SCÈNE VIII
d'espignac.
Attendez-vous à un rude assaut : on vous prépare une harangue faite pour émouvoir un cœur de roc. Il paraît que les averlissemens vont pleuvant; il n'y a pas jusqu'à votre vieille nourrice qui dit avoir entendu des soldais se vanter qu'ils vous feraient faire le saut périlleux.
GUISE
La bonne Jeanne est sujette à rêver...
Rêve on non, monseigneur, je commence à croire que nous céderons au nombre , et que nous irons en fils soumis prendre l'air d'Orléans.
LA MARQUISli; , à d'Espignac.
A la bonne heure , monsieur de Lyon , vous voilà converti....
d'espigjvac.
Oui, madame, mais à la béarnaise; car je me sens déjà relaps.
LA MARQUISE
Fi donc !
d'espignac.
Que voulez-vous? je n'ai pas assez de foi de reste, pour que les contes bleus en prennent leur part. — Mais regardez , monseigneur ,
voici monsieur de Brissac qui vient le premier^ en maraudein ; voyez-vous quelle sombre figure !
^Brissac entre pdila porte qui conduit chez niddaïue de Nemours; au même moment le prince de Joinvillc ouvre la porte de la cliambre du duc. )
GUISE . se tournant du côté de sou fils et le montrant à d'Espignac.
Ma foi , nous aurons le jour et la nuit. Voyez donc par ici quel air joyeux! — D'où vient, mon fils, que vous montrez tant de gaîté?
JOINVILLE
Si VOUS saviez, mon père ! on me propose la plus belle partie du monde! Demain à sept heures, monsieur le prieur m'attend pour un grand défi de paume !
GUISE , •'Vfc impatience.
Je m'en doutais !....
( Il lui tourne le dos , et va pdrler avec la marquise. ) BRISSAC, auprmce de Joinville.
A. sept heures, monseigneur? Pourquoi si matin?
JOINVILLE
Je ne sais.... ce n'est pas l'usage.
BRISSAC
Sont-ce les paumiers qui vous ont avertis ?
JOINVILLE
JNon , c'est un laquais du Roi.