CHAPITRE X
Caractère général. — Cet État se distingue par la rudesse de son sol , l'âpreté de son climat , et par l'esprit indépendant et l'intelligence de ses habitants.
Montagne* — Les montagnes Vertes, qui traversent l'État du nord au sud , sont la continuation de la grande chaîne orientale des Alleghanys connue sous le nom de montagnes Bleues. Dans le centre, elles se séparent en deux chaînes , l'une qui
court au nord-est vers le Canada, et l'autre qui se dirige au nord , où elle s'abaisse et se perd vers la frontière de l'Etat. Les montagnes Vertes s'étendent sur une largeur de 1 à 4 5 milles, et sont fréquemment entrecoupées de vallées. Elles tirent leur nom de la verdure perpétuelle des arbustes qui les couvrent. Leurs points les plus élevés sont : la montagne de Mansfield avec deux sommets, le Menton (Chin) et le Nez (Nose), 4,279 feet au-dessus du niveau de la mer ; le Camels Rump ( dos de chameau), 4,4 88 fect; le pie de Killington, 3,675 feet. Àscutney mountain forme un pic isolé près de Windsor; il a 3,320 feet de haut et un lac considérable à son sommet.
Fientes et rivières. — Le Connecticut sert de frontière orientale au Vermont. Tous les cours d'eau qui coulent dans l'intérieur de l'État sont de peu d'étendue, et descendent tous des montagnes Vertes. Les principaux sont la White river (rivière Blanche) et le Passumpsic, qui se jettent dans le Connecticut ; et le Missisque, ïe Lamoile, YOnion et YOtter (la Loutre), qui se jettent dans le lac Champlain.
Sources minérales. — Il y a dans cet Etat plusieurs sources minérales sulfureuses et ferrugineuses qui sont visitées par les malades.
Cataractes. — Bellows falls est une cataracte remarquable, ou plutôt un rapide du Connecticut, à 5 milles au-dessus de Westminster. Un large rocher divise le courant en deux lits, chacun d'environ 90 feet dans leur plus grande largeur. Lorsque les eaux sont basses, le lit de l'est apparaît traversé par un banc de rochers solides, et le courant tout entier se précipite dans le lit de l'ouest, où il est resserré dans une largeur de 4 6 pieds. Il y a plusieurs chutes l'une sur l'autre dans l'espace d'un demimille. La descente du fleuve dans cet endroit est de 42 feet. On y a établi plusieurs factoreries.
Lacs. — Le plus considérable est le lac Champlain, situé
entre les États de New-York et de Vermont. Il s'étend depuis White-Hall, un peu au-dessous des limites du Canada, sur une longueur de 420 milles, une largeur de 4 à 45 milles et une surface de 600 milles carrés. Il est navigable pour les navires des plus grandes dimensions , mais la navigation s'y fait sur des bâtiments de 4 00 tonneaux. Ce lac est ordinairement gelé l'hiver, et Ton y passe sur la glace pendant plusieurs mois. On y pêche en abondance des saumons, des esturgeons, des truites, des brochets, etc. Il reçoit les eaux du lac George, et se décharge lui-même, par la rivière Saint-John ou Sorelle, dans le Saint-Laurent. Ses rives sont parsemées de diverses villes et de beaucoup de jolis villages. Le lac Memphremagog s'étend sur une longueur de 27 milles ; il se trouve presque tout entier dans le Canada est.
Ile». — H y a environ cinquante îles dans le lac Champlain. Les principales sont North-Hero, South-Hero et la Motte.
Climat. — Il est changeant , mais sain. Le thermomètre Fahrenheit y varie de 25 degrés au-dessous de zéro à 90 degrés au-dessus. L'hiver y dure depuis le commencement de décembre jusqu'à la fin de mars. En avril et en mai, le temps est doux et entremêlé de grosses pluies. En été, la chaleur du jour est quelquefois excessive ; mais les nuits y sont toujours fraîches. Les gelées y commencent en septembre , et la neige y tombe en novembre. On y peut utiliser les traîneaux pendant trois ou quatre mois chaque année.
Sol. — Le sol , excepté dans les montagnes, est généralement riche et gras. On trouve le long des rivières des terrains qui ne sont composés que de dépôts noirâtres et profonds apportés par le fleuve. Ces terrains produisent abondamment des grains, de l'herbe et des légumes. Les montagnes et les hauteurs fournissent d'excellents pâturages pour les bêtes à cornes. Le terrain est meilleur en prairies qu'en labours. Les sources et
ruisseaux y sont nombreux , et toutes les parties de l'Etat sont fournies d'eau courante.
Animaux Indigène»* — L'ours, le lynx du Canada, le chat sauvage et l'orignal apparaissent quelquefois dans les parties les plus septentrionales de l'État , mais ils ont été presque complètement détruits partout.
JHInéraux. — Le fer y est abondant ; on trouve aussi eu quelques endroits du plomb, du zinc et du cuivre. Les pyrites au sulfure de fer, dont on fait de la couperose verte ( sulfate de 1er), se rencontrent à Strafford et à Shrewsbury. On trouve en abondance des marbres de bonne qualité en différents points, comme à Middlebury , Swanton et Bennington. Il y a prés de Burlington un lit de terre de porcelaine. On trouve de la pierre à aiguiser et de l'ardoise à Burlington.
Aspect du pays, — La surface du pays est généralement inégale et variée. Le terrain est en pente depuis les montagnes Yertes jusqu'au Connecticut et au lac Champlain. Il y a beaucoup de petites plaines sur les deux rives du cours d'eau.
