‹ Les États de Blois, ou, La mort de MM. de GuiseChapitre 114 sur 212 · SCÈNE Vï. 3oi · texte numérisé non relu

SCÈNE Vï. 3oi

LE ROI

Décidément, Bellegarcle, vous voulez que je le fasse colonel , votre ami Larchant.

BELLEGARDE

Sire, je vous réponds qu'il nous aura les clés.

LE ROI

Tant mieux : qu'il nous serve bien , le brave garçon , quitte à le bien récompenser.

R/3TBOUILLET.

Mais une fois les portes du château fermées , que voulez-vous faire ?

LE Ror.

Nous saisir de tout ce c[ui sera dedans.

RAMBOUILLET

En ce cas, ne faudrait-il pas dresser une petite liste de ceux que nous arrêterons?

LE ROI

La liste sera bientôt faite. D'abord tous nos Guisards, hommes et femmes; notre vieux Bourbon; mon ami, monsieur de Lyon; et puis, au hasard, une vingtaine de ces bavards des États : comment les nommez-vous? Marteau, Grucé, Compan.... enfin à votre choix,

RAMBOUILLET

Et parmi les gentilshommes?

3o2 LES ETATS DE BLOIS.

BELLEGARDE

Un instant , messieurs , je ménagerais la Chambre de la noblesse : on a toujours de la ressource avec les gens d'honneur, quand on ne les pousse pas à bout; il n'y a que cette canaille qui soit intraitable.

ORNA.NO

N'oubliez pas cependant monsieur de Brissac et ses deux compères Mayneville et Bois-Dauphin.

BELLEGARDE

Soit ; mais à condition qu'on n'épargne pas non plus notre voisin le provincial et tous ces gens de Jésus , qui depuis que nous sommes ici remuent ciel et terre contre nous.

Oh ! Bellegarde , point de prêtres , je vous en prie ; songez que vous en arrêtez déjà trois : c'est beaucoup.

BELLEGARDE

Sire, vous savez ces vers :

Il n'y a gens si factieux

Que ces porteurs de patenôtres.

Et, certes, ils disent vrai; car, j'en fais la gageure, qui les surprendrait dans leur couvent

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