SCÈNE IV
Halde entre portant à la main le manteau du Roi. — Au moment où if entre, le Roi élève la voix et dit , en se frappant fortement la poitrine : )
Meâ culpâ , maximâ , maximâ culpâ !
DU HALDE
Sire , voici votre manteau.
le roi , se levant
Bien; prenez mon Missel. —
'( Entrent dix ou douze gentilshommes , parmi lesquels le maréchal d’Aumont , Ornano, Loignac, Bellegarde, Rambouillet. — Le Roi va au-devant d’eux et donne la main à d’Aumont. )
Salut! messieurs; bonjour, maréchal! — Eh bien ! mes amis , que dit-on de cette communion?
d’aumont.
Rien, Sire; mais Votre Majesté peut compter sur nous.
LE ROI
Comment? aurait-on des desseins de l’autre côté?
d’aumont.
Dieu les en préserve, ou morbleu!....
LE ROI
Oh ! je connais mon cousin , il est trop sage. - —
(A du Halde qui vient de lui placer son manteau sur les épaules : )
Eh! mon Dieu, du Halde, me voilà fourré comme un ours : il fait donc bien froid ?
DU HALDE
Encore plus qu’hier , Sire.
LE ROI
Quel diable de temps! Est-ce que notre France s’aviserait de prendre le climat sauvage de cette maudite Pologne? — Messieurs, vous prierez Dieu pour qu’il dégèle.... Ah! j’oubliais.... et pour que notre hôte soit aussi loyal et fidèle qu’il est heureux en amours. Car vous savez que pendant que cette bonne duchesse fait ses couches à Paris, il vient d’arriver, pour occuper sa place, une belle dame que.... quelques uns de nous connaissent sans doute.... Mais, n’importe, les yeux sont encore assez beaux pour dompter des Hercules, et j’espère que le nôtre va nous laisser en paix pour filer sa quenouille.
( On rit et on chuchote. )
Eh bien! qu’attendons-nous? Tout est-il prêt, du Halde ?
DU HALDE
Oui , Sire ; et même monsieur de Guise est au pied du grand escalier, qui attend Votre Majesté.
LE ROI
Monsieur de Guise , vous l’avez vu ? — Dans la cour! vous êtes sûr?