SCÈNE VL
peut prendre des délais. Souffrez que, par provision , j’exécute mon traité.
Ah!.... vous êtes un peu.... brusque, mon cousin.
GUISE
Sire , je suis franc; et me préserve le ciel de jamais abandonner ce genre de brusquerie, surtout pour faire usage de subtilités cauteleuses qui seraient indignes de moi! Votre Majesté peut interpréter ses paroles comme bon lui semble, mais nous n’en irons pas moins droit notre chemin, mes amis et moi : nous garderons la ville, puisqu’on nous l’a cédée, et quant à la citadelle, comme on nous l’a promise....
LE ROI , pâle de colère , mais cherchant à se contenir.
Monsieur le duc !....
GUISE , se levant.
Sire, bon gré, mal gré, le traité s’accomplira.
LE ROI
Bon gré.... mal gré?....
GUISE
Oui, Sire.
(Il lui fait un salut, lève la tapisserie brusquement et sort.)
LE ROI , se lève précipitamment, court écouter à la porte , et tenant d’une . main la tapisserie à demi relevée : ) ^
BOIl gre.... nicll gre !.... ( Après un moment de silence , dans cette attitude , il eutr’ouvro doucement la porte , et dit à demi-voix : )
Loignac ! Loignac .
( Entre Loignac. )
Eh bien! vous ne l’avez pas tué?.... Il était seul!
loignac.
Sire, je ne vous demandais qu’un signe.... vous n’avez pas voulu....
LE roi.
If< Loignac, on devine ces choses-là! Bon Dieu! quelle occasion perdue! moi qui comptais si bien que vous alliez.... Vous n’écoutiez donc pas?....
LOIGNAC
Mais non.... Sire!....
LE ROI
Quoi! vous n’avez pas entendu?.... Il m’a menacé, mon ami.... comme on menace un enfant du fouet! Il m’a dit : Bon gré mal gré... et que sais-je encore ? Pensez quelle était ma fureur! je n’étais soutenu que par l’idée que vous étiez là , que vous nous écoutiez, que vous alliez l’étendre mort!.... Ah! Seigneur Dieu! ce serait fait maintenant!