CHAPITRE UI
I.a composition de la population blani et la distribatiou de ses divers élément
Nous avons vu quels éléments sont venus s"a| au noyau primitif pour former la population e caine. Nous examioerons maintenant quelle en constitution actuelle, la résultante de cette immigr
Au 30 juin 1900, date du dernier census, la con tion globale de la population américaine était I vante :
Total. ic:
Nés aux E.-U de parenU américains . 4i.053.il7
— — étrangers. . 15.687.3-22
Nés â l'étranecr 10.250.049
Total des blancs . .
Gens de couleur
Total général. . . .
Les blancs nés de parents américains forment c peine plus des trois cinquièmes de la population bl totale.
Toutefois, sur les 15.687.322 personnes née États-Unis de parents étrangers, il s'en trouve 5.0t dont l'un seulement des parents était étranger, 1 étant Américain; de plus, 61. 792persoiiQes nées àl'
22 iES ÉTÂTS-ONIS AD XX* SIÈCLB
ger étalent dans le même cas; enfin 8.909 individus "-■--' '-, à l'étranger de père et mère américains, ce
à UD tiers exactement la proportion du sang lans la population américaine actuelle, en
h une génération seulement. Si l'on remonlaut, si l'on considérait non plus seulement ]nt les père et mère sont nés hors des États- 5 cens dont les grands-parents étaient étranrriverait à une proportion bien plus forte.
vient augmenter beaucoup l'effectif de indigène, ce sont les enfants ; les femmes y ment plus nombreuses. L'un des tableaux du une la réparlitioiî de la population, par orius les hommes âgés de plus de vingt et un ans
nombre de21. 329, 319, dontl9.036.143blancs. x-ci, 10,636.898, soit 55,9 p. 100 seulement
aux États-Unis de parents américains ;
ou 18,2 p. 100 sont nés dans le pays de parents
enfin 4.932.524, ou 25,9 p. 100 sont nés à
ible des éléments d'origine étrangère atteint 100 du nombre total ; il convient de remarquer, que, parmi les 3.466.721 bommes majeurs, ms qualifie de « nés aux États-Unis de parents », une bonne part ne doit avoir qu'un de ses nts étrangers ; la proportion serait d'un tiers l'on se reporte îi ce que nous venons d'obser- 'cnsemble des personnes de tout âge et de tout même catégorie. Cela réduirait à un peu plus 00 la proportion du sang étranger parmi les le plus de vingt et un ans. Si l'on remontait à ration plus haut et que l'on prit tous les najeurs descendant de grands-pères étrangers mterait sans doute encore cette proportion,
mais dans une mesure assez faible, car le nouvel élément qu'on ajouterait ainsi se composerait de la descendance des personnes établies aux États-Unis avant I80O. Or, il n'y avait aux États-Unis, en cette année 1850, que. 2.244.000 étrangers sur 19 millions et demi de blancs et, en 1840, il y en avait beaucoup moins d'un million sur 14 millions ; les petits-enfants de ces étrangers ne doivent donc former qu'une faible part des
10 millions et demi d'hommes majeurs nés aux États- Unis de parents américains.
On arrive ainsi à cette conclusion que la plus grande partie du sang qui coule dans les veines du peuple américain d'aujourd'hui doit être celui des hommes qui habitaient les États-Unis en 1830, avant le commencement de la grande immigration européenne.
11 se trouvait à ce moment, sur le territoire de l'Union, 10.537.000 blancs; dix ans plus tard, en 1840, ce nombre était porté à 14.195.000, et il n'y avait eu, en cette décade, que 699.000 immigrants; en tenant compte largement des naissances qui avaient pu se produire parmi ceux-ci aux États-Unis et en supposant que tous y fMssent restés, on doit admettre que les 10.537.000 blancô indigènes de 1830 étaient devenus au moins 13.500.000 en 1840 : c'était un taux d'accroissement de 28 p. 100 en dix ans. Durant la dernière décade, 1890-1900, le taux d'augmentation de la population blanche américaine, défalcation faite de l'apport de l'immigration, n'a plus été que de 15 à 16 p. 100. En prenant un taux intermédiaire de 20 p. 100, ce qui ne semble pas très élevé, on calcule que la descendance de la population blanche de 1830 atteint le chiffre de 40 millions d'âmes; même au taux d'accroissement de 16 p. 100 par décade on atteindrait 34 millions, c'està-dire encore la majorité du chiffre actuel des bUncs.
