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I.a guerre de 1812 porta à son comble la réputation

LES ÉTATS-UNIS U’AMÉlUgUE. 505

de la marine des États-Unis. Grâce à leur force, les frégates construites en i 794 luttèrent presque toujours avantageusement avec un ennemi qui, jusqu’alors, passait pour invincible.

A partir de cette époque, la flotte fut maintenue sur le pied d’activité; et bien que, comparée aux flottes étrangères, celle des États-Unis fût d’une infériorité numérique marquée, le gouvernement suivit avec vigilance les perfectionnements successifs de la construction navale et n’adopta que les modèles 'de navires dont la supériorité avait été parfaitement constatée.

La révolution de 1860-61 eut pour résultat immédiat une énorme extension du cadre de la flotte.

« Quand j’entrai en fonction, en mars 1861, » dit le Ministre de la marine, dans son rapport au Président, en date du 1" décembre 1862, « il n’existait que 42 navires commissionnés ; et, comme je le disais dans mon dernier rapport, de tous les navires de l’État, 76 seulement étaient capables de prendre la mer. Les vaisseaux commissionnés se trouvaient presque tous en mission ; et sur les 7000 marins à la solde du gouvernement, il n’y en avait, le 10 mars 1861, dans les ports et sur les vaisseaux-cayennes de la côte de l’Atlantique, que 207 pour manœuvrer nos navires, protéger nos arsenaux, ou contribuer à la répression de l'insurrection naissante.

« Ni l’administration sortante, ni le Congrès, dont la session, pourtant, se prolongea jusqu’au 4 mars, n’avaient pris de mesures propres à augmenter ou renforcer notre puissance navale, malgré la situation menaçante de nos affaires publiques; et lorsque, peu de semaines après l’inauguration, j’eus besoin de troupes pour couvrir et sauvegarder les propriétés de l’État, à Norfolk et à .Vnnapolis, et de matelots pour éloigner les navires compromis, je ne pus me procurer ni soldats, ni marins.

Et non-seulement nous manquions de matelots pour la manœuvre, mais encore les quelques navires mouillés dans nos arsenaux n’étaient pas susceptibles d’être immédiatement utilisés.

« Dans mes rapports présentés, lors de la session spéciale de juillet 1861, et en décembre dernier, j’ai longuement retracé les promptes mesures qu’il m’a fallu prendre pour rappeler nos navires en mission, et pour augmenter notre flotte, en reparant et appropriant, aussi vite que possible, les navires utilisables appartenant à l'État, en acquérant tous les navires susceptibles d’être affectés à la garde de certaines parties basses de notre littoral, et en faisant rapidement construire autant de steamers que possible dans nos arsenaux, y employant non-seulement les matériaux et machines de l’État, mais encore ceux que je pus me procurer auprès des constructeurs civils.

« J’ai obtenu ce résultat, que nous avons actuellement à flot ou prêts à prendre bientôt la mer 427 bâtiments, le nombre de bâtiments de l’ancienne flotte, énumérés dans mon rapport de juillet 1861, et non compris les bâtiments perdus, ayant été augmenté de 363 navires, portant ensemble 1577 canons et représentant 240 028 tonneaux.

» On ne saurait trouver dans les annales d’aucun pays l’exemple d’un accroissement aussi considérable dans un si court espace de temps. Je dois ajouter que nous n’avons qu’à nous féliciter des acquisitions faites â la marine marchande; tous les navires qu’elle a fournis à l’État, quoiqu’ils n’eussent pas été construits pour la guerre, et que, par suite, ils n’eussent pas la foi •ce des bâtiments de l’État, ont fait un excellent service et réalisé toutes mes espérances.

« .\ûn de bien faire comprendre la situation de notre marine, dans le passé et dans le présent, du 4 mars

1 861 à novembre 1 862 , et l’extension qui lui a été donnée, j’ai fait dresser le tableau suivant qui comprend le nombre des bâtiments, l’ensemble de leur armement et de leur tonnage, et le compte détaillé des pertes que nous avons éprouvées depuis mon dernier rapport annuel. »

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