SCENE IX
Messieurs, il en est parmi vous dix ou douze qui n’ont point encore appris, de ma bouche, pour quel sujet je les appelle : mais, à voir le secret que j’apporte à tout ceci, ils se doutent déjà que la chose est d’une grave conséquence, et assez périlleuse pour demander l’assistance de tant de braves gens.... C’est surtout à vous que je m’adresse , messieurs mes gentilshommes : il n’y a aucun de vous qui ne me doive un peu de reconnaissance , pour tant de bonnes grâces et de libéralités que j’ai répandues sur vous. Maintenant je veux, à mon tour, vous devoir quelque chose, mes amis; l’occasion est urgente : il y va de mon honneur et de ma vie ! Ne m’entendez-vous pasdéjà?... Vous savez quel est mon plus mortel ennemi; eh bien! apprenez qu’il est à la veille de mettre le comble à sa félonie : voilà pourquoi j’ai besoin de vos fidèles épées : je suis résolu à lui porter le coup qu’il me prépare : point de milieu : il faut que je meure ou qu’il meure , et que ce soit ce matin... Mes amis, me promettez-vous que c’est lui qui mourra ?....
SATNTÈ-MALINÉS.
Je vous le jure, Sire.