SCENE IL j5i
sais plus que ce qu'on veut bien m*apprendre. Dites, je vous prie....
( Elle fait sigTie à madame de Saint-Martin de passer dans la chambre roisine. )
LE ROI
Il veut partir....
CATHERINE
Qui? le duc!.... et comment partir?
LE ROI
Oh ! si vous saviez quelle insolence ! — Si vous l'aviez entendu , ma mère !
UN PAGE» levant la tapisserie et annonçant.
Monseigneur le cardinal de Bourbon.
LE ROI ^ au page.
Petit sot ! vous voyez bien que la Reine est malade.
CATHERINE
Il est trop tard, mon fils; voici le cardinal.
( Entre le cardinal. )
LE ROI • à demi-voix.
Au diable le page !
LE CARDINAL, saluant.
Sire, et vous, madame , pardonnez ma visite... (AU Reine) Jc viciis adrcsscT une petite requête a Votre Majesté.
CATHERINE
A moi, cardinal? asseyez-vous donc.
(Le cardinal s'as$ied à côté de la Reine; le Roi va s'asseoir dans le fond de la <l».iml)if» j sur uu prif-dieu. )
r52 LES ÉTATS DE BLOIS.
LE CARDINAL
Vous avez sans doute appris le malheur qui vient de m'arriver?
CATHERINE
Quel malheur, monsieur le cardinal ?
LE CARDIINAL.
Des misérables, vêtus de ma livrée, se sont avisés de guerroyer contre les gens de mon cousin de Guise !
CATHERINE
Eh bien , c'est là ce qui vous désole ?
Le CARDINAL.
Certainement. Et afin de prouver à mon noble cousin que mon intention n'était pas d'accord avec ces petits extravagans , j'ai préparé quelques fanfares de musique pour égayer son souper : cela doit lui plaire , n'est-ce pas ? — Monsieur d'Elbeuf m'a déjà donné ses violons, et madame de Nemours ses hautbois. Mais vous savez qu'il n'y a pas de musique à la cour sans vos musiciens ; ils sont si parfaits ces Italiens!....— Je venais donc...
CATHERINE , avec impatience.
Vous les aurez, monsieur le cardinal.
LE^ CARDINAL
Oh ! que de grâces !.... et vos chanteurs aussi?