‹ Les États de Blois, ou, La mort de MM. de GuiseChapitre 104 sur 212 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

GUTSE.

Ma copie est signée « Pinard. «

LE ROI

Mais la minute est signée « Villeroi. k Or, dans cette minute , il n'y a pas d'Orléans, mais Dourlans; je l'ai encore lu hier, toutes les lettres sont parfaitement distinctes , et celui qui a écrit d'Orléans sur votre copie avait la vue trouble , apparemment.

guise.

Sire , je n'ai pas la pratique des chicanes de procureur ; mais je demande à Votre Majesté laquelle de ces deux villes elle a entendu céder. Qu'importe cette minute, si votre conscience dit le contraire ?

Mon cousin , j'ai trop peu de mémoire pour vous répondre sur ce point. Mais c'est Villeroi qui a rédigé le traité; il savait mes intentions, et puisqu'il a écrit Dourlans, je dois croire que c'est Dourlans que j'ai entendu céder.

guise.

Eh bien' moi, j'ai assez de mémoire pour me rappeler ce que je voulais il y a cinq mois , et je dis que c'est Orléans que j'ai entendu; en

vérité, je me serais bien soucié d'obtenir de vous une misérable bicoque!

LE ROI

Croyez-vous donc que j'avais envie de vous livrer la clé de mon royaume?

GUISE

Sire, je m'en tiens à la lettre de mon traité.

, Il remet s€:> parchemin!» don» son pourpoint.)

LE ROI

Mais , si je dis comme vous , mon cousin , comment ferons-nous?

GUISE

Je n'en sais rien, Sire; et pourtant je crains que si le château somme encore une fois la ville , la ville , à son tour , ne somme le château.

LE ROI

Comment, monsieur le duc, vous vous mettrez en guerre avec votre Roi ?

GUISE

Dieu m'en garde! Mais que dois-je faire, si mon Roi oublie ses promesses ?

LE ROI

C'est Dourlans que j'ai promis.

GUISE

Vous ne le dites que sur la foi d'autrui \ vous vous en rapportez à un secrétaire disgracié,

Page 1