‹ Les etats de BloisChapitre 78 sur 225 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CRILLON

Par la corbleu ! c’étaient des enfans : je ne tue pas les enfans, moi !

LE ROI

Quels enfans?

Parbleu , les pages de votre beau cousin. Vous voyez cette tache à mon pourpoint , Sire , eh bien ! c’est de la neige que ces polissons m’ont lancée, en m’appelant garde- fou, sauf votre respect. Harnibieu ! que n’avaient-ils la taille et la moustache de maître Bussy d’Amboise, je ne les aurais pas laissé prendre leur galop comme une nichée de petits lapins.

LE ROI

Crillon, es-tu bien sûr que ce soient ses pages ?

crillon.

Comment, Sire? Venez les voir; ils sont peut-être revenus dans la cour.

LE ROI

Mais les miens, où sont-ils?

CRILLON

Au cachot.

LE ROI , se jetant avec colère dans son fauteuil.

Oh! mon cousin, pour le coup, vous allez trop loin.

Il ne s’arrêtera pas là, si Votre Majesté ne

prend le parti de lui dire une bonne fois, comme cela , voyez - vous , la main sur la dague : Cousin , le charbonnier est maître chez lui.

LE ROI

Assieds-toi , Crillon.

CRILLON

Quand Votre Majesté aura fait au maître ce compliment, les valets deviendront plus dociles.

LE KOI.

Ce qui est inouï , c’est qu’il les laisse aller dans la cour. Si du moins il les eût gardés dans ses appartemens ; mais dans la cour, au vu et

au su de tout le château !

CRILLON

Parbleu, ils ne se cachaient pas! ils étaient là à jouer au cheval-fondu avec les palfreniers de cette marquise qui vient d’arriver....

LE ROI

Quelle marquise ?....

Celle qu’on appelait madame de Sauves; vous savez , Sire.

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