D'ailleurs, il est bon d'observer que la très grande immigration est relativement récente ; elle a porté en tout de 1830 à 1900, sur un peu moins de 19 millions de personnes, dont tout près de la moitié, presque exactement 9 millions, ont débarqué depuis 1880. En moyenne, ces 19 millions d'individus ne sont arrivés aux États-Unis que depuis trente ans; de plus, un assez grand nombre d'entre eux sont repartis. Il est facile d'en juger en prenant pour exemple la dernière décade : du 30 juin 1890 au 30 juin 1900, il est arrivé aux États-Unis 3.687.564 immigrants ; mais au recensement pris à la dernière de ces dates, il ne s'y trouvait que 2.609.173 étrangers arrivés depuis moins de dix ans. Or, en admettant pour les immigrants une mortalité de 20 p. 1.000 par an, ce qui est supérieur à la moyenne des Etats-Unis et serait, du reste, énorme pour un groupe de gens contenant très peu d'enfants en bas âge et de vieillards, il devrait en résulter, pour un séjour moyen de cinq ans, un déchet de 10 p. 100 dans leur nombre. Sur les 3.687.564 il devrait donc en rester 3.319.000 environ ; il n'en reste que 2.609.173. Il doit donc en être réparti plus de 700.000, soit près d'un cinquième du total, sans compter ceux qui ont pu partir encore après la fin de la décade. Faut-il croire que la proportion de l'émigration ait toujours été aussi élevée ? Nous ne le pensons pas tout à fait ; la dernière période décennale a été coupée en son milieu par une crise très dure et prolongée, qui a pu provoquer beaucoup de retours au pays natal ; de plus, l'immigration italienne, qui a pris tant d'importance depuis dix ans, est souvent temporaire. Cependant, à d'autres époques, lors de la guerre civile par exemple, il a pu y avoir d'assez grands mouvements de reflux de l'Amérique vers l'Europe. En tout cas, et bien que la plus grande
difficulté des communications dût jadis mettre des obstacles au retour en Europe des immigrants, il n'est pas téméraire de penser que l'immigration nette doit rester sensiblement au-dessous de l'immigration brute et que, sur les 19 millions de personnes débarquées aux États-Unis de 1830 à 1900, il n'a pas dû en rester plus de 15 à 16 millions au grand maximum : ce qui réduit la proportion de l'élément étranger dans une mesure appréciable. Enfin, la sensible prépondérance des hommes parmi les immigrants (dont 60 p. 100 appartiennent au sexe masculin) fait qu'un certain nombre ont dû rester sans postérité.
Tout concourt donc à faire penser que les Américains actuels descendent pour une proportion supérieure à la moitié, que l'on serait tenté d'évaluer entre 55 et 60 p. 100, de la population qui vivait déjà sur leur territoire en 1830, autant dire de celle qui s'y trouvait à la fin du XYiii® siècle, car on n'estime pas l'immigration depuis la Déclaration d'Indépendance jusqu'en 1830 à plus de 400.000 personnes en tout. Le vieux groupe américain a conservé la prépondérance numérique ; il n'a pas été submergé par les nouveaux venus, mais a pu, au contraire, leur inculquer dans une large mesure son esprit et ses traditions.
