L'INVASION DU MISSOURI. — SAINT-LOUIS
leur d’environ 1 250 000 dollars. Le président de la commission, M. Yeatman, avait 2000 dollars à dépenser par jour; de toutes parts, de vastes hôpitaux avaient été élevés; la commission avait fondé dans plusieurs villes des soldier's homes, établissements où les soldats en route poui; les armées ou pour leur pays recevaient gratuitement le vivre et le couvert; elle distribuait, par l’intermédiaire des chirurgiens de l’armée, dans les camps et les hôpitaux, des couvertures, des bas, des chemises, des conserves de légumes, du vin, des fruits, des livres, etc., tout ce qui pouvait ajouter au bien-être du soldat. Des caisses arrivaient chaque jour de toutes les parties de l’Union, remplies des objets les plus variés : depuis le Maine jusqu’au Minnesota, de Boston à Saint- Louis, il n’est pas un village qui n’ait envoyé son offrande; mais c’est du Massachusetts que sont venus les secours les plus abondants et les plus précieux. Nonseulement ce petit État a fait des dons plus importants en nature et en argent ; il a donné des chirurgiens, des infirmiers, des infirmières, des institutrices. Le ministre unitaire de San-Francisco, StarrRing, dont la patriotique éloquence a peut-être empêché la Californie de se détacher de l’Union, et qui a obtenu de cet État jusqu’à 300 000 dollars pour les commissions sanitaires de Washington et de Saint-Louis, était de Boston. M. Elliott, ministre unitaire de Saint-Louis, qui, avec un ancien propriétaire d’esclaves du Tennessee, M. Yeatman, était l’âme de la commission de
UN ÉTAT FKONTiÈRÉ.
Saint-Louis, venait également de la Nouvelle-Angleterre. J’ai vu l’une de ses nièces, qui était arrivée à Saint-Louis pour apprendre l’alphabet à des enfants nègres, passer, à l’ùge de vingt ans, toutes ses journées entre les bancs d’une école. Un démocrate s’écriait un jour devant moi avec colère : « La guerre actuelle, c’est la conquête de l’Amérique par le Massachusetts.» Il avait raison, mais cette conquête n’était pas celle de l’épée.
Quand je quittai le Missouri, tout y était confus et et incertain; mais peu de temps après mon départie général Price fut battu par les rudes milices du Kan- S.1S, soutenues par quelques troupes fédérales et par la cavalerie de Stoneman. Au premier échec, l’armée d’invasion, démoralisée par ses propres excès, se fondit en quelque sorte; le général Price n’en ramena que quelques débris dans les solitudes de l’intérieur du continent. Son deuxième appel aux populations du Missouri avait été aussi vain que le premier. Il était venu, disait-il dans ses proclamations, les soustraire à la tyrannie de M. Lincoln et leur donner pour la dernière fois l’occasion de se soulever contre le gouvernement de Washington; mais il n’avait trouvé d’autres recrues que des pillards et des bandits. Le général Rosencranz, malgré la faiblesse qu’il avait montrée, conserva encore son commandement jusqu’à l’élection présidentielle du à novembre, après quoi il lui fut retiré. Le Missouri donna ses voix à M. Lincoln ; du mônnî coup les électeurs choisirent