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CHAPITRE III

Télégraphes.

L’honneur de l’invention du télégraphe électro-magnétique et chimique, transmettant des caractères écrits, revient à un Américain. Le professeur J. F. B. Morse, artiste peintre, naquit dans l’Etat de Massachusetts le 27 avril 1791. C’est en 1835, à New-York, qu’il exposa le premier télégraphe à impression qui eût jamais été construit. En 1 838, il s’adressa au Congrès pour solliciter le concours du gouvernement à l’oITet de construire, comme essai, une ligne télégraphique de Washington à Baltimore.

En 1 843, le Congrès alloua une somme de 30 000 dollars (150 000 francs) pour l’exécution do ce projet, et en 1844, le message du président fut transmis à Baltimore par le télégraphe électro-magnétique. Cette précieuse invention n’a pas tardé à être appréciée comme elle le mérite, et pendant ces dix-huit dernières années, des lignes ont été établies, sur le même principe, aux États-Unis, dans diverses parties de l’Amérique du Sud et dans presque tous les pays de l’hémisphère oriental. Les souverains et les gouvernements de l’Europe se sont montrés très-généreux envers le professeur

Morse, qu’ils ont comblé d’honneurs. En 1848, il a n*çu (lu sultan de la Turquie la décoration du Nishan- Iftichar en diamants; du roi de Prusse, du roi de Wurtemberfietde l’empereur d’Autriche, des médailles d’or rémunératrices du mérite scientifique; celle que lui donna le premier de ces princes était enchâssée dans une tabatière en or massif. L’empereur des Frant;ai8 le nomma, en 1856, chevalier de la Légion d'honneur; le roi de Danemark, en 1857, chevalier de Dannehrog; et la reine d’Espagne, en 1858, commandeur de l’onlre d’Isabelle la Catholique. Il est, en outre, membre d’un grand nombre de sociétés savantes d’Europe et d’Amérique. L’hommage le plus récent et le plus distingué qui lui ait été rendu consiste dans le don honorifique qui lui a été fait par plusieurs gouvernements européens, dont les représentants se sont réunis à Paris, d’après le vœu émis par l’emfiereur actuel des Fran(;ais, pour s’entendre sur le meilleur moyen de donner a l’inventeur un témoignage d’estime collectif. Dix États, la France, la Russie, la Suède, la Belgique, la Hollande, l’.Vutriche, la Sardaigne, la Toscane, le Saint-Siège et la Turquie s’étaient fait représenter à ces conférences, qui ont duré deux jours etontahouti au vote d’une somme de 400 000 francs en faveur de M. Morse, comme récompense honorifique et personnelle de ses utiles travaux.

En 1862, il y avait aux États-Unis environ 50 compagnies et de 50 à 60000 milles (de 80 à 90000 kilom.) de télégraphes, sans compter les nombreuses lignes construites pour l’usage particulier des armées, et dont la longueur et l’importance varient suivant les besoins de la guerre. Presque tous les chemins de fer sont accompagnés d’une ligne parallèle, d’où rayonnent de petites lignes laUirales. Les principales compagnies sont la « Magnétique, » entre Washington et la Nouvelle-Orléans ; la Compagnie de l’Ohio à la Nouvelle-Orkians ; —

de l’Ohio au Mississipi ; — de Cleveland à Cincinnati ; — de Pittsburg à Louisville par Cincinnati ; — de l’océan Atlantique à' l’Ohio, allant de Philadelphie à Pittsburg; — la Compagnie américaine, dont la ligne s’étend de New-York à Boston ; — celle du Maine, etc. ; — celle de New-York à BufTalo ; — du lac Erie à Saint-Louis par Chicago ; — de Boston au Vermont ; — de Chicago à Milwaukie; — de Saint-I>ouis et du Missouri, etc.

Le prix de revient des lignes télégraphiques américaines est de 00 dollars (450 francs) à 110 dollars (550 francs) par mille (1609 mètres).

Voici quel est le tarif du service télégraphique entre les principaux points pour dix mots; il est alloué dix mots en sus pour l’adresse et la signature.

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