Ce groupe était, en majorité, nous l'avons dit, d'origine britannique. D'autre part, sur les 19 millions d'immigrants venus de 1820 à 1900, l'on n'a pas compté moins de 3.024.000 Anglais, Écossais ou Gallois, et de 3.871.000 Irlandais, soit ensemble plus d'un tiers du total. S'il est des immigrants dont bien peu sont retournés chez eux, ce sont certes les Irlandais; ils ont été, de plus, des premiers à venir en grand nombre et sont donc parmi ceux qui ont le plus de descendants.
Il résulte de ceci que, non seulement le bloc des vieux
26 LES ÉTATS-UîaS AU XX* SIÈCLE
Américains, mais encore un bon tiers des fils d'immigrants sont originaires des lies Britanniques, et qu'en définitive, c'est là que plus des deux tiers, sinon môme les trois quarts, des habitants de l'Union — nous ne parlons que des blancs — doivent chercher leur origine.
Ainsi les États-Unis seraient anglo-saxons en grande majorité, si les Iles Britanniques elles-mêmes étaient toutes anglo-saxonnes ; mais la porportion des Irlandais est beaucoup plus forte en Amérique que dans le Royaume-Uni de nos jours. Parmi les nombreuses causes qui ont rendu le caractère américain très différent de l'anglais, cette importance de l'élément celtique est à retenir: elle lui a donné plus de mobilité et de vivacité, elle a pu être contrebalancée en partie par l'influence germanique, agissant dans le sens de la solidité, de la lourdeur même, et de l'accroissement de l'esprit scientifique. Les modifications dues au milieu naturel, à la violence et h la sécheresse du climat, à l'immensité des espaces, au contact avec la nature vierge ont été, peutêtre, plus profondes encore. Il ne faut pas, cependant, qu'elles fassent oublier les influences de race, toujours si puissantes, et dont les conséquences se font largement sentir aux Etats-Unis, aussi bien sur le tempérament national que sur la politique extérieure du pays.
On pourra juger par le tableau ci-dessous, de la part qu'ont prise les diverses nationalités européennes dans la formation du peuple américain. Nous y indiquons, d'après le dernier census, le nombre des personnes dont les deux parents, ou l'un des parents seulement sont nés dans les divers pays étrangers, que ces personnes elles- mômes soient nées ou non aux États-Unis * :
1. Presque lous les individus ayant un parent indigène et Tautre étranger sont nés aux Etats-Unis; il n'y en a que 61.792 qui fassent exception et soient nés à, l'étranger, dont 30.935 au Canada.
Ayant Ayant leurs deux un parent étranger parents étrangers, et l'autre américain.
Total.
Allemagne . .
Irlande . . . .
Grande-Bretagn
Pays Scandinav
es. 1.949.280
Canada anglais
Canada français
France . . . .
Suisse . . .
Italie
Autriche . .
Bohême.. .
Hongrie. . .
Pologne . . .
Russie. . . .
Autres pays .
D'origine mixte
. . 1.338.207 . . tiO. 839.260
Totaux.
Nés
Nés
Pour 100 do Tenscmblo
à l'étranger.
, aux ÉUts-Unis.
des personnes
d'origine étrangère.
Allemagne. . .
Irlande
Grande-Bretagn
Pays Scandinav
es. . 1.070.028
Canada anglais.
— françaii
France . . . .
Suisse
Italie
Autriche. . . .
Bohême. . . .
Hongrie . . . .
Pologne. . . .
Russie. . . .
Autres pays .
D'origine mixte
Totau3
Le second tableau de la page 27 fait la répartition entre gens nés à l'étranger et gens nés aux États-Unis d un ou de deux parents étrangers.
