‹ Les États-Unis d'Amérique en 1863Chapitre 19 sur 118 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Guerre de Tindépendance. — Le gouvernement confédéré reconnu par la France et l’Angleterre. — Le général Washington abandonne le commandement de l'armée.

Le gouvernement de la Grande-Bretagne, incapable de recruter l’armée parmi son peuple, qui improuvait la guerre, avait stipendié de nombreux mercenaires dans les principautés allemandes, spécialement dans le Hesse- Cassel ; les mercenaires, joints aux troupes fraîchcB amenées du Sud par sir Henry Clinton, portèrent à 30 000 hommes l’armée de Slaten-Island. L’armée de Washington, bien inférieure quant à l'effectif, était plus mal équipée, plus mal approvisionnée encore.

La campagne commença sur l'Ile-Longue (Long-lslandj, que les Américains, après une défaite sanglante (27 août), furent forcés d’évacuer. Ils durent ('(gaiement, peu après , abandonner la ville de New-York et le bas Hudson. 11 s’ensuivit une stade de désastres, et, à la fin de l’année, Washington avait été obligé de reculer au delà de la Delaware, avec un peu moins de éOOO hommes sordidement vêtus, mourant de faim, sans tentes et sans couvertures. La cause de la liberté semblait déstîspérée; un profond découragement avait envahi tous

les esprits. Washington, lui, avait conservé toute son énergie et toute sa foi. Il déclara au général Mercer que, fût-il chassé au delà des AU^hanies, il combattrait jusqu’à la lin pour l’indépendance et la liberté.

Tandis que s’accomplissaient, entre l’Hudson et la Delaware ces tristes événements, les Anglais avaient occupé nie de Rhode-Island, et, à Baskingridge, New- Jersey, s’étaient emparés du général Charles Lee, qui passait pour l’un des meilleurs officiers de l’armée, quoique l’on sache maintenant qu’il trahissait la cause nationale et avait, quelque temps avant sa capture, montré des tendances à traiter avec l’ennemi. En conséquence de ses pertes et par suite de l’expiration désengagements, l’armée de Washington se trouvait réduite à 3000 hommes. L’abattement général était si grand que nombre d’individus désertèrent une cause qui leur paraissait perdue sans ressources, et acceptèrent le pardon et l’ainnistieque leur offraient les généraux anglais. Washington, plein d’une robuste confiance dans le succès final, attendait avec anxiété l’occasion de relever le prestige des armes américaines. L’indolence et la prudence craintive, (|ui formaient les traits saillants du caractère de Ilowe, empêchèrent le général en chef anglais d’anéantir, comme il aurait pu le faire, les restes affaiblis de l’armée de Washington, et permirent au hardi et entreprenant Américain d’infliger une cruelle leçon à ce trop timide adversaire. Dans la nuit du 25 décembre, malgré la neige et la glace, Washington traversa la Delaware, sur des bateaux plats, et tombant à l’improviste sur les forces anglaises, à Trenton, il s’empara de mille Hessiens. Quelques Jours après (8 janvier 1777| il défit de nouveau l’ennemi à Princeton et fit quelques centaines de prisonniers.

Ces exploits, en ranimant les esprits de la nation, confondirent et effrayèrent l’ennemi. Pendant cette période

d’épreuves, le congrès avait déployé une admirable fermeté, avait investi Washington de pouvoirs presque dic- Uitoriaux et pris des mesures pour une levée d’hommes dont l’engagement devait durer trois années au lieu d’une. Il dressa les articles de la confédération entre les États (articles qui furent aj>prouvés par tous , sauf le Maryland, en 1778-79), et envoya des agents en Europe pour solliciter du secours auprès des puissances étrangères. Quand la campagne s’ouvrit, au printemps de 1777, Washington comptait 7000 hommes sous les drapeaux. Après avoir vainement essayé d’amener un engagement général, Howe , évacuant le New -Jersey, revint à Staten-Island , d’où il partit pour le Chesapeake avec IG 000 hommes. Il débarqua à la rivière de l’Elan [Elk river) et menaça Philadelphie. Il fallait défendre la capitale. Washington fut, en conséquence, obligé de livrer Itataille sur le Brandy wine, le 1 1 septembre; écrasé par des forces supérieures, il se vit contraint de battre en retraite, après avoir perdu un millier de soldats. Lafayette, récemment entré au service des Etats-Unis eu (pialité de volontaire, et qui avait reçu le grade de major général, fut grièvement blessé à cette bataille'. Quelques Jours après les Anglais prirent possession de Philadelphie, sans coup férir. Le congrès se retira, d’abord à I.ancastre, puis à York, dans l’État de Pennsylvanie.

