‹ Les etats de BloisChapitre 111 sur 225 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

LE ROI

Mais, mon Dieu! que vous a-t-on fait, monsieur le duc?

GUISE

Ecoutez , Sire : voilà ce qu’on m’écrit d’Orléans....

LE ROI

Ah! c’est donc d’Orléans qu’il s’agit?

GUISE

Oui, Sire, (mit.) « Monsieur d’Entragues, se » disant autorisé par le Roi , a sommé ce matin » les habitans de la ville de lui délivrer les clés » de toutes les portes , et , sur leur refus , ledit » sieur a fait tourner les canons du château » contre la ville. Nous attendons. »

LE ROI

Eh bien ! mon cousin, de quoi vous plaignezvous?

GUISE

De quoi je me plains? vous me le demandez , Sire? Croyez-vous donc que je reconnaisse, à ce mal-appris de gouverneur, le droit de sommer une ville qui est confiée à la garde de mes amis, et que Votre Majesté leur a cédée?

LE ROI

C’est là votr e erreur, je ne vous ai point cédé

ma bonne ville d’Orléans; vous l’avez prise, mon cousin....

GUISE

Sire, voiis l’avez cédée à l’Union; et vous avez cédé non seulement la ville, mais le château....

LE ROI , l’interrompant.

Ni l’un ni l’autre....

GUISE, sans l’écouter.

Ce serait ce monsieur d’Entragues qui devrait être sommé de livrer, à qui de droit, ses canons et son donjon.

LE ROI

Mais, monsieur le duc, veuillez m’écouter; je vous dis....

GUISE, l’interrompant.

Sire, les écrits font foi .... (Il tire cle son pourpoint un rouleau de parchemin. ) — Voici votre traité de juillet;

voici l’article secret qui accorde à la Sainte- Union des catholiques, sept bonnes villes, comme places de sûreté.... Lisez, Sire; 11e voilà-t-il pas là.... « d’Orléans? »

LE ROI

Soit : mais ce n’est qu’une copie que vous avez, mon cousin; et moi j’ai la minute, qui dit tout autrement.

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