Ce qui ressort à première vue de ce tableau, c'est la très grande prépondérance des éléments germaniques. Enjoignant aux Allemands proprement dits, les Scandinaves, la plus grande partie des Suisses et des Autrichiens, qui appartiennent à leur race, les cent et quelques mille Hollandais compris sous la rubrique « pays divers », on arrive à près de 11 millions, plus de 40 p. 100 de l'ensemble. Les Anglais et Canadiens anglais sont 4.300.000, les Irlandais tout près de 5 millions; les gens d'origine mixte appartiennent naturellement, pour la plus grande partie, à des combinaisons de ces éléments si nombreux. Au total, près de 21 millions d'Américains d'origine étrangère viennent des lies Britanniques ou des pays germaniques.
L'élément le plus nombreux ensuite était, jusqu'à ces derniers temps, l'élément français qui, grâce à l'immigration canadienne et avec l'appoint des Belges et des Suisses français dépasse 1.300.000 personnes, soit 5 p. 100. Si l'on tient compte, d'autre part, des créoles de la Louisiane, on voit que notre race joue encore un rôle assez appréciable aux États-Unis. Les Slaves (Polonais, Russes, Tchèques, une partie des Autrichiens et un petit appoint venu des Balkans), devaient être, dès 1900, un peu plus nombreux que nos compatriotes, bien qu'une très forte proportion des gens venus de Russie, peut-être la moitié, ne soit pas de race slave, mais se compose de Finlandais et de Juifs. Quant aux Italiens, ils n'ont commencé d'immigrer que depuis peu de temps encore, aussi leur nombre est-il faible ; mais il augmente extrêmement vite.
La tendance à la fusion des diverses nationalités est
assez marquée, puisque 5.027.000 individus nés aux États-Unis ont un de leurs parents étranger et l'autre indigène, tandis que 1.059.000 ont deux parents étrangers, mais de nationalité différente et 9.600.000 deux parents étrangers de même nationalité. Les mariages mixtes sont donc fort nombreux ; il est vrai, comme le remarque le rapport sur le census, que, dans beaucoup de cas, le conjoint indigène qu'épouse un étranger doit être originaire du même pays que lui ; du reste, c'est pour les nationalités qui fournissent depuis longtemps déjà un fort contingent d'immigrants, lesquels trouvent ainsi dans le pays bon nombre de personnes de leur race, que ces mariages sont les plus nombreux. Ceux qui en contractent le plus sont les Canadiens anglais : sur 100 individus de cette origine, nés ou non aux États- Unis, 48 p. 100 ont un parent canadien et l'autre indigène ; viennent ensuite les Anglais (36.4), les Français (35.5), les Écossais (32.4), les Gallois (29,7), les Suisses (26.3). Les Allemands (20.3), les Irlandais (19.6) sont à peu près dans la moyenne, qui est précisément de 19.6 p. 100. A l'autre extrémité de l'échelle sont les iinmigrants les plus récents : les Russes (2.2), les Polonais et les Hongrois (2.8), les Italiens (3.5). Les Scandinaves ont aussi peu de propension à se mêler aux Américains natifs. Parmi les gens d'origine suédoise, 7.9 p. 100 seulement proviennent de mariages mixtes, parmi les Norvégiens 13.1 p. 100, les Danois 13.5 p. 100.
La fusion se trouve ralentie par la distribution géographique des diverses races, qui n'ont pas colonisé à un égal degré les mêmes territoires. Certaines régions des États-Unis n'ont même reçu, au cours du siècle dernier, qu'un très petit nombre d'immigrants, en sorte que la population s'y trouve presque entièrement composée de vieux Américains, tandis qu'en
i d'origine étrangère sont en majorité.
)ici l'atteste. Nous rappelons que nous gens d'origine étrangère » toutes les e pÈre ou la mère, ou l'un et l'autre. s États-Unis, qu'elles-mêmes y soient.
