VICTORIA, B. C
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rés auprès du gouvcrncnipnt du Texas, pour qu'il refuse l'annexion.
Elle lui offre un traité de commerce avantageux ; elle s'engage à payer sa dette; elle garantit son indépendance contre le Mexique; elle se réconcilie avec resclavage qu'elle avait cherché à y abolir, et promet de le respecter.
Quelque séduisantes que soient les offres de l'Angleterre, le Texas les rejetera ; le Texas est une colonie des Étals-Unis d'Amérique, parlant la nicmc langue, ayant les mêmes mœurs, les mêmes institutions, les mêmes intérêts ; et après avoir deux fois demandé à l'Union de le recevoir, ce n'est pas au moment où elle l'appelle, qu'il refusera d'y entrer.
La Chambre des représentants avait résolu que la convention provisoire de 18i8, entre les Étals-Unis cl l'Angleterre, serait dénoncée, et que l'Orégon serait occupé dans un an.
Le Sénat a ajourné la question; mais, dans la session qui aura lieu en décembre prochain, le parti démocratique, renforcé par les dernières élections, aura la majorité dans le Sénat, qui, probablement , adoptera la résolution de la Chambre des représentants (1).
(1) Une seule considération pourrait déterminer le Sénat à persister dans son ajournement , c'est que , dans ces dernières années,
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Le présiden», M. Polk, n'a pas craint d'en donner l'assurance à son pays :
« Je regarde, a-l-il dit, comme un devoir de proclamer cl de maintenir, par toutes les voies constitutionnelles, les droits des États-Unis sur cette portion du territoire, qui s'étend au-delà des Montagnes- Rocheuses.
» Notre titre au pays de rOrégonestclatV et incontestable, et déjà nos citoyens se préparent à mettre leur sceau à ce titre, en allant occuper ce pays avec leurs fennnes et leurs enfants. »
En présence d'une politique aussi décidée, que fera l'Angleterre?
Se résignera t-ellc à l'annexion du Texas, qui va donner à l'Union 200 lieues de côtes sur le golfe du Mexique?
Soulfrira-t-elle l'occupation exclusive de l'Orégon, qui ouvrirait à l'Union une issue sur la Mer-Paci- (ique, la mettrait en rapport avec les îles Sandwich, la rapprocherait des possessions anglaises de l'Océanie, de l'Inde, de la Chine?
L'Angleterre déclarera-t-elle la guerre aux États- Unis d'Amérique?
le statu (jno profite aux États-Unis ; les émigrations pour l'Orégon se multiplient au point que bientôt l'Orégon va se trouver habité, possédé de fait par une population américaine , ce qui do.'t exercer une ioflucnce décisive sur la question de droit.
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On pourrait le croire en lisant la séance du Parlement r.nglais du 4 avril.
Lord Aberdeen a dit dans la Chambre des lords : « Tous les efforts seront faits pour terminer la question de rOrégon d'une manière satisfaisante ; mais s'il en était autrement, nous avons des droits 2)ar/aitement défims, et avec la bénédiction do Dieu et l'appui de vos seigneuries, nous sommes tout disposés
à défendre ces droits. »
Le langage de sir R. Peel, dans la Chambre des communes, n'a pas été moins explicite.
Sir R. Peel exprime le regret que le nouveau président ait cru devoir, contre l'usage, reproduire le langage qu'il a tenu. Le ton et la nature de l'adresse sont, suivant lui, regrettables; sir R. Peel ajoute : « J'espère encore que les négociations, malgré ce langage insolite, seront suivies d'un favorable résultat; mais (ici la voix de l'orateur est émue) l'Angleterre a des droits, et si ces droits sont violés, le Gouvernement est bien décidé et préparé ii les soutenir. (Des applaudissements éclatent dans toutes les parties de la salle.)
Si, comme nous le pensons, les États-Unis d'Amérique ne se laissent pas intimider par les menaces de l'Angleterre, si l'Angleterre réalise ses menaces et que la guerre éclate, que fera la France ?
Pourra-t-elle conserver sa neutralité?
S'alliera-t-elie aux États-Unis ou à l'Angleterre?
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Si le ministère voulait se prononcer en faveur de l'alliance anglaise contre les Étals-Unis , la France ne le souffrirait pas.
La France et les États-Unis ont un intérêt commun dans la question du Texas : la conservation du travail et de la production dans les îles et sur h; continent d'Amérique.
L'Angleterre, tout le monde le sait, veut l'émancipation immédiate des noirs en Vmérique^, non par amour des noirs, mais pour détruire le travail, pour que la production des denrées tropicales soit transférée de r Amérique, où l' Angleterre rencontre comme rivaux, la France, l'Espagne, le Brésil et les Étals- Unis, dans l'Inde où l'Angleterre régne sans partage.
Le ministère a porté complaisamment devant les Chambres un projet de loi, afin de précipiter l'émancipation des noirs de nos colonies. Si ce projet, que les sociétés abolitionistes anglaises et lord Aberdeen désirent à ce point, qu'ils paraissent disposés à lui sacrifier le droit de visile( l), était voté, l'Angleterreaurait fait un grand pas vers son but : la ruine des colonies françaises; elle s'appuierait bientôt de l'exemple de la France pour entraîner l'Espagne et le Brésil, et parviendrait ainsi à isoler et à afl'aiblir les États-Unis.
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(J) Voir l'adresse de M. Clarkson du ï mars et la réponse do lord Aberdeen du 21, transmise par son sous -secrétaire d'État , vicomte Canning.
Espérons que nos Chambres rejetèrent un projet de loi d'origine anglaise, servant les intérêts de l'Angleterre, funeste aux intérêts de la France, menaçant pour les intérêts de nos alliés naturels, l'Espaf^ne et les États-Unis.
Les nouveaux documents que je publie, sont :
1° Une statistique des États-Unis d'Amérique, tirée des sources olficielles les plus récentes}
2° Trois dépêches de M. Upshur, ancien ministre des affaires étrangères des États-Unis, sur l'annexion du Texas ;
3° Un rapport d'un Comité militaire de la Chambre des représentants, sur l'Orégon;
4° Un rapport du ministre de la guerre au président, du 30 novembre 1844.
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DOCIIIEIITS AIIRICMNS.
TROISIEME SÉRIE
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