‹ Les États de Blois, ou, La mort de MM. de GuiseChapitre 212 sur 212 · SCÈNE IX, pag · texte numérisé non relu

SCÈNE IX, pag

Maintenant, du Halde, allez ce fauteuil, là-bas, près de la

DU HALDE

Dans ce fauteuil!... et pour

Voici comment Miron raconte cette

« Le Roy demande à du Halde les c] w Iules qu'il avoit fait dresser pour des » il monte , le sieur de Termes portani » en ouvre l'une , et y enferme dedans » lequel, nous le racontant, disait n » pareille peine, ne sachant de quelle » poussé. Le Roy descend, et de fois à a M regarder en sa chambre si les quarante » et à mesure qu'il y en trouvoit, les 1 » enfermoit en la même façon qu'il avo » tant qu'à diverses fois et en diverse » ainsi logés. »

NOTES. i

» à cette fin , construire de petites cellules au-dessus c » chambre pour y loger , ce disoit-il , des pères capucii

Ces petites cellules ne furent jamais habitées , si ce le matin de l'assassinat , et non point, comme on voitj des pères capucins.

On comprendra aise'ment pourquoi nous n'avons pas i à la lettre le re'cit de Miron : une telle scène eût paru h coup trop longue et trop minutieuse dans un pareil mon Ce qui se raconte en quelques mots ne s'expose que h ment en dialogue, et ce qui est clair dans un récit de^ souvent confus et incompréhensible lorsqu'on le me scène. Il eût fallu faire voyager continuellement le sp< teur de la chambre du Roi aux cellules, et des cellu la chambre du Roi ', après avoir mis sous clé chacun quarante-cinq, il eût fallu leur ouvrir la porte à cha puis les faire descendre chez le Roi; comment, pendan allées et ces venues , ne pas lasser la patience du lecl comment ne pas laisser languir l'intérêt? Après tout, était le dessein de Henri en enfermant ses serviteurs ? demment il voulait les empêcher de faire du bruit. ^ pourquoi nous supposons qu'il leur ordonne de s'asseoi tour de la chambre, chacun sur un fauteuil. Quoique n grotesque que l'incarcération dans les cellules, ce prc est assez contraire aux usages royaux pour causer un g étonnement à du Halde. Par ce moyen , l'intention di: est remplie, et l'unité de la scène n'est pas rompue. '. avions besoin de ce mot d'explication pour prévenir le; jections de quelque observateur scrupuleux de la vérité

4î^(i WÔTES.

tuci du château de Blois , brave militaire retraite , pleni d'égards pour les étrangers qui font visite a son château , mais nonobstant fort inexact historien. Les personnes qui auront parcouru sous ses auspices cette antique demeure de nos Rois , aujourd'hui caserne sale et enfumée d'un bataillon d'infanterie, troviveront peut-être quelque désaccord entre sa manière d'expliquer l'assassinat de i588, et la nôtre : il faut donc nous justifier. Au dire du concierge, c'est dans la grande salle des Etats, au rez-dechaussée ( Voyez le plan lettre I) , et non dans la salle du conseil (lettre G), vestibule de la chambre du Roi, qofe se trouvait le duc de Guise , quajid on \^t l'appelei" de là jiart du Roi : de sorte qu'il serait censé avoir monté deux étages et parcouru deux ou trois corridors, et autant de grandes salles , avant de s'être trouvé en face'de ses assassins. Comment en ce cas son fi'ère et d'Espignac auraient-ils entendu Ses cris et ses gémissemens .-* Autre eiTeur : selon le concierge , c'est devant la porte du cabinet neuf, à main droite en entrant dans la chambre du Roi , que le duc de Guise a été frappé , tandis que d'après tous les récits dignes de foi, c'est devant la porto opposée, la porte qui conduit à foratoire et au cabinet vieux {Voyez le plan lettres D. F. G.). Quelque confiance que j'eusse en Miron et ses contemporains, la version du concierge m'inquiéta d'abord; je lui demandai s'il l'avait reçue par tradition, si ce n'était pas un souvenir local et accrédité dans le pays. Il me répondit que tout ce qu'il venait de me raconter était dans son livre ; je le priai alors de me montrer son livre, c'était une misérable petite description du Blaisois , composée par un rdaître d'école de la ville , et pleine de bévues et d'inepties historiques. Dès lors , je fus tout-a-iait tranquillisé, et je gardai toute ma confiance en mes premières autorités, Miron , Daviia , et les dépositions de fhistoire des Cardinaux. Je fis tous mes efforts pour cou-

vertir le concierge à la véritable version, et je l'engageai à rectifier dans sa tête, la topographie de son château : aurai-jc réussi? je l'espère : sinon , je ne sens aucun remords de discréditer ici l'érudition du cicérone.

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