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Nuovo Chnento de Matteucci, vol. II, Pise

soient moins sensibles. Dans le spectroscope, par conséquent, nous avons deux spectres superposés, l'un dû à la dispersion du prisme, l'autre à la dispersion de l'atmosphère. Il est facile de constater matériellement que, dans une position du prisme, le spectre de l'étoile est plus long, parce que les dispersions s'ajoutent, et que dans la position opposée il est plus court, parce que les dispersions se compensent en partie, étant donné que la dispersion atmosphérique est très-petite par rapport à celle du prisme. Si les deux spectres se mettent à angle droit, ils en donnent un troisième placé en diagonale, comme quand on met deux prismes à angle droit. Seulement, dans ce cas, la diagonale n'est pas rigoureusemeii à 45", parce que les dispersions sont inégales.

De ces faits, il résulte que les ondes lumineuses qu'on voit courir sur le spectre de l'étoile, près de l'horizon, proviennent évidemment des variations qu'éprouve le spectre atmosphérique de l'astre. En effet, les agitations de ce dernier, tantôt long, tantôt court ou interrompu, se combinant avec le spectre constant du prisme, doivent produire en lui des variations d'intensité lumineuse et de teintes, suivant que les couleurs s'ajoutent ou se détruisent.

Il s'ensuit que l'explication de la scintillation se réduit à définir « la cause productrice de l'oscillation des couleurs dans le spectre stellaire atmosphérique ». ' Arago supposait que cette oscillation pouvait provenir de l'interférence des rayons voisins passant à travers des couches d'air d'inégale densité; cette inégalité retardant d'une demi-' onde la marche de l'un des rayons sur l'autre, les ondes d'une certaine longueur interféraient, les autres subsistaient, et l'étoile apparaissait de la couleur complémentaire de celle qui était détruite. Si le rouge était détruit, l'étoile était verte, etc. Cette explication, bien qu'ingénieuse, ne me satis- SEccm. I. — 9

fait pas, parce qu'il est difficile de trouver, dans la marche des ondes aériennes, les conditions délicates de l'interférence des rayons.

M. Montigny a indiqué comme cause les réfractions diftérentes subies par les rayons passant à travers différentes couches d'air. Il a démontré que le spectre qui entre dans l'œil est formé de rayons qui ont traversé différentes colonnes d'air.

Ceci devient manifeste si, comme le faisait Donati, on considère le mécanisme de la vision de l'étoile à travers le prisme atmosphérique. « Un rayon primitivement blanc se décompose, en traversant l'atmosphère, en différents rayons élémentaires diversement colorés et divergeant entre eux; si donc le rayon rouge, par exemple, parvient à l'œil de l'observateur, il n'en sera pas de même du violet, qui, plus réfracté, arrivera plus bas. Le rayon violet qui arrive à l'œil n'appartient donc pas au même rayon blanc qui a donné le rouge, mais à un autre rayon blanc, également émané de l'étoile, mais qui a pénétré dans l'atmosphère en un point plus haut que le premier ' . »

Mossotti ^ est arrivé par le calcul à conclure que les rayons qui donnaient le rouge et le violet extrêmes à 83° 33' de distance zénitale devaient, à leur entrée dans l'atmosphère, être à une distance de S"", 78. Et comme les rayons qui arrivent à l'œil ont parcouru des routes différentes dans l'atmosphère, comme celle-ci, en outre, est loin d'avoir partout la même densité et le même pouvoir réfringent, il n'est pas étonnant que leurs déviations soient différentes et que ces variations de réfraction et de position que nous avons indiquées se produisent.

Pour bien comprendre cette théorie, il est nécessaire de

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