SCÈNE IX
LOIGNAC
Surtout , frappe de haut en bas , vois-tu , comme cela.... si par hasard il était cuirassé.
SAINTE-MALIIVES.
N'aie pas peur, Loignac, je sais une meilleure place.
SERIAC5 gesticulant avec son poignard.
Cap-dé-diou ! si je l'avais là !
LE ROI
Un instant, messieurs, rendez-les-moi : il ne faut pas penser seulement à la cuirasse.... il pourrait avoir quelque enchantement.... Il est
si 10Urt)e . ( Il prend les poignards et en trempe la pointe dans son bénitier. )
— Reprenez-les maintenant; voilà qui vaut mieux que la trempe d'Ecosse.
MONTSÉRY.
Fût-il dur comme Satan , le mien entrera jusqu'au manche.
S AINT-GAUDTN •) montrant du doipt le bout de la lame de son poignard.
Seulement jusque là dans sa gorge , et il ne fera plus le roi.
LE ROI, lui frappant l'épaule.
Bien , mon brave.
SAINTE-MALINES
Mais, quand va-t-il venir?
MOIVTSÉRY.
Par où viendra-t-il ?
L>£ ROI ^ nioatrant la porte qui conduit à la salle du conseil.
Par cette porte... Mais, patieiice! il faut que l'heure du conseil soit arrivée.... (n pi^te roreîne.) J'entends déjà un peu de bruit dans la salle....
DU HALDF.
Sire, ce sont les huissiers qui disposent les tables et les sièges.
LE ROI
Ne parlons pas si haut, mes amis, car ils ont les oreilles aussi fines que nous.
SAINTE-MALINES , à vou basse.
Sire , comment nous placez-vous ?
LE ROI , • Lo.g.ac.
Loignac , cela vous regarde.
LOIGNAC * s'esscyant sur iiD coflrf à boif
Pour moi, voici mon poste. Que ceux qui ont des poignards restent avec moi. Duguast et Saint-Capautel iront se placer avec leurs dagues au poing sur les degrés du petit escalier, pour couper le passage aux \âsites incommodes.
LE ROI
Merveilleuse idée! oui, des sentinelles partout!.... Mais, qui me tiendra compagnie dans
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mon cabinet ? Ce sera vous , Alj>lionse , et vous Bellegarde. Le maréclial et I{anil)()uillet iront ouvrir le conseil. Maintenant, fasse le ciel que notre monde arrive î.... Mais on ne se presse guère, me semble.
( On frappe à la porte du conseil. )
Ahî enfin.... voici quelqu'un.
DU HALDE
Qui va là?
RJtVOL, derrière la porte.
C'est moi, du Halde, ouvrez-moi.
' Il entre. )
Le roi.
Monsieur Révol, que m'apprenez-vous?
RÉ VOL
Sire, voici venir messieurs les membres du conseil.
LE ROI
Bonne nouvelle ' Combien sont-ils , Révol ?
RÉVOL
Il y en a déjà cinq ou six dans la salle.
LE ROI , à d'Aumont et à Ranxbouillet.
Messieurs , allez leur présenter mes excuses , et voyez si tout est bien ep oj^re. (a Jft'i^Toi..) Surtout ne vous laissez pas étoiuxlir quand viendra le moment!
d'aumont. Si vos projets ne vont pas à bien , Sire , la faute n'en sera pas de notre côté.
LE ROI
Allez , mes amis, je compte sur vous.
( D'Aumout et Rambouillet sortent. Le Roi à Révol : )
M'avez-vous dit les noms de ces cinq ou six ? Monsieur.... de Guise n'en est pas, Révol?
RÉVOL
Non, Sire, ni lui, ni son frère.
LE ROI , à demi-vou.
J'en étais sûr. (Haut,) Qui sont-ils donc ces diligens ?
RÉVOL
Monsieur de Goiidy, monsieur de Retz,^ monsieur de Vendôme, et puis, je crois, monsieur de Pétremol et monsieur Marillac.
LE ROI , vivement.
Révol, descendez chez monsieur de Guise; allez voir s'il est éveillé, s'il est à sa toilette. Allez, et rapportez-moi promptement une réponse.
•->^*^^^' ' "(Révol sort.)
— S'il ne venait pas! s'il faisait le malade!.... Ce Révol n'en finira jamais avec ses petites jambes!.,.. Du Halde, entrez là-dedans (montrant b