INTRODUCTION
Je me propose d’étudier ici les associations d’idées des mélancoliques; mais comme il y a plusieurs formes de mélancolie, je dois indiquer d’abord celles qui ont fait l’objet de mes observations.
On admet ordinairement quatre variétés dans cet état morbide : la mélancolie avec conscience, la mélancolie dépressive, la mélancolie anxieuse, la mélancolie avec stupeur.
Ai-je besoin de dire que je n’ai pas parlé de la dernière? — Sans doute, sous l’inertie de leur corps, les stupides cachent un délire actif
qu’il serait intéressant de connaître, mais le mutisme absolu dans lequel ils s enferment ne nous permet que des conjectures et j avais besoin de faits précis.
La mélancolie anxieuse m’a paru trop compliquée pour que les associations y puissent être analysées facilement; elles sont en effet modifiées sans cesse par des hallucinations terrifiantes, interrompues par des cris, des gestes exagérés ou des plaintes, et paraissent incohérentes à l’observateur qui n’en peut suivre le détail.
La mélancolie dépressive est plus accessible à l’analyse; nous y trouvons d’une part des phénomènes somatiques très nets, accompagnés d’une tristesse constante, de l’autre des idées délirantes, et nous ne sommes pas gênés parles phénomènes intercurrents que je signalais tout à l’heure.
Quand le malade est conscient, il présente d’ordinaire des symptômes morbides beau-