CHAPITRE XXXI
Caractère général du paya. — C'est un nouvel État, sous un beau climat et d'une faible population.
Montagnes. — La chaîne de YOsark traverse le nord-ouest de l'État, où elle reçoit le nom de montagnes Noires. Toute la chaîne est aussi quelquefois appelée Masseme motmtains, quoique
ce terme s'applique surtout à un embranchement qui s'étend à l'est vers le Missouri. Ces montagnes ont été très peu explorées ; on croit cependant que quelques unes ont jusqu'à 2,000 feet. Vers le sud-ouest de l'État, s'élève une hauteur détachée nommée le nwnt Prairie.
Vallées. — Cet État en renferme plusieurs d'une grande beauté, entre autres celles où coulent l'Arkansas et la Washita.
Fleuves et rivières. — L'Arkansas , un des principaux affluents du Mississipi , traverse cet État du nord-ouest au sudest. Sorti des montagnes Rocheuses, il court au sud-est et va se jeter dans le Mississipi, à 400 milles au-dessus du confluent de la rivière Rouge. L'Arkansas est remarquable pour la régularité de ses courbes et la beauté de ses jeunes bois de peupliers ( cotoiwooods) qui couronnent les hauteurs voisines de son cours. Dans les hautes eaux du printemps, les steamboats peuvent le remonter presque jusqu'aux montagnes. La rivière Blanche (White river) prend sa source dans les montagnes Noires, qui séparent ses eaux de celles de l'Arkansas. Elle coule à l'est et reçoit la rivière Noire ( Black river ) ; au-dessous de ce confluent, elle coule au sud et se sépare en deux branches près du ternie de sa course, et partage ses eaux entre l ? Arkansas et le Mississipi. La Washita est une superbe rivière qui arrose une belle et fertile région. Le Cache, le Saint-Francis et le Saint- Barthoîomew ne sont que de petits cours d'eau. La rivière Rouge (Red river) traverse; l'angle sud-ouest de cet Etat ; elle y est obstruée par des rafts, ou accumulations de bois flotté et d'arbres tombés.
• Prairies, *— Une grande partie de la surface de cet État se compose de prairies. L'une d'entre elles n'a pas moins de 90 milles de longueur.
Sources minérales. — A soixante milles au nord de la ville de Little-Rock, on trouve des sources chaudes très fréquentées.
Il existe aussi dans TArkansas des sources sulfureuses et ferrugineuses utiles dans certaines maladies.
Prorftiitft végétait*. — Tous les arbres forestiers des États de l'ouest croissent dans TArkansas. Le hêtre y abonde; les bûttomè s'y couvrent de beaux bois de charpente ; sur plusieurs points, les hauteurs sont couronnées de cèdres rouges et de genévriersHMtbines. Les raisins, les airelles (whortle4ferfie»)y sont excellents et abondants. Le coton fleurit dans la partie méridionale, et les céréales prospèrent dans le nord.
AnhnauXé — Les animaux sauvages pullulent dans cet État Un y trouve le daim , l'élan , la loutre, le blaireau , le castor, le lapin, le gaufre, leraccoon,le chat sauvage, le cbuguar, le loup, Tours ; les oies et les dindons sauvages , la caille , les grues, les canards, etc. Le buffle commence à y devenir rare.
Minéraux. — Le minerai de fer, le gypse, le calcaire, l'anthracite et la houille paraissent abonder dans TArkansas. Il y a une carrière de schiste huileux près de la Washita. On trouve du sel dans la région salée qui s'étend du nord au sud de TÉtat. Il est telle prairie qui se couvre, l'espace de plusieurs milles, d'une couche de sel cristallisé de 5 ou 6 incheê de profondeur. On rencontre aussi dans cet État de vastes amas de coquilles marines, que Ton brûle pour en faire de la chaux.
