SCÈNE IX
LE ROC , ouvrant.
Parbleu, je le crois bien ! arrivez donc , mon ami.
DU HALDE , entrant.
Sire, mademoiselle Dubois, la femme de charge de la Reine, ne voulait pas me laisser passer.
LE roi.
Vous avez donc réveillé tout le château pour venir ici ?
DU HALDE
Mais non , Sire, je n’ai rencontré que mademoiselle Dubois.
LE ROI
C’est bon : marchez plus légèrement, du Halde.... et soufflez votre lampe.... Que vous faites de bruit! Prenez donc garde, ma mère est malade , et vous savez qu’elle couche ici dessous. — Ça, voyons : mes bottines, mes chausses et mon gros pourpoint.
DU HALDE
Sire , les voici.
LE ROI
Bon. Maintenant, du Halde, allez vous asseoir dans ce fauteuil, là-bas, près de la muraille....
DU HALDE
Dans ce fauteuil ? Et pourquoi.... Sire ?
LE ROI
Pourquoi!.... vous le saurez; c’est chose secrête, mon ami : asseyez-vous toujours.
DU HALDE , s’asseyant.
Je ne demande pas mieux, Sire.... mais vous voulez donc ?....
LE ROI
Je veux que vous n’empêchiez pas ma mère de dormir. — Etes-vous content, maintenant?
( Il va s’asseoir sur son lit ; puis après un moment de silence : ) Du Halde ,
ne trouvez-vous pas qu’il fait trop clair dans cette chambre ?
DU HALDE
Sire, je ne vois pas seulement le bout de mon pied.
le roi.
Il ne s’agit pas de cela : je vous demande si nos voisins de Jésus peuvent se douter , en regardant mes fenêtres, que je pense à autre
chose qu a dormir ? ( Il se lève et baisse les tapisseries suspendues aux
fenêtres.) En tout cas, voilà qui est plus prudent : ces tapis sont épais.... Mais n’entends-je pas quelqu’un dans le petit escalier?