S AGRICOLE
APRÈS LKUB COHTBNANCB
Vàlt
Surf
Nombre.
lUO.' foUlB.
Amélioréo.
iplo.
'hMtirul.
ui précèdent, il résulte d'abord que le bre des exploitations se trouvent comcontenances moyennes, de 8 à 70 hecles exploitations {on ne peut appeler
grande exploitation en ce pays de culture extensive que celles dont la contenance dépasse une centaine d'hectares) ne forment que 9,2 p. 100 de l'ensemble; elles occupent, il est vrai, près de la moitié de la surface totale : 159 millions d'hectares sur 336 millions ; mais elles contiennent moins du tiers de la surface améliorée (improved land) : 50 millions sur 166 millions d'hectares. La proportion de cette surface améliorée à la surface totale des exploitations est caractéristique : des neuf dixièmes pour les exploitations au-dessous de 8 hectares, elle tombe aux quatre .cinquièmes pour celles de 8 à 20 hectares, à un peu plus des deux tiers pour celles de 20 à 40, aux trois cinquièmes pour celles de 40 à 104 : elle est encore supérieure à la moitié pour celles de 104 à 200 ; pour celles de plus de 400 hectares, les terres améliorées ne forment plus, enfin, que le huitième à peine de la surface totale. Il ressort bien de là que les grandes et surtout les très grandes exploitations sont celles qui sont situées aux confins de la colonisation, en grande partie dans la zone aride, et sont consacrées au pâturage. Quant à la valeur des farms, on voit qu'elle est loin de croître proportionnellement à la surface. Chose curieuse, les exploitations d'une contenance inférieure à 120 ares ont une valeur moyenne supérieure h celles de 120 ares à 20 hectares : c'est que les premières sont, pour la plupart, des jardins maraîchers ou des vergers situés aux environs des villes. Il faut aller jusqu'aux exploitations de plus de 100 hectares pour trouver une valeur moyenne supérieure à 8.000 dollars ou 40.000 francs tout compris, fonds, cheptel, bâtiments et outillage. Ceci met nettement en évidence que la terre, aux États-Unis se trouve, généralement, entre les mains, non d'opulents capitalistes, mais d'une nombreuse démocratie rurale.
L'examen du classement des exploitations par con- !es diverses régions des États-Unis conêmes conclusions que nous a déjà permis examen des contenances moyennes dans js régions : à savoir que l'étendue des est d'autant plus grande, en règle génénarche de l'Est à l'Ouest, Si l'on compare les recensements successifs, ou voit que loitations, au-dessous de 8 hectares, foraujourd'hui une proportion plus grande f a vingt ans ; celles de 8 à SîO hectares lôme cas, sauf dans la région de l'Atlan- ■ d'où les petits cultivateurs, hormis les jardiniers,émigreQt, — et dans la région i, où l'extension de la colonisation dans la le, insuffisamment arrosée, accroît le uuds domaines. Les exploitations de 20 à sont au contraire proportionuellement euses que jadis, dans le Sud surtout; es de 200 & 400 hectares augmentent dans . Enfin les très grandes exploitations, de retapes, sont en augmentation marquée e Centre-Nord et l'A t! an tique-Nord pour nous venons d'indiquer, et en diminuleux régions méridionales, par suite de issaote des plantations cotounières.
iur le XIP Census résume ainsi la répariropriété dans les diverses parties de is de la moitié des comtés ', dit-il, où la
sont les ilivisions secoadaires des Élats, aiosi >gie avec les comlés anglais. Ils sont aa ûombra pour les Etats-Unis, soit une soixantaine on it ou territoire ; le Rhode-Isiand n'en compte
contenance moyenne des exploitations est inférieure à 80 acres (32 hectares) se trouvent dans les riches plaines d'alluvion du bas Mississipi et de ses affluents, consacrées pour la plus grande partie à la culture du coton... Les comtés où les exploitations ont une contenance moyenne comprise entre 80 et 160 acres (32 à 64 hectares) couvrent la plus grande partie de la région à Test du Mississipi... A Touest de la région occupée par ces exploitations se trouve une bande de territoire, aux limites plus ou moins bien définies où les exploitations ont une contenance moyenne de 64 à 138 hectares, puis une autre où cette moyenne varie de 128 à 256 hectares... Dans le Far West, les comtés où les farms sont de petite contenance sont ceux où l'irrigation est largement pratiquée. »
Lorsqu'on veut juger de la constitution de la propriété aux États-Unis et la comparer à ce qu'elle est en Europe, Texamen de l'étendue des domaines ne fournit pas un critérium exact, si l'on n'a constamment présent à l'esprit ce fait que la valeur de l'hectare, découlant de la valeur des produits que cette unité de surface fournit annuellement, est beaucoup moindre au delà qu'en deçà de l'Atlantique. C'est pourquoi nous avons donné, outre le nombre des exploitations de chaque étendue, la valeur moyenne de ces exploitations. Il en résulte, avec évidence, qu'une terre de 40 à 70 hectares qui est déjà, chez nous, une grande exploitation est, en Amérique, au point de vue social, une petite exploitation, puisque sa valeur n'atteint, en moyenne, qu'un peu plus de 4.000 dollars ou de 20.000 francs.