H-627.no 1.061.503 1.852.607
gers ne sont qu'en faible proportion le climat et la présence des noirs; qui isqu'en 186S, les écarte. Si Ton consilulement les grandes divisions, mais iers, on voit que les différences sont des puisque la proportion des blancs ire varie de 1 p. 100 en Caroline du lO dans le Dakota du Nord, ids groupes d'États contigus les gens ;re sont en majorité : l'un de ces ;t, près des ports de débarquement et région industrielle : il comprend le p. 100 de personnes d'origine étraniey(S4.4 p. 100), le Connecticut (58.2), (65.i), le Massachusetts (62.7). Le 5tend des Grands-Lacs aux Montagnes
Rocheuses, le long de la frontière canadienne : les sept États qui le composent sont Tlllinois (52 p. 100), le Michigan (57.1), le Wisconsin (71.5), le Minnesota (75.5), le DakoU du Sud (64.2), le Dakota du Nord (78.9), le Montana (58.9); enfin un troisième groupe comprend quatre États des Montagnes Rocheuses et du Pacifique : la Californie (54 p. 100) d'étrangers), TArizona (51.7), le Nevada (57.3), l'Utah (61.8). On peut remarquer que par un renversement assez curieux, sur le versant du Pacifique les États qui ont le plus d'étrangers sont au Sud au lieu d'être au Nord comme dans l'Est et le Centre ; la majorité des étrangers de l'Arizona et quelques-uns de ceux de la Californie sont des Mexicains ; en outre ces Etats de l'extrême Sud- Ouest sont plus riches en mines que ceux de l'extrême Nord-Ouest (Washington, Oregon et même Idaho), c'est sans doute pourquoi ils ont plus attiré les immigrants du dehors.
A l'opposé des États que nous venons de citer, se trouve, dans le Sud, un bloc compact, composé de la Virginie, des deux Carolines, de la Géorgie, de l'Alabama, du Mississipi, du Tennessee, de l'Arkansas, et même du Territoire Indien, où les gens d'origine étrangère forment moins de 5 p. 100 de l'ensemble des blancs. Cependant les trois États de l'extrême Midi : la Floride, la Louisiane et le Texas ont respectivement 14.5 p. 100, 21 p. 100 et 19.2 p. 100 de blancs étrangers : le premier et le dernier sont de colonisation récente, le second attire les immigrants par son grand port de la Nouvelle Orléans.
Quelle est maintenant la répartition des diverses nationalités? Les Allemands occupent en grandes masses les États riverains des Grands-Lacs, du moyen Mississipi et du Missouri inférieur : Ohio, Indiana, Illinois,
LES ÉTATS-UNIS AU XJt° SIÈCLE
coDsin, lowa, Missouri, Nebraska, Kansas. États, leur proportion à l'ensemble des
: l'étrangci- varie de 32 h 56 p. lOO, soit lyennc. Dansle Wisconsia ils sont 710.000 habitants blancs, formant plus d'un tiers ion. Dans l'ensemble des dix États que i nommer ilsEontau nombre de 4.460.000.
l, en outre, 1.217.000 dans le New-York. e New-Jersey, 643.000 en Pennsylvanie, qui prolongent la zone précédente à l'Est, ontre, très peu nombreux dans la région e du Massachusetts et de la Nouvelle- Is s'aventurent relativement peu dans il où ils ne sont que 326.000 sur 1.8S1 .000 LIS ils constituent presque la moitié des s qu'on rencontre dans le Sud.
est de la région des Allemands se trouve e des Scandinaves, qui est essentiellement lesota, où ils sontSlO.OOO, plus de30 p.100 9n totale, du Dakota du Nord, où ils sont i.OOO Norvégiens sur 311. 000 habitants, et Sud où il y en a 78,000 sur 380. 000 âmes. î238.000 dans le Wisconsin, 287.000 dans .000 dans l'Iowa. Dans ces six États se eux tiers des Scandinaves de l'Union ;■ ce es immigrants, ceux qui restent le moins 3s grandes villes et qu'apprécient le plus t. Us forment aussi un ëlément important ngton, à l'extrême Nord-Ouest, est la distribution des Irlandais. Leurs i sont rÉtat de New-York, où il s'en trouve iomérés surtout dans la ville, et la région e de la Nouvelle-Angleterre; dans les achusetts, Rhode-Island et Gonnecticut,
or THi ^ ^
LA COMPOSITION DE LA POPULATION liraWeifB
on en compte 940.000, bien près du quart de la population de ces trois États. La division de TAtlantique-Nord en contient 3.114.000, plus de 60 p. 100 de leur nombre total. Ils abondent partout où il y a de grandes villes, dans nilinois (372.000), l'Obio (203.000), la Californie (152.000), mais colonisent peu les campagnes.
