SCÈNE IV. 2iS
GRILLON
Par la corbleu ! c'étaient des enfans : je ne tue pas les enfans, moi !
LE ROI
Quels enfans?
GRILLON
Parbleu , les pages de votre beau cousin. Vous voyez cette tache à mon pourpoint, Sire, eh bien ! c'est de la neige que ces polissons m'ont lancée, en m'appelant garde- fou, sauf votre respect. Harnibieu ! que n avaient-ils la taille et la moustache de maître Bussy d'Am- , boise, je ne les aurais pas laissé prendre leur galop comme une nichée de petits lapins.
LE ROI
Grillon, es-tu bien sûr que ce soient ses pages ?
GRILLON
Comment , Sire ? Venez les voir ; ils sont peut-être revenus dans la cour.
LE ROI
Mais les miens, où sont-ils?
GRILLON
Au cachot.
LE ROI , se jetant avec colère dans son fauteuil.
Oh ! mon x^ousin , pour le coup , vous allez
trop loin.
CRTLLON.
Il ne s'arrêtera pas là, si Votre Majesté ne prend le parti de lui dire une bonne fois, comme cela , voyez - vous , la main sur la dague : Cousin , le charbonnier est maître chez lui.
LE ROI
Assieds-toi , Grillon.
CRILLON
Quand Votre Majesté aura fait au maître ce compliment, les valets deviendront plus dociles.
LF ROT. *
Ce qui est inouï , c'est qu'il les laisse aller dans la cour. Si du moins il les eût gardés dans ses appartemens ; mais dans la cour, au vu et au su de tout le château !
GRILLON
Parbleu, ils ne se cachaient pas! ils étaient là à jouer au cheval-fondu avec les palfreniers de cette marquise qui vient d'arriver....
LE ROI
Quelle marquise ?....
GRILLON
Celle qu'on appelait madame de Sauves; VOUS savez , Sire.