Mais ce qui met le mieux en évidence le caractère des exploitations agricoles aux États-Unis, c'est leur répartition suivant l'importance de leur produit brut.
LES iTATS-DNIS AD XI* SIÈCLE
irs.
Ilars.
lollars.
ollars.
dollars
)Odoll.
iollftra.
cinquième des exploitations américaines i un produit brut supérieurà 5.000 francs, ■as encore un chiffre considérable, et une ûmc, moins de 3 p. -100, donnent un prolus de 12 bOO francs. Or, ce dernier chiffre, encore loin de correspondre à une grande s l'exploitant.
ion des farms des diverses catégories varie t suivant la région, ainsi qu'on le verra i de la page 95.
mtre-Nord, qui est la principale région États>Unis, la catégorie d'exploitation la ise est celle qui donne de SÛO à 1.000 dol-
is Is, TBlcnr des produite donniSs comme nourri-
d'eiploitations qui ne sont pas encore en valeur, irce qa'ellca viennent seulement d'être ci'iSiies, ou privées de revenus accidenlellemenl, par des
lars de produits bruts. Comparant ce résultat avec ceux que Ton obtient en examinant les tableaux de répartition des fermes par contenance et par genre de culture principale, le rapport sur le Census en conclut que Texploitation-type, dans le Centre-Nord, est une exploitation de 70 h 100 hectares, consacrée principalement à la production des céréales et des fourrages et donnant un produit brut de 2.500 à 8.000 francs. Dans l'Atlantique-Nord, le type est l'exploitation de 20 à 40 hectares, consacrée à l'élevage intensif du bétail et à la production du laitage, donnant de même un produit brut de 2.S00 à 5.000 francs. Dans les deux régions méridionales, l'exploitation que l'on rencontre le plus fréquemment a aussi une étendue de 20 à 40 hectares, mais produit surtout du coton, pour une valeur brute de 1.280 à 2.500 francs seulement en moyenne ; la faiblesse de ce produit correspond au peu de besoins des petits fermiers et métayers noirs. Dans l'Ouest, les caractères généraux ne sont pas sans analogie avec ceux du Centre- Nord, mais avec une proportion beaucoup plus marquée de vastes domaines, exploités assez souvent pour le compte de Sociétés et consacrés à l'élevage extensif du bétail K
Atiantique- Atlantique- Centre- Centre- Nord. Sud. Nord. Sud. Ouest.
Nombre absolu des exploitaUons. . . 677.506 962.225 2.196.567 1.658.166 242.908
èl /Nul 0.3 0.7 0.6 1.3 3.8
«§;; DeO à50 dol. 1.8 5.1 1.5 3.7 4.4
'^-§g\De50àl00. . 4.1 8.7 3.3 6.4 5.6
i,:2)Do 100à250. 18.3 30.5 14.5 28.4 16.5
âSllDe 250 à 500. 25.9 32.0 23.1 34.1 i9.9
-ê 11/ De 500 à 1000. 27.8 16.3 30.2 19.3 20.8
|Jfl pel000à2500. 18.7 5.7 23.1 5.8 18.7
£*^''\ Plus de 2500. 3.1 1.0 3.7 1.0 10.3
1. On observe dans le Sud et l'Ouest une proportion beaucoup plus forte que dans le Nord, et anormale, d'exploitations donnant
Nous venons d'examiner le produit brut des exploitations agricoles américaines. Quels en sont mainteuant les frais? Les premiers et les plus importants sont les in-d'œuTre, qui paraissent cependant très les compare à ce qu'ils sont dans l'Europe Ils ne s'élèvent, d'après les relevés du 1 363 millions de dollars par an pour l'en- États-Unis, soit à une moyenne de 64 dolrancs par exploitation et 43 cents par acre nviron par hectare, ce qui représente seu- ). 100 du produit brut. Dans la région de Nord, où la culture est plus intensive, les main-d'œuvre atteignent S2S francs par 14 francs par hectare et 14,4 p. 100 du :. Dans l'Ouest, oîi se trouvent beaucoup vaste étendue nécessitant l'emploi d'un nombre de travailleurs salariés, ces frais 160 francs par exploitation, mais moins de :tare ; ils s'élèvent à 19,5 p. 100 du produit e Centre-Nord, les chiffres sont presque :eux de la moyenne des États-Unis, avec le proportion un peu plus faible par rapluit brut, S p. 100. Dans le Sud en&n, où ons, pour la région cotonnière du moins, souvent limitées à la surface que peuvent ploitant et sa famille sans le secours de e étrangère, les dépenses de main-d'œuvre 95 francs par farm et 4 fr. 60 par hectare ,s de l'Atlantique, î» 150 francs par farm et hectare pour les États du Centre, ce qui
lollars, ou SOO friincs enïiron de produils bruU. nir it une moindre exactitude des relevvs des a ces rëgions, ou très pea peapifes, ou habitées les Doira ou des Indiens ignorants.
