SCENE VUE
d’espignac.
Attendez-vous à un rude assaut : on vous prépare une harangue faite pour émouvoir un cœur de roc. Il paraît que les avertissement vont pleuvant; il 11’y a pas jusqu’à votre vieille nourrice qui dit avoir entendu des soldats se vanter qu’ils vous feraient faire le saut périlleux.
GUISE
La bonne Jeanne est sujette à rêver...
d’espignac.
Rêve 011 non, monseigneur, je commence à croire que nous céderons au nombre , et que nous irons en fils soumis prendre l’air d’Orléans.
LA MARQUISE, à d’Espignac.
À la bonne heure, monsieur de Lyon, vous voilà converti....
d’espignac.
Oui, madame, mais à la béarnaise; car je me sens déjà relaps.
LA MARQUISE
Fi donc !
d’espignac.
Que voulez-vous? je n’ai pas assez de foi de reste, pour que les contes bleus en prennent leur part. — Mais regardez, monseigneur,
voici monsieur de Brissac qui vient le premier^ en maraudeur; voyez-vous quelle sombre figure !
( Brissac «litre parla porte qui conduit chez madame de Nemours; au même moment le prince de Joinville ouvre la porte de la chambre du duc.)
GUISE , se tournant du côté de son fils et le montrant à d’Espignac.
Ma foi, nous aurons le jour et la nuit. Voyez donc par ici quel air joyeux! — D’où vient, mon fils, que vous montrez tant de gaîté?
JOINVILLE
Si vous saviez , mon père ! on me propose la plus belle partie du monde! Demain à sept heures, monsieur le prieur m’attend pour un grand défi de paume !
GUISE, avec impatience.
Je m’en doutais !....
( Tl lui tourne le dos , et va parler avec la marquise. )
BRISSAC, au prince de Joinville.
A sept heures, monseigneur? Pourquoi si matin?
JOINVILLE
Je ne sais.... ce n’est pas l’usage.
BRISSAC
Sont-ce les paumiers qui vous ont avertis ?
JOINVILTJE.
.Non , c’est un laquais du Roi.