SCENE XIII
Yous ne m'avez pas obéi , et que vous ne m'obéirez point.
LA BASTIDE
Sire , Dieu m'est témoin que nous y sommes allés, Sériac et moi.... mais, quand il a fallu ouvrir cette maudite porte, je vou^jure que le tremblement nous a pris , et que nous n'avons pas osé.
LE ROI
Je vous fais compliment de votre courage !... mais l'excuse est grossière; nous savons que vous n'êtes pas gens à avoir peur.
LA BASTIDE
Il est vrai , Sire , c'est la première fois.... i^is que voulez-vous, un cardinal....
LE ROI
Eh ! mort-dieu ! que vous fait sa robe rouge ? croyez-vous qu'après tous ses crimes Dieu se soucie encore de lui ? Cardinal ? il ne l'est plus ; et, d'ailleurs, puisque je vous permets de nous en défaire , que pouvez-vous demander d'avantage ? ne suis-je pas votre maître? ne suis-je pas votre roi? mon pouvoir ne vient-il pas aussi de Dieu? En vérité, je ne vous reconnais plus, messieurs! moi qui croyais que mes ordinaires étaient pour moi , je ne dis pas des serviteurs
fidèles , mais des amis, de vrais amis!... Allons, je vois qu'il n'y en a qu'un parrài vous qui mérite ce titre d'honneur.... Holà? du Halde? faites venir monsieur de Loignac.
( Du Ilalde bort. )
— Il faut bien l'appeler, puisque vous ne voulez pas prendre sa place. (Utoume le dos aui ordinaire, c^ s'approche de Laguesie et de ses coU^giies. ) llàïl Oieil ! mCS-
sieurs, trouvez-vous la trame de cet infâme complot ?
LAGUESLE
Jusqu'à présent, Sire, nous découvrons peu de chose.
LE ROI
Cherchez, monsieur, fouillez.... Il est impossible que vous ne trouviez rien.... (n garde
uu moment le si'ence ; puis , après avoir jett- un regard sur l'appartement : )
Mais je n'y pensais plus, je suis chez lui.... c'est donc ici qu'il régnait, ce grand sire!.... ah ! si ces voûtes pouvaient parler , nous en apprendrions encore plus que ces papiers ne peuvent en dire.... (AUguesieo Mais enfin, ne trouvez-vous rien, monsieur?
LAGUESLE
Non , Sire , rien encore.
LE ROI • avec impatience.
Allons! je suis un roi bien servi!.... (SaisUsant