PRÉFACE VII
mois aux États-Unis nous ont aidé à analyser et à restituer, autant que nous l'avons pu, dans leur milieu les facteurs, non seulement matériels mais moraux, des progrès et de la puissance du peuple américain.
Le premier de ces facteurs, ce sont les dons do la nature. Nous avons dû nous borner, ceci n'étant pas un traité de g-éographie, à rappeler en quelques brèves pages au début de cet ouvrage, les traits caractéristiques du territoire des États-Unis. Ce qu'il importe d'avoir toujours présent à l'esprit, c'est que ce territoire constitue un pays de colonisation saris pareil, tel qu'il n'en existe aucun autre au monde. Il a, sans doute, ses portions stériles, impropres à l'agriculture et à l'habitat d'une nombreuse population blanche ; mais, si la zone aride ou semi-aride de l'Ouest couvre un tiers des 8 millions de kilomètres carrés de l'Union, les quatre cinquièmes au moins de l'Australie ou de l'Afrique du Sud sont plus complètement déshérités encore que cette zone aride, les trois quarts du Canada sont occupés par des terres stériles ou rendues telles par le froid. Près de la moitié de l'Argentine n'est aussi que steppes ou demi déserts, tant au Sud, dans les Pampas et la Patagonie, qu'au Nord dans le Chaco. Enfin, sur les 22 millions de kilomètres carrés de l'immense Empire russe, les deux tiers au moins sont incultivables, faute de chaleur ou faute de pluie.