Le 4 octobre, Washington attaqua les Anglais à Germantown, à sept milles de Philadelphie; mais il fut repoussé après avoir éprouvé des pertes sensibles. Peu après, les deux armées prirent leurs quartiers d’hiver. I.es succès obtenus dans le Nord firent plus que contrebalancer les revers subis daus les États du centre. Une armée anglaise, forte de 7000 hommes, non compris

1. Marquis de Lafayelte, né à Chavagnac, en Auvergne, le 6 septembre 1757, et marié le H avril 177<i, partit pour l’Amérique le 26 avril 1777.

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les Canadiens et les Indiens, et commandée par le général Burgo) ne, quitta le Canada par le lac Chainplain et prit TieonderogaetSkenesborougli (actuellement White-Hall). De puissants détachements, envoyés du fort Édouard, sur le haut Hudson, pour détruire les magasins de Bennington (Vermont) furent assaillis et défaits, avec une perte de GOO hommes, par les milices de Vermont et du New-Hamsphire, commandées par le général Stark. Burgoyne, traversant les forêts, atteignit Saratoga où il fut rejoint par le général Gates, récemment nommé général en chef du département du Nord ; et, le 19 septembre, à Stillwater, eut lieu un engagement sans résultat décisif dans lequel les Anglais perdirent environ GOO hommes. Le 7 octobre, dans un second combat livré presque au même lieu, les Américains eurent l’avantage; et dix Jours plus tard Burgoyne se rendit avec toute son armée et obtint une capitulation honorable.

Les conséquences de cette victoire furent de la plus haute importance, tant en Amérique qu’à l’étranger. .\ l’intérieur, elle ranima la confiance du peuple, écrasa les tories ou loyalistes, qui se trouvaient encore en grand nombre dans certains États, et éleva de 20 pour 100 le taux du papier émis par le congrès. A l’extérieur, la victoire de Saratoga produisit un effet aussi favorable. Depuis le commencement de la lutte, le gouvernement français avait secrètement encouragé la révolte des colonies, et leur avait fourni des armes et des munitions, sans lesquelles il eût été presque impossible de poursuivre la guerre. Franklin , Silas Deane et Arthur I^e, envoyés en France par le congrès, en qualité de commissaires, peu après la déclaration de l’indépendance, ne furent cependant ouvertement reçus par la cour qu’après la reddition de Burgoyne. Cet événement et le succès final qu’il permettait de prévoir en faveur des .Américains, firent heureusement aboutir la négociation. En février

1778, un traité d’alliance, d’amitié et de commerce fut signé à Paris. Alarmé de cette alliance et du sort probable de son armée du Nord, le ministère anglais présenta au parlement deux bills, votés le 11 mars 1778 et rapportant tous les actes qui avaient excité le soulèvement des Américains; après quoi, trois commissaires furent envoyés avec les pouvoirs nécessaires pour négocier une réconciliation. Mais le congrès rejeta ces bills, par le motif qu’ils ne faisaient aucunement mention de l’indépendance des colonies, et refusa de traiter avec les commissaires, tant que la Grande-Bretagne n’aurait pas rappelé ses flottes et ses armées.

Washington établit ses quartiers d’iiiver, vers le milieu de décembre 1 777, à V^alley-Forge, à 20 milles au nord de Philadelj)bie; il y conduisit son armée composée de soldats à moitié vêtus, écoiiomiijuement nourris, et qui, pour la plupart, manquant de souliers, laissaient sur la neige l’empreinte sanglante de leui-s pas. On comprend quelles souffrances cette armée eut à endurer pendant le rigoureux hiver de 1777-78. Mais toutes ces misères furent oubliées quand, au printemps, ils apprirent la nouvelle de l’alliance conclue avec la France et des secours qu’ils allaient recevoir de ce pays. Le 7 mai , l’artillerie salua et l’armée acclama le nom de Louis XVI. Un mois plus tard, une flotte française, sous les ordres du comte d’Estaing, envoyée pour bloquer la flotte anglaise dans la Delaware , accosta le nouveau continejit ; mais les vaisseaux ennemis avaient déjà cherché un refuge dans la baie de Rarilan.

Sir Henry Clinton, le successeur de Howedans le commandement en chef des forces britanniques, évacua Philadelphie en juin, et, le 18, commença, avec 1 1 000 hommes, sa marche rétrograde sur New-York. Washington, accompagné d’un nombre à peu près égal de soldats, le poursuivit et lui livra bataille, le 28, dans

les plaines de Monmouth, près du village de Freehold, New-Jersey. L’action fut indécise, mais les Américains restèrent maîtres du champ de bataille, tandis que les Anglais se retirèrent à New-York, où ils demeurèrent dans l’inaction jusqu’à la fin de l’été. En août, une tentative faite de concert avec la flotte française, pour chasser les Anglais du Rhode-Island , échoua complètement, et d’Estaing fit voile pour les Indes occidentales, sans avoir rendu aucun service signalé à la cause américaine.