représente respectivement 9,2 et 6,5 p. 100 du produit brut.
Naturellement, les grandes exploitations ont, d'une manière générale, plus de frais de main-d'œuvre que les petites ; il faut, cependant, faire exception pour les très petites, au-dessous de 8 hectares, qui sont constituées en grande partie par des jardins maraîchers, fleuristes, fruitiers. La main-d'œuvre revient à 388 francs par exploitation et h 500 francs par hectare en moyenne pour les exploitations de moins de 120 ares; elle tombe ,h 38 francs l'hectare pour celles de 120 ares à 4 hectares à 16 francs pour celles de 4 à 8 hectares. Pour les domaines qui forment les types courants d'exploitations rurales aux États-Unis, de 8 jusqu'à 400 hectares, les frais de main-d'œuvre restent, en moyenne, compris entre 6 et 7 francs l'hectare. Pour les très grandes exploitations, au-dessus de 400 hectares, ils tombent à 3 fr. 45 l'hectare.
Suivant le genre de culture prédominant dans chaque exploitation, la dépense de main-d'œuvre varie de 3 fr. 80 l'hectare pour celles qui se livrent surtout à l'élève du bétail et 3 fr. 90 pour celles qui cultivent principalement le coton, à 6 francs pour celles qui font du fourrage et des grains, à 7 fr. 40 pour les plantations de tabac, à 11 francs pour les exploitations qui produisent surtout du lait, du beurre et du fromage. Le riz, le sucre, les cultures maraîchères et fruitières exigent, naturellement, beaucoup de main-d'œuvre, et celle-ci absorbe jusqu'à 1.250 francs par hectare pour les jardins fleuristes.
La faiblesse des frais de main-d'œuvre dans la plupart des exploitations rurales aux États-Unis vient encore souligner le fait de la prépondérance des petites exploitations, que l'occupant cultive sans autre aide que celle
98 LUS ÉTATS-UNIS AU XX" SliXUJ
des membres de sa famille. Celle situation ressort d'ailleurs neltement de la remarque suivante ; le Dombre des personnes du sexe masculin âgées de plus de dix eurvie dans l'agriculture était, en 1900, •, le nombre des exploitations agricoles même date, de5.739.6S7. Il devait donc e nombre de chefs d'exploitation et il j. 609. 665 domestiques ou journaliers; ain nombre de grandes exploitations urs salariés, il résulte nécessairement ue la majorité n'en employait aucun. 11 ïute, tenir compte de ce que quelques atdirigéespar des femmes et deceque, l'escédentdes hommes vivant de l'agriommes chefsd'exploitation, c'est-à-dire journaliers et domestiques est un peu us venons de le dire; toutefois, l'écart [rand, car ces exploitations dirigées par . certainement assez rares.
! forte proportion des salariés agricoles impose de membres de la famille, d'enïots. Si nous considérons, non plus sennes, mais les personnes des deux sexes n principale est l'agriculture, le Census le le nombre en est de 10.438.188. Cela itdit en passant, qu'un peu plus d'un es se livrant aux travaux des champs ; Jnis, de mi^me que dans la plupart des ;s et, très souvent aussi les filles des officiellement classées comme sans pro- 'ellcs leur apportent un aide très effieulement, en général, les femmes ne lans leur famille qui sont considérées là l'agriculture. Quoi qu'il en soit, sur
ceslO.438.188 personnes, 5. 681. 234 sont classées comme « exploitants, planteurs et surveillants » (f armer s, planters and overseers), chiffre correspondant à peu près exactement au nombre des exploitations (il n'y a pas à s'étonner d'une légère discordance sur des chiffres aussi considérables) ; 4.459.346 sont des salariés [agricultural lahorers) et sur ce dernier nombre 2.366.313 (dont 1.925.247 hommes et 441.066 femmes) sont des membres des familles des exploitants. Il ne reste que 2.047.638 employés, journaliers ou domestiques proprement dits; en outre on compte quelques 300.000 personnes se livrant à des travaux spéciaux : jardiniers, bergers et autres, qui peuvent rentrer aussi dans la classe des salariés ordinaires et enportentle nombre à 2.350.000 environ. On voit combien la proportion est faible, sur un total de 10 millions et demi de personnes vivant de l'agriculture.
