‹ Les États-Unis d'Amérique en 1863Chapitre 21 sur 118 · Voir l’appendice H · texte numérisé non relu

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généraux Harmer ef Saint-Clair. Ia! général Wayne prit sur 1rs tribus une éclatante levancbe et leur donna de si cruelles leçons qu’elles se virent contraintes à implorer la paix. Les hostilités cessèrent en août 1795.

La Révolution française, qui éclata la première année de l’administration de Washington, dut naturellement, à cause de ses principes et de ses effets, faire vibrer une corde sensible aux États-Unis. La France réclama l’assistance de la jeune nation, et la majorité du peuple américain, par suite de ses sympathies pour la Képtiblique française et de sa haine pour l’Angleterre, eût vu avec satisfaction les États-Unis prendre une part active à la lutte engagée au delà de l’.Ulantique. Deux partis politiques se trouvaient déjà en présence : les fédéralistes, qui voulaient maintenir la constitution dans les termes où elle avait été adoptée; et les républicains ou démocrates, qui désiraient y introduire des amendements ayant pour objet de limiter les pouvoirs fédéraux et d’augmenter ceux des États et du ]>euple. Washington, Adams, llamilton et Jay étaient fédéralistes; Jefferson, Madison, Gallatiu et Édouard Livingston avaient pris rang parmi les chefs des républicains. A propos de lu question française, le parti fédéral conseilla une stricte neutralité, tandis que les républicains avouaient hautement leur sympathie pour la République française et leur penchant à lui venir en aide dans sa lutte avec les puissances européennes. L’esprit de parti aigrit considérablement le débat. Et cependant, à la seconde élection présidentielle, Washington réunit runanimité des votes dans tous les collèges électoraux. Adams fut réélu vice-président, par soixante-dix-sept voix, en antagonisme avec George Clinton , le candidat républicain , qui en obtint cinquante.

En avril 1795, le citoyen Genêt arriva en Amérique en (jualité de ministre de la République française. Il

intrigua telloment pour envelopper les États-Unis dans la guerre avec la Grande-Bretagne, que Washington se vit obligé de demander son rappel et son remplacement. .Malgré la modération du pouvoir exécutif, l’esprit de parti, relativement à la question anglo-française, agitait violemment le peuple et le congrès ; dans Tune et l’autre chambre, les opinions se trouvaient à peu près également partages. I>es sentiments d’animosité contre la Grande-Bretagne s’aggravaient par suite de la blâmable conduite du gouvernement anglais qui retenait les forts de l’Ouest, contrairement aux stipulations du traité de 1785, saisissait les bâtiments et pressait les marins américains. .Après s’être vainement plaint de ces injustes |)rocédés, et sincèrement désireux d’éviter la guerre, le président expédia en .Angleteri'e, comme envoyé extraordinaire, John Jay, lequel, en novembre 1705, signa un traité réglant le différend. Ce traité fut considéré par les républicains comme si favorable à l’Angleterre, que le sénat ne le confirma qu’avec la plus extrême difficulté et ipie sa promulgation souleva contre Jay et le président une immense clameur, bientôt éteinte, toutefois. •Après une longue discussion, au cours de laquelle Fisher Ames prononça un discours célèbre, la chambre des représentants, qui renfermait une majorité hostile à l’administration, passa l’acte donnant force de loi au traité par 51 voix contre 48. Ix conflit avec l’Angleterre se trouvait ainsi terminé; mais la ratification du traité causa au gouvernement français un vif mécontentement qu’il manifesta ouvertement en apportant, par des décrets spéciaux, des entraves au commerce américain, en accablant d’outrages M. Pinckney, ministre des États- Unis en France, et, enfin, en ordonnant à ce dernier de (piitler le territoire français.

Parmi les événements importants de l’administration de Washington, il faut citer l’admissinn dans l’Union

des nouveaux ÉUils du Vermont (1791), du Kentucky (1792) et du Tennessee (1796), ainsi que l’insurrection du Whiskey. Cette insurrection, dirigée contre une loi douanière fort impopulaire, mit le désordre en Pennsylvanie, en 1794, et fut énergiquement réprimée par le président qui, dans ce but, appela sous les armes 15 000 soldats de la milice.

Ixirsqu’arriva l’époque de la troisième élection présidentielle, Washington fut vivement sollicité de se présenter de nouveau au choix de la nation ; et il est hors de doute qu’il aurait été réélu à l’unaniinité. Mais il déclina positivement toute prétention à ce sujet, et, en septembre 1790, il adressa au j)euple son « discours d’adieu. •> 11 conjurait ses concitoyens de rester attachés aux principes d’après lesquels il s’était efforcé de régler son administration et qui , selon lui , pouvaient seuls asseoir solidement la liberté et le bonheur des États- Unis.

