LUMINEUX
La partie supérieure de ce tableau est établie d'après l'examen des étoiles à l'œil nu ; la partie inférieure, d'acres l'examen télescopique.
Pour nous résumer, nous conclurons que, dans une ma-
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tière aussi vague, on peut retenir comme terme moyen r(ue : Vintensité lumineuse d'une étoile de seconde grandeur est à peu près le quart de celle d'une étoile de prcmii're, <p<e, pour les rapports corrcspo)idants de !<econde, troif<iè)iH\ et suwantcs Jusqu'à la sixième, on peut proidre î'.i'î, et oijln, pour les étoiles télescopiques, ^.îii*.
Au delà de la 9"^ grandeur, les divergences reparaissent, et tandis, par exemple, qu'Hei'schel compte les étoiles visibles dans son télescope jusqu'à la "iO'' grandeur, Struve s'ra*rète seulement î\ la 12"\ bien que la grandeur réelle des objets extrêmes soit la même. Cela dépend de l'habitude que chaque observateur s'est fiiite de juger les objets, et du degré de force que chacun attribue à son instrument.
C'est chose importante, en pareille matière, que de savoir la grandeur limite des étoiles visibles dans un instrument donné, .lohnson établit les proportions suivantes entre les grandeui*s et des ouvertures données de télescopes.
OuverlurosonpouoesaUizlai:? 1 — 2 — 3 — i — S — 9 — 10. Grandeurs limites visibles .. 8.1 — 9.9 — 10.6 — 11.13 — 12.9— 13,2 — 13,4.
Mais l'expérience prouve qu'on peut étendre la visibilité au delà des limites que lixent ces chitïres. De recherches que nous avons ûiites avec notre télescope , qui est égal à celui de Dorpat (0,6 pouces anglais), et auquel nous avons trouvé une puissance peu dilYérente de celle du miroir d'Hei'schel de 18 pouces, il résulterait qu'on peut, avec cet instrument, voir jusqu'à la quinzième grandeur (15,2), c'est-à-dire jusqu'à deux ordres plus loin que les limites assignées par Johnson. On admet en général que les grandeui^s extrêmes d'Hei^chel sont exagérées, et que les grandeurs inférieures, dans son évaluation, ne sont pas rapportées à la même échelle que les grandeure supérieures.
La diflerence qui existe entre le rapport des grandeurs consécutives fixées à l'œil nu et celui des grandeurs télescopiques s'explique, parce que le télescope rendant l'image dans l'œil plus nette que la vision naturelle, augmente beaucoup la visibilité des objets; cela est si vrai qu'une lunette dont l'ouverture est égale à celle de la pupille montre beaucoup plus d'étoiles que l'œil nu et cela malgré l'absorption de lu lumière par le verre, grâce à la netteté plus grande de l'image.
Les astronomes, attachent, en général, peu d'importance à cette matière, parce qu'elle ne rentre pas dans l'astronomie stellaire de précision; néanmoins, pour beaucoup de questions de physique céleste que nous aurons à traiter plus loin, ces recherches ont leur intérêt; aussi nous y arrêterons-nous un peu longuement.
Le soleil étant une étoile, on a cherché le rapport de sa lumière à celle des autres, ce qui nous aide à apprécier l'intensité absolue des lumières stellaircs.
Herschel, comparant a du Centaure avec la pleine lune, trouve le rapport 1 : 27408; or l'intensité de la lumière lunaire et celle de la lumière solaire sont comme 1 est à 801,074, suivant Wollaston. Il s'ensuit que la lumière du soleil et celle de a du Centaure sont entre elles dans le rapport de 21,955,000,000 à 1. Comme on connaît la distance de a du Centure, on calcule que la valeur absolue de son intensité lumineuse est 2,32 fois celle du soleil. Li» lumière de a du Centaure diffère peu de celle d'ArcturuL et de a de la Lyre; elle est 1/4 de celle de Sirius. L'intensité lumineuse de cette dernière étoile, suivant Wollaston,
serait gn Ano 000 ^^*^ ^^^^^ ^" soleil; mais cette évaluation est très-inexacte, car Sirius n'est certainement pas 1000 fois plus lumineux que a du Centaure.
La lumière totale émise par les étoiles du ciel n'est pas si faible qu'on pourrait le supposer au premier abord. Sur une haute montagne et dans un air pur, au bout du temps nécessaire pour dilater la pupille, on peut arriver à lire de gros caractères sans aucune lumière artificielle. Les marins n'aiment pas, la nuit, les lumières artificielles; ils préfèrent rester à la seule clarté des étoiles, qui est suffisante pour toutes leurs manœuvres ; pour lire la boussole, ils se servent d'une lumière faible éclairant par transparence la rose des vents. La clarté générale du ciel comprend celles provenant de la voie lactée et de la lumière zodiacale ; elle est souvent renforcée par une faible aurore boréale, ce qui rend difficile de distinguer la part qui revient aux étoiles seules. Quand la voie lactée se lève à l'horizon au cap de Bonne-Espérance, elle se manifeste par la lueur qu'elle projette sur tout le ciel. Il en est de même sur les hautes montagnes de l'hémisphère austral.
Ce qu'on peut affirmer, c'est que toutes nos lumières artificielles s'effacent bientôt avec la distance devant les étoiles. Un de ces grands feux artificiels blancs, dits feux de Bengale, allumé sur le mont Cavo, à 18 kilomètres de l'Observatoire, paraissait une belle étoile, mais n'arrivait pas à l'éclat de Sirius ; il paraissait bien plus faible encore quand on en examinait le spectre; c'était à peine alors si l'on pouvait l'égaler à Regulus.
Une lumière électrique ordinaire produite par une pile de 50 éléments de grande dimension, vue à la distance de 300 mètres, et projetée sur le ciel à une petite distance de Sirius, était bien loin d'égaler cet astre. Au moyen de quelques calculs un peu hypothétiques, on trouve que cette étoile aunit un éclat intrinsèque à peu près 63 fois plus fort que celui du soleil. Nous verrons dans la suite que d'autres faits
viennent confirmer en grande partie cette curieuse conclusion. On ne pourrait voir les étoiles à de si effroyables distances, si elles n'étaient de vrais soleils d'une énorme puissance lumineuse.
Un très-grand nombre d'étoiles ont des grandeurs variables , les unes périodiquement à court intervalle, les autres à des périodes incertaines. Nous parlerons de celles-ci dans un chapitre séparé. Nous rapporterons, néanmoins, ce fait certainement curieux, que, dans le poëme d'Aratus, l'étoile Véga de la Lyre, qui est cependant si belle, ne se trouve pas mentionnée. Mais, comme Aratus déclare obscure la constellation voisine du Cygne, et trouve la constellation du Bélier difficile à reconnaître, il serait au moins imprudent de conclure à la variabilité de Véga, d'après le silence d'Aratus.
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a; ci)