Climat. — Il est variable. Au nord, il ressemble à celui du Missouri , et au sud k celui de la Louisiane. Les rives de TArkansas sont malsaines jusqu'à la hauteur de Little-Rock, parce que de vastes terrains sur les deux côtés sont couverts de lacs dormants et de stagnants bayous ou canaux de communication entre les divers lits de la rivière. Le pays çn cet endroit est complètement plat, et les eaux des grandes pluies, qui durent quelquefois plusieurs semaines , ne peuvent s'écouler ni être absorbées. Les pays de prairies sont plus sains, et la région élevée du nord-est est très salubre. Dans les bottoms boisés, Tair^est lourd
et renfermé, et les mousquites sont extrêmement importuns. Sol. — Il y en a de toutes les qualités, depuis le meilleur jusqu'au plus stérile. Les rives de la rivière Blanche, du Saint- François et de la Washita sont d'une rare fécondité ; mais le sol des prairies est généralement peu fertile. Les terres improductives forment une partie considérable de cet État.
Aspect du pays* — A quelque distance des deux côtés de l'Arkansas et de la rivière Blanche, est un vaste marais bien boisé et profondément inondé. Les bords du Mississipi forment également une forêt inondée presque continue. Dans l'intérieur, de vastes plaines ou prairies et de stériles monticules couvrent une étendue considérable de pays.
Agriculture. — Le coton est la principale culture, mais il ne réussit pas toujours dans le nord de l'État. Le seigle et l'orge prospèrent partout. Le froment vient bien dans le haut pays, le maïs et les patates dans les terres riches. Les pêches y sont excellentes et abondantes , mais les figues n'y mûrissent qu'avec difficulté. Le pays est très propre à l'élève des bêtes à cornes. Divisions. — L'Arkansas comprend e Aviron 50 comtés. Les villes n'y sont ni grandes ni nombreuses.
Manufactures. — Elles ont peu d'extension , mais elles sont en voie de progrès. Les manufactures domestiques sont considérables.
Commerce. — 11 est presque uniquement borné à l'exportation des produits agricoles à la Nouvelle-Orléans ; mais l'État est heureusement placé pour le commerce, et les affaires y vont augmentant.
Statistique» diverses. — En 4 850, l'Arkansas renfermait 28,252 habitations; 28,416 familles; 85,699 hommes, et 76,369 femmes de race blanche ; 34 8 hommes et 274 femmes de couleur,' libres ; 46,982 esclaves; 47,758 fermes en culture, et 274 manufactures produisant au-dessus de 500 dollars par an.
Education* — L'État est trop nouveau pour que les habitants aient pu apporter une grande attention à cette question importante. Il possède cependant un certain nombre d'académies et d'écoles élémentaires.
Dette. — La dette de l'Arkansas est de 4 ,506,562 dollars. Les dépenses annuelles du gouvernement s'élèvent à 35,000 dollars.
Habitants. — Ce sont en majorité des émigrants des États de l'ouest et du sud ; on y rencontre aussi un certain nombre de descendants des anciens colons français. Les esclaves constituent environ un cinquième de la population.
Villes principales. — Little-Rock (petit rocher), sur la rive sud de l'Arkansas, à 300 milles de son confluent, est le siège du gouvernement. Elle est située sur un morne, près de 200 feet au-dessus de la rivière ; ses rues sont régulièrement alignées. Elle n'a été commencée qu'en 4820. Population en 4850: 4,438 habitants. Ârkansas est un ancien établissement français ; il est habité presque uniquement par les descendants des colons français et par les Indiens. Columbia et Helena, sur le Mississipi ; Batesville , sur White river, FayeUeville , dans le nord-ouest de l'État, et Hutton , sur la rivière Rouge, sont des places considérables et en progrès.
Histoire. — Le territoire de l'Arkansas semble avoir été occupé d'abord par de populeuses tribus d'Indiens, qui y étaient attirées par l'abondance du gibier. Les premiers blancs qui l'aient visité furent des Espagnols sous la conduite de Soto, qui remonta et redescendit le Mississipi en 4544 . Les Français y firent quelques établissements peu après l'époque où ils occupèrent le pays inférieur. Les Indiens ont continué à habiter l'Arkansas jusqu'à une époque très rapprochée. On les a fait refluer dans le territoire indien qui forme la frontière ouest de cet État. L'Arkansas était compris dans l'achat de la Louisiane. 11 fut érigé en territoire séparé en 4 842 , et admis dans l'Union en 4 836.