Les Anglais et Écossais sont assez éparpillés ; parlant la langue du pays, ils éprouvent sans doute moins le besoin de se concentrer; leur proportion est la plus forte aux deux extrémités : en Nouvelle-Angleterre, pays industriel; et dans l'Extrême-Ouest où les poussent leurs goûts, plus aventureux que ceux des continentaux, et où ils s'emploient aussi aux mines. Les Canadiens anglais se trouvent, de même, un peu partout, surtout le long de la frontière.
Les Canadiens français sont concentrés en masse dans le Nord de la Nouvelle-Angleterre : 470.000 sur 810.000 vivent dans le Maine, le New-Hampshire (où ils forment près du cinquième de la population), le Vermont, le Massachusetts, le Rhode-ïsland, travaillant surtout dans les manufactures, rachetant aussi, souvent, les terres des fermiers qui émigrent vers l'Ouest. Il y en a encore 36.000 dans le Connecticut, 69.000 dans le New-York, 75.000 dans le Michigan.
Les représentants des autres nationalités sont ou très peu nombreux ou très récemment immigrés pour la plupart, en sorte qu'il est peut-être un peu prématuré de vouloir tirer des conséquences définitives de leur répartition actuelle. Un des griefs des Américains contre les immigrants de l'Est et du Midi de l'Europe, c'est qu'ils s'agglomèrent presque tous dans les villes. Ceci pourrait, dans une certaine mesure, se modifier avec le temps ; mais il faut reconnaître qu'à l'heure actuelle, ce grief paraît assez fondé. L'examen de la répartition
ulation née h l'étranger aux recensements de 1880, 1890 et 1900, fait ressortir, de la plus nette, que la destination des immigrants en même temps que leur origine. La distri- :es étrangers dans le paya indique naturelieîgions où se portent de préférence les immi-
i80, sur 6.679.000 étrangers ' qui se trouvaient îtats-Unis, 2.814.000 habitaient la région de •■e-Nord, c'est-à-dire la région industrielle et li comprend les Etats bordant la mer, de la nie au Canada; 2.916.829 la région du Cenïrcvrant tout le bassin septentrional du Miss Atlegbanys aus Rocheuses, et avant tout ien que l'industrie commence à prendre un reloppement dans sa partie occidentale ; trangers se trouvaient dans la région de >ntagnes Rocheuses et cftte du Pacifique), agricole.
: vastes zones du Genlre-Nord et de l'Ouest iies zones de colonisation ; c'est évidemment Eint vers elles, plutôt qu'en s'entassant dans 3 villes de l'Atlantique-Nord, que les immivent le mieus. aider à la mise en valeur des du pays. Il y aurait beaucoup h. faire aussi ;ion de Y AUanlique-Sud et surtout celle du ( (bassin inférieur du Mississipi et Texas), sence des noirs, nous l'avons dit, en écarte un ropéens; en 1880, il n'y avait que 174.000 lans la première et 274.000 dans la seconde, année la répartition des étrangers était.
