DB FER
Dépenses d'exploitation 1.116,2
Dépenses diverses 0,5
Total des dépenses
Revenu net
Int^éU aux obligations 260,3
Dettes courantes diverses 7,7
Impûis 54,5
Total des charges
Solde disponible. ... . .
Dividendes r.tix actions
ASectation aux améliorations de la voie, du matériel et surplus. . . .
Sur ce dernier chapitre 35 millions de dolla
consacrés à des améliorations permanentes d § millions à combler les déficits de « lignes (weak Unes), 38 millioDs ont été défalques causes diverses, 95 millions constituent le sur affecté aux réserves, etc.
11 ressort de tout ceci que la situation financ semble du réseau américain parait des plus i jourd'hui. Une fois les dépenses d'esploitati impôts payés, il reste un bénéfice brut de 600 millions de dollars, dont ^68 millions s sont absorbés par te service de la dette ; il ainsi un excédent de 330 millions, dont mo moitié est affectée aus dividendes. Lesobligal sèdent donc une forte couverture et doivent êi dérées comme très bien garanties en gêné total d'ensemble dépasse 6 milliards de doUi reçoivent donc en moyenne, près de 4 1/2 p. térôt. Quant aux actions, dont le total est égal 6 milliards de dollars, leur rétribution n'est gi rieure à 2 1/â p. 100, mais un grand nomb actions, surtout des actions ordinaires, ne rep
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pas des capitaux réellement versés. En outre, il s'y trouve beaucoup de doubles emplois, un grand nombre de Compagnies possédant la majorité, voire la totalité des actions de* Compagnies secondaires. Tout résumé, la prospérité du réseau américain, aussi bien que Fexcellence de son service, est indéniable et si Ton veut chercher des modèles d'exploitation de chemins de fer, c'est du côté de la liberté américaine, et non de la stérilisante exploitation d'Etat qu'il convient de se tourner.
C'est par le commerce extérieur des États-Unis que se manifeste l'effet sur le monde entier de leur prodigieux développement économique. La valeur totale de ces échanges de l'Union américaine avec l'étranger, qui s'est élevée, pour l'année fiscale 1902-1903S à 2 milliards 446 millions de dollars, soit 12 milliards 670 millions de francs, place les Etats-Unis au troisième rang des grandes nations commerciales du monde, bien près de l'Allemagne, dont les échanges internationaux dépassent légèrement 43 milliards, loin encore de l'Angleterre dont le commerce général atteint 22 milliards de francs, sensiblement en avant de la France qui fait un commerce général de 11 milliards et demi et un commerce spécial de moins de 9 milliards. Mais ce qui est encore plus caractéristique, et ce qui constitue un fait entièrement nouveau dans l'économie du monde, c'est que, depuis 1901, les Etats-Unis sont au premier rang des pays exportateurs : avec leurs 1.392 millions de dollars, ou 7 milliards 210 millions de francs de pro-
I. Les années fiscales, que suivent ainsi les statistiques du commerce américain Tont du 1«' juillet au 30 juin suivant. Lorsque, pour la commodité du langage, nous dirons au cours de ce chapitre, Tezercice 1903, par exemple, cela doit s'entendre de l'exercice qui a pris fin le 30 juin 1903, ou exercice 1902-1903.
duits indigènes exportés, ils dépassent d un peu TAngleterre, de beaucoup l'Allemagne qui n'arrive guère à plus de 6 milliards et de plus encore la France avec 4 milliards 200 millions. En 1870, chacun de ces trois pays, laissait, au contraire, les Etats-Unis bien loin derrière lui : ceux-ci ne vendaient guère au dehors que pour 1.850 millions de francs de leurs produits, tandis que la France en exportai t pour 2 milliards 800 millions ; TAllemagne pour 2 milliards 850 millions ; la Grande- Bretagne pour 5 milliards.
Si nous mettons ces chiffres en relief, c'est qu'il importe, lorsqu'on raisonne sur les questions économiques d'avoir toujours présents à l'esprit les changements profonds qui sont survenus, depuis un temps relativement court, dans la distribution à la surface du globe des centres de consommation et, par suite, dans la direction des courants commerciaux ; mais ce n'est pas que nous nous étonnions de ces changements. Que l'essor de l'Amérique durant ces trois dernières décades du XIX® siècle ait été beaucoup plus rapide que les progrès d'aucun pays européen, que d'autre part, parmi ces derniers, l'Allemagne ait marché d'un pas plus rapide que l'Angleterre et la France, il n'y a rien là qui doive surprendre. C'était une évolution fatale, inéluctable, indépendante de la volonté des hommes, et qui n'aurait pu manquer de se produire que si le peuple américain et le peuple allemand eussent été bien inférieurs au peuple anglais et au peuple français.
