‹ Les États-Unis au XXe [i.e. vingtième] siècleChapitre 47 sur 94 · MISE EN VALEUR AGRICOLE DE L OUEST ET IRRIGATION · texte numérisé non relu

MISE EN VALEUR AGRICOLE DE L OUEST ET IRRIGATION

et des neiges perpétuelles; encore celles-ci ne couvrentelles pas une grande étendue. Aussi la crue des rivières qui descendent de ces montagnes ne se maintient-elle pas, en général, durant tout l'été ; elle faiblit môme assez vite dans la partie méridionale, dans l'Arizona, dans le Nouveau-Mexique, jusque dans le Colorado, et en quelques années, particulièrement peu favorisées, certains canaux d'irrigation doivent rester à sec.

Nous avons eu déjà l'occasion de définir ce qu'on appelle la « zone aride » aux Etats-Unis : c'est toute la partie du pays où il tombe moins de 500 millimètres d'eau de pluie par an. Notons qu'à Paris il en tombe à peine davantage, et qu'une portion de la Champagne n'en reçoit même pas autant ; mais la précipitation y est plus régulièrement répartie au cours de l'année que dans rOuest-Américain. Depuis le 100^ degré ouest de Grecnwich jusqu'aux Monts des Cascades et à la Sierra Nevada, qui en marquent à peu près exactement les limites, cette zone couvre près de 3 millions de kilomètres carrés, soit assez sensiblement plus du tiers, presque 40 p. 100 des Etats-Unis (non compris l'Alaska et les annexions qui ont suivi la guerre hispano-américaine). Huit États : le Montana, l'Idaho, le Wyoming, le Colorado, l'Utah, le Nevada, l'Arizona, et le Nouveau- Mexique s'y trouvent entièrement contenus. Les trois États riverains du Pacifique, Washington, Oregon et Californie, ont dans cette zone au moins la moitié de leur surface, dont le reste est, au contraire, bien arrosé; on les comprend avec les huit précédents sous la dénomination d'États arides. En outre, sur sa limite est, la zone aride englobe près de la moitié des deux Dakotas et du Nebraska, une importante partie du Kansas, de l'Oklahoma et du Texas. Ces six États sont dési-

gnés, par les auteurs américains, sous le nom d'États « semi-arides » ou « sous-arides ».

La colonisation n'a guère abordé le pays aride qu'après 1870. A cette époque, il ne se trouvait, sur les 3 millions de kilomètres carrés des onze Étals arides, que 990.000 habitants, dont 560.000 en Californie, où les mines d'or avaient attiré dès le milieu du siècle une importante immigration et 430.000 seulement dans les autres États; en 1880, la population de la môme région n'atteignait encore que 1.767.000 âmes, dont 903.000 hors de Californie; en 1890, elle passait à 3.102.000, dont 1.894.000 hors dudit État; en 1900 enfin à 4.091.000 dont 2.606.000 dans les dix États ou Territoires autres que la Californie. C'était encore bien peu, par rapport à la surface, d'autant que la population habitant en dehors des villes ne comprenait que 2.430.000 âmes, dansl'ensemble, et seulement 1.723.000, si l'on ne compte pas la Californie. Et il convient de remarquer que cette population n'habitant pas les villes est loin d'être tout entière une population rurale, car elle vit en partie dans les petits camps miniers, dispersés un peu partout sur les plateaux des Rocheuses.

Cet effectif humain si faible a obtenu déjà des résultats étonnants. Non contents de faire vivre, sur leurs maigres pâturages, 8 millions et demi de bêtes à cornes et 33 millions de moutons, animaux peu exigeants, les colons des États arides ont déjà soumis à l'irrigation 2.900.000 hectares de terres, soit une surface égale à celle de cinq départements français ; et les récoltes produites par ces terres en 1899 ont atteint une valeur de 437 millions de francs.

C'est cette étendue des irrigations qui est peut-être le fait le plus remarquable du développement de l'Ouest. C'est un de ceux, en tout cas, auxquels les Américains

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