somme toute, satisfaisante : le Centre-Nord en contenait le plus grand nombre, l'Atlantique-Nord venait ensuite, ce qui était naturel, car il faut bien que certains immigrants s'adonnent aux professions urbaines, et que d'autres restent à leurs ports de débarquement, en attendant de trouver à s'occuper ailleurs. En 1890, la situation reste assez semblable : sur 9.249.000 étrangers, en en trouve 3.888.000 dans l'Atlantique-Nord, 4.060.000 dans le Centre-Nord, 770.000 dans l'Ouest ; autrement dit, 42 p. 100 de l'augmentation du nombre des étrangers se sont portés sur la première région, 44,5 p. 100 sur la deuxième, 10 p. 100 sur la troisième. Mais, en 1900, tout est bien changé : sur 10. 460.085 étrangers, la région de l'Atlantique-Nord en compte 4.672.000, ayant absorbé à elle seule, 80 p. 100 de l'accroissement total ; le Centre-Nord avec 4.158.000 n'a que 9 p. 100 de cet accroissement, l'Ouest avec 846.000 en a moins de 7 p. 100. La conclusion qui s'impose, c'est que la grande masse des immigrants, au lieu de s'avancer dans l'intérieur, est restée au voisinage de la côte, où elle s'est amoncelée dans les grandes villes.
De 1890 à 1900, la proportion des étrangers à la population totale a fléchi dans l'Union de 14.8 à 13.7 p. 100; elle n'a augmenté que dans huit États ou Territoires : rOklahoma et le Territoire Indien, au Sud-Ouest, où elle reste d'ailleurs très faible (moins de 4 p. 100), et six États de l'Atlantique-Nord sur neuf qui composent cette région : le Maine, le New-Hampshire, le Massachusetts, le Rhode-ïsland, le New-Jersey; dans le New- York qui y est aussi compris, elle est sensiblement stationnaire. Sur six États qui ont plus d'un quart de leur population né à l'étranger, deux, le Dakota du Nord qui vient en tête (35 p. 100) et le Minnesota (28.5 p. 100) sont dans le Centre-Nord, mais les quatre autres sont
LES BTATS-tSIS At XX* SlÊCLfi
^ique-Nord : le Rhode-Island (31 .4 p. 100), sets 33,2 p. 100, le Connecticut et le Newenne terre des Puritains, la Nouvelle-Anglejourd'hui ce qu'il y a de moins américain î. Elle est devenue un capharnaûm où se les étrangers et qui, par un curieux retour ie remplit surtout de « papistes », d'Irlaninadieus français.
pas au seul chaugement d'origine des qu'il faut attribuer leur entassement lies et surtout dans celles du Nord-Est. ;nt y est bien pour quelque chose; les noues d'immigrants n'ont pas le self-help dévenciens, ils sont beaucoup plus grégaires, îffort isolé dans les solitudes de l'Ouest, i contraire le Scandinave, fait au climat sais et maint Allemand. Mais ce qui conà entraîner les nouveaux venus dans les le développement industriel, et aux Étatsurope : il y a plus d'immigrants venant des qu'il y a plus de grandes villes qtfautrepe, et qu'il y a aussi plus de villes pour les js occuper ans États-Unis, causes réunies font qu'une très forte proétraogera vit dans les villes, surtout dans ndes et moyennes. Sur les 10. 460.083 étranimbrement de 1900, il s'en trouve 5,147. 7 16 la moitié (esactement 49,2 p. 100) dans les plus de 23.000 âmes que comptent les Étatsnt la population totale, 19,757.168 habi-
ters qui ont le plus do tendance à se concentrai: i sont les Russes qui sont 124.000 en t«ut (dont :s villes de plus de 25,000 imes. soit 7*,9 p. 100) ; le les Polonais (383.000 donl 02 p. 100 dans les dites
tants ne forme qu'un peu plus du quart (exactement 25.9 p. 100) de la population américaine.
