SCÈNE XII
liez faire au douzième de mai passé.... Chacun son tour. Prenez garde que je n'aie aussi en ma poche quelque édit des finances , et que je ne vous le fasse signer en encre rouge. (Se rcioumant vers sa suite: ) Allous , mcs amîs , rcutrons.
NEUILLY , basàCompan.
Je sens sur mon cou le froid du couteau!....
COMPAN , bas.
Et moi, ma fraise m'étrangle....
MARTEAU, bas.
Ah î le déhonté et sanguinaire baladin !
( Au moment où le Roi va pour rentrer par la grande porte , messieurs Je Brissac , Bois-Daupliin et Saint-Paul, conduits par Larcliant et une douzaine d'arclicrs, lui bouclieut le cliemin . )
LE ROI , s'arrctant.
Encore du butin; à merveille, Larchant!.... Mais quand on est si riche , on doit faire quelr ques largesses. Monsieur de Brissac, monsieur de Bois-Dauphin , vous êtes gentilshommes , on peut se fier en vous ; me promettez-vous, si je vous laisse votre liberté , de n'en point mal user contre moi ?
BlUSSAC.
Sire, nous vous le jurons.
LE ROI
Eh bien»! on va vous donner vos épées* Mon»
44o LES ÉTATS DE BLOIS.
sieur de Brissac, votre chambre est assemblée , allez lui rendre son président, et faites-lui bien mes civilités.
GRILLON < sortant da groupe de gcntilsliommes qui est derrière le Roi.
Sire, vous oubliez le capitaine Saint-Paul.
LE ROI
Ah ! tu me demandes quelque chose , Grillon ? tu n'as donc pas peur que je te refuse à n^on tour?
GRILLON
Sire, il y ya. de mon honneur; j'ai promis au capitaine de me battre avec lui.
LE ROI
Peste ! raison de plus , mon ami , pour que je l'envoie coucher en prison.
GRILLON , à demi-voix.
Je saurai bien l'en faire sortir.
LE ROI , à Saint-Paul.
Capitaine , je vous relâcherai quand il aura moins d'amitié pour vous. — Allons, j'espère que c'en est fait des suppliques; je n'ai pas envie de passer tout le jour devant cette porte,
( Il fait signe à ses gentilshoounes ék le suivre. )