SCENE IX
LE CARDINAL DE GUISE, lui prenant la main.
Bon dieu ! quelle sueur froide !
GUISE
Ce n’est rien, j’y suis accoutumé . Si je
mange seulement quelques bagatelles, ce sera
l’affaire d’ Un moment. ( Il tire de sa poche une petite boîte d’or en forme de coquille. ) Eh bien! tout me fait donc
faute aujourd’hui; je ne croyais pas que mon
drageoir fût vide. — ( A Saint - Prix qui souffle le feu. )
Monsieur Saint-Prix, voudriez-vous aller voir à l’office du Roi, s’il y aurait quelques raisins de Damas, ou bien de la conserve de roses.
SAINT-PRIX
Vous allez être servi, monseigneur.
( Tl sort. )
Asseyez-vous, mon frère.
GUISE
Ah, ne vous effrayez pas, c’est peu de chose.
( Il s’assied. )
SAINT-PRIX, rentrant.
Mon Dieu! que je suis fâché, monseigneur, il n’y a ni raisins , ni conserve ; mais voici des prunes de Brignole, voulez-vous en goûter?
GUISE
Oh , c’est tout ce qu’il faut, c’est excellent.
( Il en mange deux ou trois. )
d’aumont.
Eh bien ! monseigneur , le cœur vous revient-il ?
guise.
Oui, monsieur le maréchal , je suis déjà beaucoup mieux. — Mais n’avons-nous pas grand nombre d’affaires ce matin ?
PÉTREMOL.
Oui , monseigneur : dix ordonnances et trois requêtes.
GUISE
Que ne commençons-nous , en attendant Sa Majesté ? Êtes-vous de mon avis , messieurs ?