Divisions* — Cet État est divisé en 4 4 comtés et beaucoup de villes.
Villes principales. — Montpellier, capitale de l'État, est située dans le comté de Washington, vers le centre du Vermont. Elle, contient la maison d'État (State home), un palais de justice, une prison, une académie., une banque, etc. Elle est placée au confluent des deux principales branches de l'union. — Burlington est située sur le lac Champlain, près de l'embouchure de l'union. C'est la principale place de commerce des bords du lac, et un port d'entrée pour les navires, Cette ville est le siège de l'université du Vermont, et elle a un palais de justice. — Middlebury, située sur l'Otter creek, ppssède un collège, un tribunal, etc. — Bennington, vers l'angle sud-ouest de l'Etat, est connue pour la victoire qu'y remporta le général Stark sur
les troupes anglaises, le 16 août 4777. — Rutland, dans le comté du même nom , est agréablement située sur l'Otter creek et près de sa source. Cette ville contient les édifices publics du comté, etc. — Brattleborough , renommée pour ses beaux environs, sur le Gonnecticut, vers l'angle sud-est de l'État, est une grande ville , croissant rapidement. — Windsor est une belle ville sur le Gonnecticut.
Canaux et chemina de fer. — Il ya nombre de petits canaux le long (Ju Gonnecticut. Ghemins de fer : 380 milles finis ; en construction, 59 milles.
Agriculture. — L'agriculture et le pâturage sont la principale industrie. Le froment, le maïs, le seigle, l'avoine, etc., y sont cultivés. On y trouve aussi abondamment de la viande de bœuf, du beurre et du fromage. La laine y est un produit principal , et le sucre d'érable s'y récolte en quantités considérables. Bêtes à cornes, moutons et cbevaux y abondent.
Commerce. — L'État ne touche pas à la mer ; mais le lac Champlain offre des facilités pour le commerce entre le Vermont, le New-York et le Canada. On exporte un grand nombre de chevaux, bœufs et moutons. Le fer, le sucre d'érable, les cendres de perlasse et de potasse ; le bois de construction , le marbre, le bœuf, le porc et le fromage figurent dans les exportations.
Manufactures. — Elles ne sont pas très étendues ; cependant le fer, le coton et la laine sont travaillés dans une certaine mesure. Le Un et la laine sont manufacturés dans l'intérieur des familles. On fait de la couperose à Strafford, dans le Shrewsbury.
Education. — H y a des écoles communes dans toutes les villes et un grand nombre d'autres institutions pour l'éducation. Il y a des collèges à Middlebury et à Burlington, et une université à Norwich. On prétend que la moyenne, de l'éducation gênéraie est plus élevée dans le Vermont que dans aucun autre Etat.
Dette. — Dépenses. — Cet État n'a pas de dette pu-
blique. Les dépenses annuelles du gouvernement sont d'environ 400,000 dollars.
Statistiques diverses. — En 4 850, cet État possédait 56,327 habitations; 58,475 familles; 459,374 hommes, 4 53,528 femmes de population blanche; 366 hommes et 343 femmes de couleur ; 29,687 fermes en culture, et 4 ,835 établissements manufacturiers , produisant plus de 500 dollars par an. Il y a 27 banques, au capital total de 2,225,000 dollars.
Histoire. — Annales. — Le Verment fut d'abord exploré par les Français du Canada ; mais le premier établissement y fut fondé au fort Dummer par une émigration venue du Massachusetts. La juridiction de ce territoire resta en discussion pendant un grand nombre d'années. De 4744 à 4764, le New- Hampshire la réclama et en céda diverses circonscriptions ( townships ) b des propriétaires. Le New-York la réclama également , et obtint gain de cause dans le parlement anglais en 4764. Ces réclamations opposées amenèrent de grandes difficultés. Au commencement de la guerre révolutionnaire, le congrès n'osa pas admettre le Vermont dans là confédération , de peur d'offenser le New-Hampshire et le New-York ; mais les habitants étaient déterminés à rester indépendants ; les Anglais, de leur côté, espéraient parvenir à les détacher de la cause américaine. Le Vermont eut un rôle difficile à remplir ; mais les hommes habiles qui le dirigeaient cherchèrent à tranquilliser les Anglais pendant que la colonie fournissait des secours à la révolution. C'est ainsi qu'ils se préservèrent d'une attaque. En 4790, New- York consentit, moyennant une somme de 30,000 dollars, à renoncer à ses prétentions, et en 4794 le Vermont fut admis dans l'Union.
Bataille de Bcnnlngtèn. — En 4778, au moment où le général anglais I>urgoyne marchait du Canada au sud avec son armée de 6,000 hommes, il se trouva, en arrivant au fort
Edouard , en grande détresse, faute de vivres. Il envoya le colonel Baum avec 500 soldats hessois pour s'emparer des provisions que les Américains avaient réunies à Bennington, à 35 milles au sud-est du fort Edouard. Ils furent rencontrés par le colonel Stark et un régiment de la milice du New-Hampshire. Un combat acharné s'engagea, dans lequel les Hessois furent entièrement défaits. Cette bataille de Bennington eut lieu le \ 6 et le M août. Elle gêna considérablement les opérations de Burgoyne, et fut une des principales causes de sa défaite et. de sa soumission au mois d'octobre suivant.
Étendue, 7,800 milles carres.
Population, 994,499 habitants.
Population par mille carré, 127.