\ la fin de la campagne de 1778, les troupes britanniques se trouvaient circonscrites dans la même position qu’elles occupaient en 1776. Elles ne tenaient que Rhode-Island, et l’île de Manhattan, tandis que les .Vméricains avaient acquis une certaine connaissance de l’art de la guerre, tout en s’assurant la puissante alliance de la France, ainsi que les sympathies et l’assistance secrète de la cour d’Espagne. Toutefois, les opérations mal conduites de la flotte française n’avaient procuré au.\ Américains' que peu de bénéfices; d’un autre côté, de grands embarras résultaient pour eux du pitoyable état de leurs finances, le papier continental émis par le congrès ayant subi une dépréciation considérable. Dans ces circonstances critiques, le gouvernement eut l’heureuse inspiration d’avoir recours à Robert Morris; sans le patriotisme et l’habileté financière de cet homme célèbre, sans la confiance qu’il inspirait, la jeune république ne serait née, à proprement parler, que pour mourir.

En 1779, la guerre sévit surtout dans le Sud, où les Américains étaient commandés parle général Benjamin Lincoln. Vers la fin de 1778, le général Clinton avait envoyé en Géorgie une expédition qui battit les Américains à Savannab , et s’empara de cette ville (29 décembre). Les .\nglais furent aussi heureux dans quelques

1,ES ÉTATS-UNIS D'AMÉHiguE.

autres engajtementg, et, vers le milieu de 1 77Ü, ils avaient conquis et occupaient complètement la Gwrgie. Une attaque dirigée contre Savannah par Lincoln, avec la coopération de la flotte française, en septembre , ne fut pas couronnée de succès; les alliés, repoussés, perdirent mille hommes, pqrmi lesquels le comte Pulaski.

Pendant l’été de la même année, Lafayette s’était rendu en France, et grâce, en grande partie , à son énergique initiative, le gouvernement français consentit à envoyer au secours des Américains un nouveau contingent d’hommes et de vaisseaux. En apprenant cette nouvelle, le ministère anglais ordonna à lord Clinton d’évacuer le Rhode-Island et de concentrer toutes ses forces à New- Vork. L’Angleterre, par le fait, commençait à entrer dans une ère de difGcultés du caractère le plus alarmant. L’Espagne lui avait déclaré la guerre, le 10 juin 1779; une armée franco-espagnole la menaçait d’une invasion, tandis que les croiseurs français et américains longeaient ses côtes, insultant ses ports et entravant son commerce.

Le fameux Paul Jones, commandant une frégate américaine, captura, le 23 septembre, deux vaisseaux de guerre anglais, après un des combats les plus acharnés qui aient jamais été livrés sur l’Océan. Pendant toute la guerre, Paul Jones tint activement la mer et, secondé par une nuée de corsaires, il fit subir au commerce britannique des pertes considérables.

Vers le commencement de 1780, Clinton, laissant le commandement de New-York au général hessois Knyphausen, s’embarqua pour le Sud avec le corps principal de son année et porta la guerre dans les Carolines. Après un siège de quelques semaines, mollement soutenu par le général Lincoln, Charleston capitula (17 mai), et sa garnison de 2500 hommes, y compris Lincoln, fut faite prisonnière. \je reste de l État de la (Caroline du

Sud, parcouru en tous sens par des délachements ennemis, se soumit nominalement à l’autorité royale, de sorte que Clinton, croyant sa conquête achevfe, partit pour New- York, le 5 juin, en laissant le commandement à lord Cornwallis. Aussitôt après, les patriotes, incapables de se constituer en armée, reprirent la campagne par petites bandes et commencèrent, sous le commandement de Sumter, Marion, Pickens, et d’autres hardis partisans, une guerre de liaies, harassant nonseulement les Anglais, mais les tories qui se trouvaient en grand nombre dans l’État.

Dans le but de récupérer les Carolines, le congrès y envoya le général Gates, auquel la capture de l’armée de Burgoyne à Saratoga avait valu une réputation militaire imméritée. A sa première rencontre avec Cornwallis, à Camden (16 août), il fut battu et laissa sur le terrain mille morts , parmi lesquels son commandant en second , le baron de Kalb , officier français distingué. Gates s’enfuit dans la Caroline du Nord avec le reste de son armée, et à la fin de l’été il ne restait plus d’Américains en armes dans la Caroline du Sud, à l’exception de la petite guérilla de Marion, .\insi, dans l’espace de trois mois, deux armées américaines avaient été détruites; de plus, le colonel Tarleton avait dispersé la plus redoutable des bandes de partisans, celle de Sumter.