La raison en est bien simple : d'une part, la mise en valeur des richesses du sol et du sous-sol anglais et français était bien plus avancée en 1870 que celle du sous-sol allemand ou américain. Il y avait peu de bonnes et grandes mines à mettre en exploitation, peu de bonnes terres à mettre en culture en France et en Angleterre^
tandis qu'il restait beaucoup des premières en Allemagne, des unes et des autres en Amérique. D'autre part, la population de la France est restée presque stationnaire depuis 1870, celle de l'Angleterre a augmenté de 30 p. 100, celle de l'Allemagne de 40 p. 100, celle des Etats-Unis a doublé. Au point de vue de deux des facteurs de la production, la nature et le travail, les Etats-Unis et, à un moindre degré, l'Allemagne se sont donc trouvés sensiblement plus favorisés depuis trente ans que l'Angleterre et surtout que la France. Quant au troisième, le capital, il leur a été aisé de l'emprunter au dehors, parce que leurs grandes richesses naturelles et l'abondance croissante de leur main-d'œuvre permettaient de le bien rémunérer. Il est fort explicable que, dans ces conditions, les exportations des Etats-Unis aient quadruplé, tandis que celles de l'Allemagne doublaient seulement, que celles de l'Angleterre et de la France augmentaient à peine de moitié. Il est même permis de trouver que nos progrès sont satisfaisants, étant donnés l'état stationnaire de notre population et notre pauvreté en produits minéraux, si importants dans la civilisation moderne.
Quoi qu'il en soit, le commerce extérieur des États- Unis s'accroît plus rapidement que celui d'aucun autre grand pays et cet accroissement s'est porté principalement, depuis trente ans, sur les exportations. Pendant les trois premiers quarts du xix® siècle, les exportations américaines étaient restées inférieures aux importations : sur les vingt-cinq années qui se sont écoulées de 1850 à 1875, on n'en relève que trois : 1858, 1862 et 1874, où les premières l'aient emporté sur les secondes, et c'était de fort peu, en sorte que, pour l'ensemble de cette période, l'excédent des importations s'élevaità 1 .500 millions de dollars. Comme tous les pays neufs qui s'outil-
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lent, qui en sont encore, pour ainsi dire, à la période de premier établissement, les États-Unis achetaient alors beaucoup plus à l'étranger qu'ils ne lui vendaient. La guerre civile, avec l'arrêt de production qu'elle entraîna, avec les grandes importations qui durent être faites pour réparer les destructions qu'elle avait causées, prolongea cette période. Mais à partir de 1876 a lieu un changement complet. Grâce à l'outillage qu'ils se sont constitué, les États-Unis, aussitôt les désastres de la guerre réparés, augmentent énormément leur production et, durant le dernier quart du xix® siècle, ce sont les exportations qui dépassent régulièrement les importations, sauf durant les trois années 1888, 1889 et 1893. L'excédent est colossal, dans les quatre dernières années surtout, et dépasse 3 milliards 400 millions de dollars pour toute la période 1876-1900. Pour l'ensemble des trois premiers exercices du xx' siècle, cet excédent des exportations est de 1.537 millions de dollars, ayant atteint 664 millions de dollars dans le seul exercice 1900.
Le temps où les États-Unis étaient un pays surtout importateur appartient au passé. Il n'y a pas lieu d'y insister; on peut cependant rappeler quelques chiffres pour mesurer le chemin parcouru. En 1881, le commerce extérieur de l'Union comprenait, d'une part, 189 millions de* dollars d'exportations, dont 10 millions de réexportations et, d'autre part, près de 211 millions d'importations, soit un total de 400 millions; en 1860, année la plus florissante avant la guerre, les exportations montent à 333 millions et demi, dont 17 millions de réexportations, et les importations à 353 millions et demi, au total 687 millions. La guerre vient arrêter cette rapide progression ; dès 1862, les exportations tombent à 190 millions, les importations à
189 millions, nul n'étant plus disposé h acheter; en 1865, les exportations sont au minimum, par suite de l'arrêt complet de la culture et des ventes de coton : 166 millions de dollars, dont 29 millions de réexportations ; mais les importations se relèvent à 238 mil- Uons. Sitôt la lutte finie, l'œuvre du développement national reprend à pas de géants; en 1872, le commerce général dépasse 1 milliard de dollars pour ne plus jamais retomber au-dessous; en 1874, les exportations sont de 586 millions dont 17 millions seulement de réexportations, les importations de 567 millions, l'ensemble de 1.153 millions, au lieu de 1.164 l'année précédente, oii les importations avaient été de 642 millions. L'exercice 1873 marque ainsi, pour l'ensemble du commerce et pour les importations, un point culminant, qui ne sera dépassé qu'en 1880, année où les exportations, ne cessant presque pas de croître, atteignent 835 millions de dollars et les importations, 668 millions, soit un chiffre global d'échanges de 1.503 millions.
Depuis 1880, voici les moyennes quinquennales du commerce extérieur des États-Unis, ainsi que les résultats individuels des trois derniers exercices (finissant le 30 juin de l'année indiquée) :