‹ Les etats de BloisChapitre 146 sur 225 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

GUISE

Un billet? ah! je ne voyais pas.... ( n ut.) « Donnez-vous de garde , on est sur le point de » vous jouer un mauvais tour. »

MA.ÜA.ME DE NEMOURS

Seigneur Dieu!

LA MARQUISE

Eh bien! vous le voyez?....

MADAME DE NEMOURS

C’est un avertissement du ciel !....

GUISE

Du ciel? oui, je le crois; car je soupçonne un ange de s’ètre chargé du message.... un ange qui n’est pas loin de moi. Qu’en dites-vous, marquise ?

LA MARQUISE

Voyez si je rougis?

GUISE

Vous pâlissez plutôt.... Quoi, pour si peu de chose!....

MADAME DE NEMOURS

Si peu de chose ! j’en tremble jusqu’au fond du cœur.

GUISE

Mais si vous n’êtes pas du complot, mes-

35o . LES ÉTATS DE BLOIS.

dames, ces messieurs me diront peut-être à qui je dois adresser ma réponse?

( Silence.)

Quoi! personne ici ne connaît ce conseiller mystérieux ? — N’importe il faut répondre.

- ( A un page : ) Une plume!

( Il prend la plume de la main du page , et écrit deux mots au bas du billet.) LA MARQUISE , lisant ce que le duc écrit.

a On n’oserait »!....

MADAME DE NEMOURS

Ah! mon fils!.... Marquise, lisez-vous bien?

GUISE

Très-bien, ma mère. — (u ut = ) « On n’oserait. »

( Il replie le billet et le jette sous la table , en disant : ) Qu’il retourne

maintenant à ceux qui me l’adressent. —

( S’apercevant que chacun se regarde en silence , sans manger : ) Mais quels

convives m’avez-vous donc amenés, madame? Serait-ce ces avertissemens qui vous ôteraient l’appétit, mes amis? à ma place vous y seriez accoutumés ; c’est seulement le neuvième que je reçois aujourd’hui.

MADAME DE NEMOURS

Le neuvième!....

GUISE

Sans compter ceux qui viendront encore : mais vous voyez quel cas j’en fais ; je sais ce

qu’ils veulent dire. Allons, Brissac, prenez votre verre : cousin d’Elbeuf, il faut me faire raison. — < a un page = ) Verse à boire.

BERNARDIN , maître-d’hôtel , entrant par la porte île la chambre.

Un de messieurs les secrétaires du Roi demande à parler à monseigneur.

GUISE

Qu’il entre.

(Le maître-d’liôtel sort. )

MADAME DE NEMOURS

Un secrétaire du Roi ?

BRISSAC

A cette heure?

MADAME DE NEMOURS

Que vient-il faire ?

GUISE

Rassurez -vous, madame, il ne m’apporte pas mon arrêt de mort.

(Entre Révol.)

Voyez, c’est notre ami Révol.

REVOL, après avoir salué Iç duc.

Le Roi m’a commandé de faire savoir à monseigneur que c’est demain qu’il tiendra son conseil , et non point samedi. Sa Majesté a fixé le rendez-vous à six heures précises, son dessein étant de donner le reste de la matinée à ses dévotions.

GUISE , paraissant réfléchir.

Tous les conseillers sont-ils déjà convoqués ?

RÉVOL

Tous, monseigneur, puisque j’ai l’honneur de trouver ici monseigneur le cardinal et monsieur de Lyon.

GUISE

C’est bien , monsieur de Révol , nous nous rendrons aux ordres du Roi.

(Révol salue et sort. — Au bout d’un moment, Guise s’aperçoit qu’il est resté seul à table , et que tous les autres sont debout , gardant le silence ; alors il se lève à son tour et dit : ) •

Eh bien! qu’avez-vous donc? d’où vient ce silence?

MADAME DE NEMOURS

Six heures!....

LA MARQUISE

Avant le jour!....

LE CARDINAL DE GUISE

Et vous irez , Henri ?

GUISE

Oui, mon frère; mais vous, n’irez -vous point ?

LE CARDINAL

Vos dangers seront les miens.

GTJISE.

Quels dangers?

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