SCÈNE XV
de Rome et que vous ne vous repentirez point de m’avoir tendu la main. Notre Saint-Père ne lardera pas à être content de vous et de moi. — Voyons , messieurs, puis-je compter sur vous?
GONDY
Sire, d’après les assurances que vous nous donnez , nous n’avons rien à vous refuser.
LE ROI
C’est bien , messieurs , je vous en remercie. — Du Halde, allez dire à monsieur le légat que je le prie de s’en retourner chez lui, et que je ne le recevrai que dans deux jours... après la fête.
(Dn Halde sort. )
— C’est vraiment un peu hardi.... Mais ma foi, j’ai la force, le champ de bataille est à moi!....
(Entre un page.)
LE PAGE
Sire, le piqueur de monsieur le maréchal arrive d’Orléans. Voici ce qu’il apporte à Votre Majesté.
LE ROI , prenant le billet.
Lisons. — Que vois-je !.... « En arrivant ici , » j’ai trouvé les portes fermées et toute la ville » en armes : en ce moment, les bourgeois » viennent d’ouvrir la tranchée et pressent le » château si vivement, que si vous n’envoyez » du secours , ils en seront maîtres dans vingt-
» quatre heures ! » Eh bien ! messieurs , voilà
un beau commencement ! . Aussi ce d’Au-
mont.... Que ne vous ai-je envoyé , Bellegarde , vous seriez arrivé à temps! — Allons, s’ils nous prennent Orléans, nous serons bien.... Gomment ferons-nous la guerre sans places fortes ! Que cela continue, et je ne serai bientôt Roi que de guérets et de bruyères!.... Ah! mon Dieu! encore la guerre !.... c’est affreux.... Cependant j’ai bien fait... 11’est-il pas vrai, mes amis, que j’ai bien fait? Si je les eusse laissé vivre, j’étais perdu....
( Entre Beauvais Nangis. )
Eh bien ! Nangis, arrivez-vous de Vendôme ?
NANGIS
Oui, Sire.
LE ROI
Mauvaises nouvelles ; je le vois dans vos yeux. Encore une révolte.
NANGIS
Hélas! Sire...
LE ROI
J’ai deviné. Les bourgeois assiégent-ils aussi le château ?
NANGIS
Sire, le régiment lorrain est arrivé à l’impro-