La vénération dont Washington était universellement l’objet avait, pour ainsi parler, annihilé toute opposition lors des deux élections où sa candidature avait été posée; mais aussitôt qu’il se fut retiré de l’arène politi- (|ue, les deux partis s’attaquèrent avec un acharnement jaloux, sans exemple depuis. Les fédéralistes portaient à la présidence John Adams, et les républicains Thomas Jefferson. premier remporta soixante et onze votes électoraux et fut nommé président, tandis que Jefferson, le second d’après le nombre des votes (il en avait obtenu soixante-huit), fut élu vice- président, aux termes de la constitution. l.es candidats qui, après Adams et Jefferson, avaient obtenu le plus grand nombre de suffrages, furent Thomas Pinckney et Aaron Burr.

Le nouveau président composa ainsi son cabinet : affaires étrangères, Timothée Pickering, du Massachii-

setls; finances, OlivierWalcott, duRliode-Island; guerre, James Mac Henry, du Maryland; justice (attorney general), Charles Lee de la Virginie. Le département ministériel de la marine fut créé en 1 798 et confié à Benjamin Stoddart.

Les relations avec la France continuaient à être tellement tendues, qu’un des premiers actes du président fut de convoquer le congrès en session spéciale ( 1 5 mai 1797). Trois envoyés extraordinaires, C. C. Pinckney, Elhridge Gerry et John Marshall, vinrent en France avec mission de régler toutes les difficultés. Le gouvernement français refusa de les recevoir. Il ordonna même aux fédéralistes Pinckney et Marshall de quitter la France, et n’autori.sa la résidence de Gerry que parce qu’il était républicain.

I.’insulte faite à ces deux envoyés souleva aux États- Unis une indignation générale, et le congrès se prépara à une guerre. 11 augmenta les cadres de l’armée et de la marine, et nomma Washington général en chef, avec le' rang de lieutenant général. Les hostilités commencèrent sur l’Océan; la frégate des États-Unis Constellation captura une fré.gate française de la station des Indes occidentales, et, un peu plus tard, en désempara une autre, après un combat de cinq heures. Les énergiques mesures prises par les États-Unis ne furent pas sans effet; le gouvernement français fit faire au président des ouvertures relatives à une reprise des négociations, et un ambassadeur fut envoyé en France. Sur ces entrefaites. Napoléon BonaparU^ prit les rênes du pouvoir, ce qui activa la conclusion de la paix. Elle fut signée le 30 septembre 1800, et les deux pays reprirent leurs relations amicales.

Pendant ce conflit avec la France, le congrès passa deux lois, l’une contre les étrangers et l’autre contre la sédition, üi première autorisait le président à c\-

puiser les étrangers convaincus de conspirer contre la paix des États-Unis; la seconde établissait des restrictions à la liberté de discussion et à la liberté de la presse. Pour appuyer la loi des étrangers, on fit valoir que le pays fourmillait d’émissaires français et anglais, ayant pour mission d’entraîner les États-Unis dans les querelles européennes ; l’excuse, pour la loi de sédition, fut l’incontestable licence de la |)rcsse qui, à cette éjio- (jue, était presque tout entière dirigée par des réfugiés et des aventuriers anglais et irlandais. Quoi qu’il en fût, ces lois ne satisfirent pas l’opiMion; on les incrimina amèrement, comme constituant des mesures aussi brutales qu’inconstitutionnelles. Elles contribuèrent grandement à dépopulariser l’administration de M. Adams, surtout dans le .Sud et dans l’Ouest , et à assurer le triomphe des républicains, lors de la procliaine élection présidentielle. Jefferson et Burr, candidats de ce parti, obtinrent chacun soixante-treize votes, tandis (jue ^I. Adams, qui se présentait de nouveau, n’en eut que soixante-cinq. Par suite de l’égalité des suffrages accordés à Jefferson et à Burr, l’élection échut à la chambre des représentants; au trente-sixième tour de scrutin, Jefferson fut choisi pour président et Burr pour viceprésident.

Ce ballottage eut pour résultat un amendement à la constitution. L’article de la constitution relatif à l’élection du président et du vice-président décidait qu’il serait voté pour deux personnes devant remplir ees deux charges, et que celle qui recueillerait le nombre de votes le plus élevé obtiendrait la présidence. Cet article fut remplacé par un autre ordonnant aux électeurs de désigner spécialement leurs candidats soit à la présidence, soit à la vice-présidence. Cet amendement forme le douzième article des amendements à la constitution. Il fut ratifié le 25 septembre 180 V, après avoir été approuvé

pur tous les États, à l’exception du Massachusetts, du Connecticut et du Delaware'.

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