SCÈNE XV
m’auraient-ils laissé frapper ce grand coup sans m’avertir , sans m’ouvrir les yeux, sans prendre toutes les précautions, sans ramasser toutes mes forces.... Mais ce Loignac se souciait bien de me perdre ou non! il ne voulait que se venger.... ah! que je le déteste!.... où est-il?
SAItfT-PRIX.
Sire, il vient de s’échapper de la ville en toute hâte.
LE ROI
Il a bien fait.... Je conseille à son ami Duguast de ne pas attendre long-temps pour suivre son exemple, (iiseiève.) Mes amis, dites-moi donc ce qui se passe à Paris!.... je n’en puis plus.... ce Paris ne sort pas de devant mes yeux... quand aurons-nous des nouvelles?.... il faut y aller, c’est le plus court; je partirai dès ce soir. — Mais non, je suis mieux ici que sur les grands chemins... je resterai....
RAMBOUILLET
Envoyez au moins des courriers , Sire.
Des courriers, oui, c’est vrai.... mais avant qu’ils soient revenus!.... autant vaut n’en pas envoyer. — J’étais si heureux hier! et maintenant trahi, abandonné . — Eh bien! mes-
sieurs, mangez donc de ces mets, vous seinblent-ils excommuniés? Si vous ne vous mettez pas à table, jouez au moins à la prime, faites quelque chose, voyons. Pour moi, je vous quitte un instant; je vais voir si je pourrai trouver sur mon lit un moment de repos : j’en ai bien besoin ! Adieu , messieurs.
( Il prend un flambeau et entre dans sa chambre. ) RAMBOUILLET, après un moment de silence.
Nos affaires ont l’air de prendre une mauvaise couleur, messieurs.
MARILLAC
Nous ne sommes pas au bout de nos misères.
PÉTREMOL.
Monsieur de Mayenne nous va mener rudement!
( La porte de la chambre s’entr’ouvre peu à peu. Le Roi rentre.)
LE ROI
Pardon, messieurs; savez-vous où est du Halde?
DIJ HALDE.
Sire, me voici.
Ah! c’est vrai.... allez me ranger mon lit....