SCÈNE I
GOUD ARD , s’élançant au devant d’eux.
Non pas, non pas, pour Dieu! Vous allez encore nous livrer des batailles, comme le mois passé.... Eh! morbleu! n’avez-vous pas là des cartes, des dés, et ce petit vin mousseux : regardez donc comme il est rose.
CHATEAUJNEUF.
. Ml' ■ - ;r \ ~
Allons, soit, trêve aux manans. — Mais donne-nous tes fleurets, Goudard.
MONTGAILLARD
Oui , des fleurets , il faut s’échauffer.
(L’horloge du château sonne quatve heures. )
CRU CE , au P. Cornac.
Que diable fait donc le Valois ? faut-il tout ce temps-là pour donner une méchante signature ?
COMPAN.
Il ne se ferait pas tant prier s’il s’agissait de nous charger les épaules de quelque taille nouvelle.
NEUILLY
Ou bien de faire banqueroute aux pauvres rentiers catholiques.
COMPAN.
Ou d’envoyer des confitures au d’Épernon.
I IÜ
UN BOURGEOIS , has à son voisin.
Entends-tu comme il parle du Roi, ce monsieur le député ?
LE voisin.
Quand je te dis que c’est permis.
Par saint Sauveur! si ce damné d’hypocrite ne signe pas, plus de séances, mes amis; il faut s’en retourner chacun chez soi : nous tiendrons les États rue de l’Université.
COMPAN.
Silence ! la grande porte s’ouvre ; voilà l’ami Marteau et les quatre hérauts.
LE P. CORNAC
Nous avons notre affaire.
( Entrent Marteau et quelques députés qui étaient avec lui au conseil . )
CRUCE , au peuple.
Paix là! vous autres; écoutez monsieur le président.
MARTEAU , à haute voix. %
Mes amis, le Roi révoque les commissions accordées pour la levée de nouvelles tailles : vous voilà déchargés de deux millions six cent soixante mille écus.