Dans les premiers jours de septembre, Cornwallis envahit la Caroline du Nord. Ije 7 octobre, à la montagne du Roi ( king's Mountain ) , une portion de sou armée fut complètement défaite par les milices, qui tuèrent ou prirent plus de 1200 ennemis. Ce revers sérieux et la réapparition des guérillas de Marion , de Pickens et d’autres chefs forcèrent Cornwallis à rentrer dans la Caroline du Sud.

Pendant l’été, il n’y eut, dans le Nord, qu'une seule o|»ération militaire importante, l'invasion du New-Jersey

par le» Anglais. Après avoir vainement tenté d’amener Washington à un engagement général et éprouvé à Springfield, des mains du général Greene, une sanglante défaite (23 juin), ils regagnèrent leur forte position de New-York. Quelques Jours après (10 juillet ) arriva la flotte française amenant le comte de Roehambeau et (iOOO soldats. Washington se rendit à Hartford, en septembre, j)our conférer avec l’état-major français, et, pendant son absence, on découvrit queBenedict .Arnold, commandant l’importante forteresse de West-Point, entretenait avec l’ennemi une correspondance coupable, et qu’il était convenu de livrer à sir Henry Clinton la forteresse et ses dépendances. traître Arnold parvint à s’échapper; mais le major .André, l’officier anglais qui avait servi d’intermédiaire dans cette honteuse transaction, fut pris et pendu comme espion. L’Angleterre lui éleva une statue dans l’abbaye de Westmister.

I.a fin de l’année fut marquée par une déclaration de guerre dénoncée par l’Angleterre à la Hollande, dont le gouvernement négociait secrètement un traité d’alliance avec les États-Unis.

Les principales opérations militaires de la campagne de 1781 eurent pour théâtre le Sud, où Greene avait remplacé Gates. A Cowpens, Caroline du Sud, le 17 janvier, le général Morgan écrasâ le corps d’armée du colonel Tarleton. Le 15 mars, à Guilford-Court-House , (^roline du Nord, les Anglais remportèrent un léger avantage; mais, en septembre, ils furent complètement battus àEutaw-Springs, dans un combat sanglant qui termina presque les hostilités dans la Carolinedu Sud. A la fin delà guerre, les deux seuls points occupés par les Anglais dans les États situés au Sud de la Virginie étaient Charleston et Savannah. En Virginie, Cornwallis, qui avait pour adversaires Lafayette, Wayne et Steuben, s’était fortifié à Yorktown, et v avait rassemblé une armée

considérable. Cependant l’armée américaine du Nord, sous Washington, et l’armée française du comte de Rochambeau, avaient opéré leur jonction sur l’Hudson, dans le but d’attaquer les Anglais à New-York. Mais les alliés changèrent subitement leur plan de campagne, et tandis que le commandant anglais, sir Henry Clinton, croyant toujours New-York menacé, se trouvait dans l’impossibilité d’envoyer des renforts à Cornwallis, Lafayette et Rochamheau marchèrent sur Yorktown où ils arrivèrent, avec 12 000 hommes, le 28 septembre 1781 . Ijî siège fut dès lors régulièrement conduit. Il dura jusqu’au 19 octobre, jour auquel Cornwallis se rendit avec toute son armée composée de 7000 hommes.

Cette victoire termina la guerre et assura l’indépendance de l’Amérique. Il s’élait écoulé juste six ans et six mois depuis le jour où, à Lexington, le premier sang avait été répandu.

Quand cette nouvelle parvint en Angleterre elle frappa lord North comme une balle en pleine poitrine. « Mon Dieu! tout est fini! s’écria-t-il, tout est fini! » IjC ministre et tous ses collègues furent forcés de se retirer, le 20 mars 1 782, et de céder la place à un cabinet opposé à toute poursuite ultérieure de la guerre. Des ordres expédiés en Amérique, aux généraux anglais, leur enjoignirent de cesser lés hostilités. Savannah fut évacué. le 1 1 juillet 1782, et Charleston, le 14 décembre. Adams. Franklin, Jay et Laurens, chargés par le Congrès de négocier la paix, en signèrent à Paris, le 30 novembre 1782, les articles préliminaires. Le traité définitif, également signé à Paris, porte la date du 3 septembre 1783; la Grande-Bretagne y reconnaît formellement la liberté, la souveraineté et l’indépendance des Étals-Unis. New-York, le dernier point de la cftte encore occupé par les .\nglais, fut évacué le 25 novembre 1783.

