‹ Les etats de BloisChapitre 143 sur 225 · SCENE VUE · texte numérisé non relu

SCENE VUE

d’espignac.

Attendez-vous à un rude assaut : on vous prépare une harangue faite pour émouvoir un cœur de roc. Il paraît que les avertissement vont pleuvant; il 11’y a pas jusqu’à votre vieille nourrice qui dit avoir entendu des soldats se vanter qu’ils vous feraient faire le saut périlleux.

GUISE

La bonne Jeanne est sujette à rêver...

d’espignac.

Rêve 011 non, monseigneur, je commence à croire que nous céderons au nombre , et que nous irons en fils soumis prendre l’air d’Orléans.

LA MARQUISE, à d’Espignac.

À la bonne heure, monsieur de Lyon, vous voilà converti....

d’espignac.

Oui, madame, mais à la béarnaise; car je me sens déjà relaps.

LA MARQUISE

Fi donc !

d’espignac.

Que voulez-vous? je n’ai pas assez de foi de reste, pour que les contes bleus en prennent leur part. — Mais regardez, monseigneur,

voici monsieur de Brissac qui vient le premier^ en maraudeur; voyez-vous quelle sombre figure !

( Brissac «litre parla porte qui conduit chez madame de Nemours; au même moment le prince de Joinville ouvre la porte de la chambre du duc.)

GUISE , se tournant du côté de son fils et le montrant à d’Espignac.

Ma foi, nous aurons le jour et la nuit. Voyez donc par ici quel air joyeux! — D’où vient, mon fils, que vous montrez tant de gaîté?

JOINVILLE

Si vous saviez , mon père ! on me propose la plus belle partie du monde! Demain à sept heures, monsieur le prieur m’attend pour un grand défi de paume !

GUISE, avec impatience.

Je m’en doutais !....

( Tl lui tourne le dos , et va parler avec la marquise. )

BRISSAC, au prince de Joinville.

A sept heures, monseigneur? Pourquoi si matin?

JOINVILLE

Je ne sais.... ce n’est pas l’usage.

BRISSAC

Sont-ce les paumiers qui vous ont avertis ?

JOINVILTJE.

.Non , c’est un laquais du Roi.

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