Si les charges de main-d'œuvre aux États-Unis sont peu élevées, bien plus faible encore est une autre catégorie de dépenses qui atteint souvent en Europe des proportions assez lourdes : les dépenses d'amendement et d'engrais. Elles n'ont monté, pour l'année précédant le Census de 1900, qu'à 54.783.757 dollars, 275 millions de francs; dix ans plus tôt elles n'étaient que de 38 millions et demi de dollars, vingt ans plus tôt de 28 millions et demi. Elles ont donc crû un peu plus vite que la surface cultivée. Leur importance n'en reste pas moins minime et montre combien les États-Unis sont encore un pays d'agriculture extensive. La moyenne générale des dépenses pour achats d'engrais ne s'élevait, en 1900, qu'à 50 francs par exploitation et à moins de 90 centimes par hectare, soit 1,2 p. 100 de la valeur du produit brut. Elle est naturellement plus forte dans les régions de l'Atlantique, à culture plus ancienne, plus
intensive et où le sol a davantage perdu de sa fertilité --' — "- déjà moindre en elle-niÈme : là oq atteint une le 113 à 120 francs par exploitation, 3 francs par hectare suivant qu'on considère le Nord mais dans le Centre-Nord on tombe à 15 francs itation et 2b centimes par hectare, dans le i à SU francs par exploitation et un peu moins times par hectare, dans l'Oaest à 20 francs tation et 13 centimes par hectare.
la moyenne générale des achats d'engrais se Ile relevée par la présence des exploitations es et fruitières; pour les grandes cultures, trêmement faible : bû centimes par hectare rains et fourrages ; 2b centimes pour l'élève 1 fr. Ib pour la production du lait et de ses îurre et fromage ; 1 fr. 80 pour le coton ; 4 fr. bac. Gela revient à dire que dans la plupart itations, du moins au Nord et à l'Ouest, oduction des céréales, des fourrages et l'élève on n'emploie d'autres engrais que le fumier lont on peut disposer.
esse de tous les frais, si lourds en Europe est nt l'une des grandes causes de supériorité de ire américaine. Mais comment ces frais peure si bas *? Pour les achats d'engrais, c'est la iturelle du sol vierge qui en est cause : il ne ks ici du vieux monde d'imiter le nouveau. ■ la main-d'œuvre, la légèreté des charges tratne provient de la bonne organisation du 1 grand nombre d'animaux domestiques et de on de l'outillage. On se plaint souvent, chez l'agriculture manque de bras, pour employer suel ; elle en manque plus encore aux Étatsm tient compte de l'énormité des surfaces cul-
tivées et de la masse colossale des produits ; mais elle les utilise mieux, elle sait les (économiser en remplaçant, autant que possible, la force humaine par celle des animaux et des machines, que Thomme est surtout chargé, dans Tagriculture comme dans l'industrie, de diriger, au lieu de donner cette force lui-même. Ainsi scientifiquement utilisé, le travail humain devient extrêmement productif.
Le rapport sur le XIP Census se livre à un assez curieux calcul pour évaluer la part du travail dans le revenu brut agricole, ce qu'il appelle le revenu du travail (lahor income). La valeur totale des produits bruts de l'agriculture (non compris la nourriture du bétail) s'élève, dit-il, à 3.742.129.000 dollars, en 1899, l'accroissement de la valeur des exploitations à 445.763.000 dollars (c'est le dixième de l'accroissement de leur valeur de 1890 à 1900) ^. Ces deux sommes réunies font 4.187.892.000 dollars représentant le revenu brut agricole; déduisons-en l'intérêt à 6 p. 100 de la valeur des exploitations, soit 1.226.394.000 dollars, il reste 2.961.498.000 dollars pour le revenu ou produit du travail (labor income), soit 288 dollars ou 1.440 fr. par tête pour chacune des 10 millions et demi de personnes occupées à l'agriculture. En réalité, il faudrait réduire ce total par tête, car beaucoup de femmes travaillent aux champs sans être comptées, nous l'avons
dit.
La valeur des machines et outils employés sur les exploitations atteignait, en 1900, 133 dollars en moyenne, soit 689 francs par exploitation, ce qui est considérable. Dans l'Atlantique-Nord, elle s'élevait à 226 dollars; dans l'Ouest, à 218 ; dans le Centre-Nord, à 166 ; le