Dans l'ensemble de ces villes de plus de 25.000 âmes les étrangers représentent ainsi 26.1 p. 100 de la population (5.147.716 sur 19.757.618); mais la proportion est encore bien plus forte dans certaines villes ouvrières de la Nouvelle-Angleterre, et surtout du Massachusetts. A Fall River, grand centre de la fabrication des cotonnades, sur 104.863 habitants, 47.7 p. 100 soit 50.042 sont des étrangers dont 20.172 des Canadiens français, 12.268 des Anglais et 7.317 des Irlandais. A Lowell, autre grand centre de cette même industrie, la situation est analogue : il y a 40.974 étrangers, sur 94.969 habitants. Dans des rues entières de ces villes, j'ai vu moimôme presque toutes les enseignes en français et je n'ai guère entendu que notre langue dans certaines usines. C'est du reste fâcheux, car elle finit par s'y perdre.
La population rurale et celle des petites villes demeurent, au contraire, en immense majorité américaines. Sur les 56.545.769 personnes qui vivent en dehors des villes de plus de 25.000 habitants, 5.312.369, soit 9.4 p. 100, sont des étrangers; les neuf dixièmes, au contraire, sont des Américains de naissance.
Ce sont en réalité les Américains eux-mêmes qui ont colonisé leur propre territoire. Le Census contient d'intéressants tableaux qui donnent, pour chaque État, le nombre d'habitants nés dans l'Etat même, de ceux qui sont nés en d'autres États de l'Union et de ceux qui
villes, les Irlandais (1.618.000 et 62 p. 100 également), les Italiens (484.000 et 62 p. 100 aussi), les Autrichiens-Hongrois (579.000 et 54 p. 100), les Allemands (2 millions 666.000 et 50,2 p. 100). A l'autre extrémité de l'échelle les Scandinaves (1.064.000 et 31 p. 100), les Canadiens français (395.000 et 37 p. 100), les Suisses (115.000 et 35 p. 100).
ÏS ÉTATS-nNIS An XX' SIECLE
inger. Or, on constate que, dans presque le nombre des personnes de la deuxième ipérieur h celles de la troisième. Il n'en jue dans quatorze Etats. Mais parmi ces :nt huit des neuf États de l'Atlantique s'agit pas de colonisation, mais de cons les villes industrielles. Puis dans l'Illi- ;an, le Wisconsin, le Minnesota ce sont ides cités de Chicago, Détroit, Milwaukee, Hnneapolis qui ont attiré les étrangers, lis derniers de ces États exercent aussi, >ta du Nord qui, lui, n'a pas de grandes te attraction sur les Scandinaves et les îitués aux froids intenses. Quant h l'Utah, i les colons venus d'outre-mer soient en !ux venus des États-Unis mêmes, ce sont es de tous les pays qui s'y donnent tur grossir le nombre des Mormons.
eurs, les Américains de naissance ont ;>aux colons. Plus on s'avance vers le rlout vers le Sud, plus leur prépondéide; dans l'Oregon et le Washington, il et demie à trois fois plus d'Américains i États que d'étrangers, dans le Hebraska lemie, dans le Kansas six fois, dans le >, dans l'Oklahoma vingt fois plus. Il faut iccoutumance des conditions d'un pays 1, presque une certaine hérédité, il faut y 3 lancer dans les solitudes de l'Ouest. On d'après les tables du Census que le mou- □nisatiOQ a lieu par des sortes de vagues !S gens des États riverains de l'Atlantique entre les Allegbanys elle Mississipi,oîi ils ace que laissent libre ceux de cette région
qui émigrent au delà du grand fleuve. Enfin, les colons des Etats du Pacifique viennent, en très grande partie, d'Etats situés entre le Mississipi et les Montagnes-Rocheuses. Ce mouvement est curieux. Il est favorable à la colonisation, qui se fait ainsi par des gens mieux préparés, moins dépaysés. Il semble montrer que la plupart des hommes, même des Américains, s'accommodent mal des changements trop brusques de milieu ; ils hésitent, au sortir des contrées à population dense, à se jeter au milieu de la nature tout à fait vierge, et, d'autre part, quand une fois ils ont pris contact avec elle, ils se prennent h l'aimer, et la suivent à mesure qu'elle recule devant la civilisation.