Ainsi se termina une guerre qui, selon l’expression de Pitt le jeune, « fut injustement conçue, follement poursuivie, et dont toutes les phases furent marquées par la mort et la dévastation. La nation y perdit le plus pur de son sang et ses plus vitales ressources; elle ne recueillit, en retour, que de stériles victoires et de honteuses défaites; victoires remportées sur des hommes combattant pour la sainte cause de la liljerté; défaites pleines de deuil pour la nation, (jui eut à pleurer ses plus vaillants enfants sacrifiés à une querelle impie et abhorrée. »

Pendant les sejit années de la guerre de la révolution, la Grande-Bretagne envoya en Amérique 112 584 soldats et plus de 22 000 marins. I.«s forces mises en campagne par les Américains, pendant le même espace de temps, se sont élevées à 230 000 sold.Tts continentaux et à 50 000 miliciens'.

La population des États-Unis s’élevait, à cette époque à 3 929827 habitants, dont 697 897 esclaves. Quoique ces derniers fussent répartis dans tous les États, sauf le Massachusetts, les cinq sixièmes environ du total ap-

1. Aux termes d'un traité conclu le 16 juillet 1781, entre le comte de Vergennes, au nom du roi de France, et Benjamin Franklin , au nom des États-Unis, fixant le montant des sommes dues à la Franco par la république américaine, pour avànces faites pendant la guerre, et dans le but do prévenir toute difficulté de nature k troubler la bonne harmonie que le roi voulait maintenir entre les deux peuples, il fut constaté et arrêté que les sommes avancées par Sa Majesté au congrès des États-Unis, k titre de prêt, dans les années 1778, 1779, 1780, 1781 et la présente année 1782, s'élevaient ensemble k dii-hnit millions de livres, argent do France, conformément aux vingt et un reçus suivants, k savoir :

k, délivrés le 28 février, 19 mai, 3 août et novembre livre».

1778, de 700 000 livres chacun 3 000 000

4, délivrés les 10 juin, 16 septembre, 4 octobre et 21 décembre 1778, de 250 000 livres chacun 1 000 000

A reporter 4 000 000

partenaienl au Marylaïul, à la Virginie et aux Carolines.

A la ün de la guerre, un mouvement sérieux éclata dans l’armée, relativement au piiyement des arriérés de solde et de rations. Le papier-monnaie émis par le congrès et (jui servait à payer les troupes, n’avait plus ([u’une valeur insignifiante par suite de sa dépréciation, et le trésor public, presque vide, se trouvait dans l’impossibilité d’effectuer aucun pajement en numéraiiv. I.a désaffection déjà si générale des soldats fut encore fomenlé'e par uneadresse du major John Armstrong, lai|uelle,en mars 1783, circula dans le camp de .N’ewburg, (New-Jersey;, invitant l’armée à prendre en main ses propres intérêts et à forcer le congrès et le peuple à faire droit à ses réclamations. L’influence de Washington put seule mettre fin à cet alarmant conflit; et, peu après, le congrès donna satisfaction aux troupes en acquittant une partie de l’arriéré.

Ix* 2 novembre, Washington fit, dans une proclamation, ses adieux aux armées des Etats-Unis. Ix 4déceni-

Repnrl 4 000 000

4, délivrés les 29 février, 23 mai, 21 juin et 5 octobre 1780,

de 750 000 livres chacun 3 000 000

1, délivré le 27 novembre 1780 •. 1 000 000

4, délivré les 15 février, 15 mars, 15 août et 15 novembre 1781, de 750 000 livres chacun 3 000 000

1, délivré le 1-" août 1781 1 000 000

2, délvrés les 10 avril et l" juillet 1782, de 1 500 000

livres ch.icun 3 000 000

I, délivré le 5 juillet 1782 3 000 000

Ces sommes devaient être remboursées en douze payements annuels et rapporter un intérêt de 5 pour 100. Par l'aiticle .3, le roi, désirant donner aux États-Unis un témoignage nouveau d’estime et d’affection, abandonnait tous les intérêts arriérés, et par l'article 5, il avançait la somme nécessaire pour rembourser le prêt de 100 000 livres fait par la Hollande aux États-Unis.

bre, à New-York, il prit congé de ses officiers, se rendit à Annapolis (Maryland) où le congrès se trouvait alors en session, résigna, le 23 décembre, ses fonctions de général en chef, et se retira dans sa propriété de Mont- Vernon.

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