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CHAPITRE NEUVIÈME

demandée, celle-ci fit un Pacte de gouvernement, d'autant plus remarquable dit un historien, qu'il est peut-être le premier exemple « d’une constitution faite Par un peuple dans toute son indépendance, ne reconnaissant aucune autorité étrangère et créant du premier coup une république quasi démocratique (1)». Les habitants ne niaient point la suprématie de l'Angleterre : ils ne l’affirmaient pas davantage.

Ce pacte, intervenu le 14 janvier 1630, reproduit, en grande partie, la constitution de la colonie-mère du Massachusetts, avec cette différence qu'il suffit, Pour devenir citoyen dans la nouvelle plantation, d’être résidant de bonnes vie et mœurs, quoiqu'il soit présumable que pour mériter ce titre, il était indispensable d'obtenir l'agrément des autorités religieuses, car le Connecticut était imbu, au même degré que son voisin, des idées puritaines.

C’est ainsi que le Connecticut déclarait que sur toutes les questions de droit où la loi serait muette, les juges s’inspireraient de la parole de Dieu, c'est-à-dire de la Bible: ce qui Consacrait l'influence des e/ders (groupe d'hommes âgés, choisis pour aider le clergyman dans l'exécution de ses devoirs), et ouvrait tellement la porte à l'arbitraire que, dès 1650, l’Assemblée générale était forcée d'accorder aux habitants un ensemble de lois destinées à y mettre fin, et rédigées sur le modèle du code des libertés du Massachusetts.

En 1638, quelques riches marchands de Londres, suivis d’un certain nombre d'émigrés, faisaient voile pour Boston. À leur arrivée, ils trouvèrent la colonie déchirée par le schisme et l’hérésie, et comme ils étaient tous fervents puritains, ils résolurent de planter leur tente dans un endroit qui serait à jamais à l'abri de toute nouveauté religieuse. Sous la direction spirituelle du pasteur Davenport, ils s’établirent à 30 milles au sud-ouest de l'embouchure du Connecticut, au fond de la baie de Quinipiac. Telle fut l'origine du petit établissement de New-Haven (1639), devenu avec le temps la ville la plus florissante du Connecticut. C'est ici que l’on vit apparaître l'esprit de la secte puritaine dans toute sa splen-

(1) Il est question dans l’histoire du Connecticut d'un ensemble de lois draco-

niennes, connues sous le nom de blue laws. On se demande au jourd'hui si ce code a jamais existé ? La plupart des historiens se prononcent Pour la négative.

deur et sa force. En effet les amis de Davenport n'avaient Pas trouvé le Massachusetts assez orthod

Pour bien asseoir la s dans l’acte primordi ÿ

es, qu'il s'agisse de la direction des familles ou de l'Etat ou de matières religieuses et qu'ils se considèrent comme tenus d'établir l’ordre civil le plus Propre à assurer la paix publique, tant pour eux que pour leur postérité, conformément à 1 Cette profession de foi,

Forts de cette affirmatio vel Ê

On donne un cachet mystique à la machine administrative ; sont au nombre de sept, cien Testament, et ils

Poussent, n’est pas accepté parce que la Bible n’en fait pas mention.

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