère la troisième ligure du syllogisme : le moyen terme y est deux fois sujet, la conclusion exprime une relation entre le prédicat de la mineure, devenu sujet, et le prédicat de la majeure. Mais, dans la transformation du prédicat au sujet il y a une implication d'existence, qui peut ne pas être justifiée par la nature des prémisses. Il y a telle attribution de prédicat au sujet qui ne suppose aucunement l'existence réelle du sujet et par suite du prédicat. La proposition que le dragon est une chimère est littéralement vraie, ou, comme le dit Stuart Mill : « cette proposition : un dragon est un serpent qui souffle des flammes, est incontestablement correcte. » De cette définition, poursuit-il, nous pouvons tirer les prémisses de ce syllogisme-ci :

Un dragon est une chose qui souffle des flammes;

Un dragon est un serpent;

Donc, quelque serpent souffle des flammes'^.

Force sera bien d'admettre, avec Mac Coll, que c< le syllogisme appelé Darapli n'est pas valide sous sa forme habituelle * ». On peut le rendre concluant, mais c'est à la condition d' « adjoindre aux deux prémisses un jugement d'existence '• ».

Si Aristote n'a pas explicité cette condition, nécessaire pour maintenir dans son cadre intégral le système du syllogisme, c'est que les principes de sa logique étaient suspendus aux principes de sa physique et de sa métaphysique. Après lui s'est effacée l'intelligence de la connexion entre le syllogisme et l'ontologie; la logique est devenue une déduction rigoureusement formelle où la seule expression verbale suffisait à justifier les conclusions; on a cru lui donner ainsi la valeur d'une science autonome et positive, tandis qu'on ne faisait qu'obscurcir l'idée véritable de la science,

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