‹ Les etats de BloisChapitre 10 sur 225 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

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écus d’impôts : vous lui vendrez dorénavant le minot de sel un écu de moins, et vous lui donnerez du vin à boire pour quatre sous. — Si le duc l’emporte, vous crierez comme nous , sinon , vous crierez encore comme nous. — Eh bien ! ça n’a pas l’air de vous faire plaisir? - ( A part . Ils sont trop bêtes !

CORNAC , Père de Jésus.

Ne parlez pas si haut, monsieur Crucé; ces petits pages vous regardent; ils vont vous entendre.

Morbleu! je ne peux venir à bout de ces maudits manans.

COMPAN.

Moi, je suis assez content de mes boutiquiers.

LE P. CORNAC

Et mes petits moines , voyez donc quelle bonne contenance!

CRUCÉ

Vos moines, vos boutiquiers, je n’en donne pas deux pistoles : Père Cornac, vous ne connaissez pas les Parisiens, mon ami! Jésus Maria! tous vos Blaisois ne sont qu’hérétiques déguisés et bâtards de Satan! Ah! si je les avais

connus il y a seize ans, au temps de cette chaude canicule du mois d’août, je vous les aurais fait saigner d’importance !

LE P. CORNAC

Mais on ne les a pas trop mal travaillés....

CRUCÉ

Belle bagatelle! c’était une ville à raser, avec ses rues en escalier et ses deux bosses de chameau! Allez, mes amis, ce Lucifer de Valois a bien su ce qu’il faisait en nous amenant ici : il pourra, s’il veut, nous tordre la gorge, nous écorcher, nous faire rôtir, toute cette canaille n’en dira ni un Pdter ni un Ave de plus.

COMPAN.

Heureusement nous n’y resterons pas longtemps!

CRUCÉ

Je l’espère bien, mort-dieu! mais en attendant, il commence à être tard, camarades.

NEUILLY

Le Valois se fait bien tirer l’oreille aujourd’hui.

CRUCÉ

Il n’y a qu’à entrer dans la cour, nous lui donnerons la sérénade.

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