SCÈNE XIV
GOSl.
Oui; levez- vous, le Roi vous attend.
LE CARDINAL
Le Roi !.... où est-il ?
GOSI.
Vous le verrez quand vous serez devant lui.
LE CARDINAL
Est-ce moi seul que l'on veut?
GOSI.
Oui, vous seul; mais dépêchez-vous.
LE CARDINAL, à d'Espignac.
Nous ne partirons pas de compagnie, monsieur de Lyon.
d'espignac.
Je suis plus malheureux que vous, monseigneur; car une telle vie est plus dure que la mort.
le cardinal.
Mais puisque vous restez, dites , je vous prie , un mot de prière pour moi; arrivé là-haut, je vous promets de prier pour vous. Adieu.
d'espignac.
Adieu , monseigneur.
( Ils s'embrassent. )
GOSI , à Violet.
Eh bien, grand benêt, la main te tremble?..,
<Au cardinal. ) AllonS , alloUS !....
LE CARDINAL
Me voici.... faites votre commission.
( Il sort ; Gosi ferme la porte bnisquemenl ; et , au bout d'un moment , on entend le cardinal pousser un grand gcmissement et tomber sur le carreau.)
d'eSPIGNAC, seul.
Mon Dieu! mon Dieu! prenez pitié de moi!... Ils l'ont massacré.... et moi.... oh! c'est impossible qu'ils m'épargnent je n'entends plus
rien, pourtant mais ils reviendront quel
frisson ! ils n'auront pas la peine de me tuer.... je me sens mourir....
( La porte s'ouvre; entre LarioUe le guiclietier. D'Espignac se levant :)
Est-ce mon tour?
LARIOLLE.
Non , non ; restez sur votre paillasse.
d'espignac.
Que venez-vous faire ici?
LARIOLLE.
Je viens vous voir un petit moment.
d'espignac
Ne vous moquez pas de moi, et surtout ne me faites pas languir : si vos meurtriers sont là, dites-leur d'entrer.
LARIOLLE.
Mais pourquoi voulez-vous qu'on vous tue ? personne n'y pense. Je me doutais bien que la