OPHIUCHUS ET LE SERPENT
pour en compléter l'étude générale, à reconnaître les étoiles alignées en ligne sinueuse qui ont donné naissance à la figure du long serpent que ce personnage tient à la main. Ces étoiles ont reçu des lettres indépendantes de celles d'Ophiuchus et ont été traitées comme une constellation spéciale. Les voici, inscrites au tableau suivant, avec les observations d'éclat faites depuis deux mille ans.
PIONGIPALBS ÉT0ILS8 DB LA CONSTILLATIOlf DU 8BRPBNT DBUZ MILLB ANS D*0B8BRVATI0N.
ÉTOILIS -m +960 1490 1500 1008 1660 1700 ISOO 1840 1860 1880
▼ar.
var.
On pourra facilement reconnaître ces étoiles dans le ciel à l'aide de notre /îg. 174. La tête du Serpent, dessinée parle triangle des étoiles p, 7 et X, se trouve au sud de la Couronne boréale. On trouve ensuite, en descendant vers le sud, d, a (accompagné de A), c et f*. Puis, en se dirigeant vers l'est, on passe par les étoiles voisines ^ et c, qui forment la main gauche d'Ophiuchus, et, fort loin à l'est, on trouve v, l et o. Enfin, au delà de deux autres étoiles qui marquent la main droite
d'OphiuchuSi en remontant vers le nord-est, entre les deux branches de la Voie lactée, on trouve la queue du Serpent, dessinée par les étoiles Ç, n et 9. Cette dernière étoile se trouve tout pi*ès de l'Aigle, perpendiculaire à la ligne des trois étoiles de T Aigle et à trois fois la distance de it. On remarquera aussi que près de la tête du Serpent il n'y a pas moins de huit étoiles qui portent la lettre t.
Parmi ces étoiles^ C offre de remarquables fluctuations d'éclat. Actuellement de 4,8, elle n'a été estimée que de 5* 1/2 par Flamsteed, tandis que Tycho-Brahé, Bayer et HévéÛus l'ont not^ de 3*.
Il en est de même de 9, sur une échelle moindre. Elle n'est actuellement que de 4* |, tandis qu'elle était supérieure à la quatrième il y a vingt ans, et de troisième en 1700, 1660, 1603 et 1590.
p a été notée de 3* par Tycho, de 4* par Hipparque ; elle est actuellement de 5*.
La dernière étoile de la liste précédente augmente lentement d'éclat : elle était égale à ses voisines, de 6* grandeur, au temps de Tycho et de Bayer : elle appartient maintenant au cinquième ordre.
On remarquera aussi (dans la tète, entre ^eiy) l'étoile R, qui varie régulièrement de 5^ 7 à 13 dans une période de 359 jours. Le maximum arrive quelquefois à 5, 7, quelquefois à 6, 0, quelquefois seulement à 6,7; le dernier est arrivé le 9 février 1880. — Ajoutons en terminant que cette constellation possède deux autres étoiles variables régulières, S et T; mais celles-ci ne sont jamais visibles à l'œil nu.
Étoiles doubles intéressantes et faciles à observer :
9 : 4* J et 5% à 21''; le plus faible instrument la dédouble. Intéressante à suivre pour savoir si elle varie rapidement : le compagnon, de 5* grandeur, brille à Test et peut servir de point de comparaison. Ce couple est fixe depuis l'an 1755 que nous ne le quittons pas des yeux. C'est néanmoins un système physique, car les deux étoiles qui le composent, tout en restant stationnaires Tune par rapport à l'autre, sont emportées dans l'espace par un mouvement propre commun assez rapide. Cette étoile est au bout de la queue du Serpent, et nous en avons déjà parlé. On peut aussi, pour la trouver, savoir qu'elle est à peu près au milieu de la ligne menée du groupe de 66, 67, 68 et 70 Ophiuchus à Altaîr.
9 : 3* I et 5*, à 3''5. Le compagnon varie, car souvent les deux composantes ont été notées d'égale grandeur. Système orbital en mouvement assez lent : 40* parcourus depuis 98 ans ; la révolution
entière doit demander quelque chose comme neuf siècles pour s'accomplir. Au nord de «^ dans le cou.
V, au nord de m Ophiuchus et ( Serpent : 4,6 et 9, à bi'.
b, à Touest d'une ligne menée de « à [a : 5* et 10*, à i(f.
Pig. 189. — L'étoite double • do Serpent
FIg. 184. " L'étoile donble 8 dn Serpent
Tout près de cette dernière étoile, au nord-ouest, on trouvera une magnifique nébuleuse, ou pour mieux dire un splendide amas d'étoiles, ordinairement classé dans la Balance, et qui porte le n* 5 du Catalogue de Messier (fig . 1 85) . William Herschel y a compté deux cents étoiles, et lord Rosse y a remarqué des branches courbées en spirales. La richesse stellaire est si considérable au centre que Ténu mération devient impossible.
A l'est-nord-est du groupe de 66, 67, 68 et 70 Ophiuchus, entre 72 Ophiuchus et 9 du p,^. ,^^5. Amaa déioue* Serpent, très bel amas, perceptible à l'œil nu. **^ *• ^*-
A observer dans une lunette munie d'un faible oculaire et d'un champ large.
En général, pour chercher dans le ciel les nébuleuses, et même les étoiles, il faut se servir de l'oculaire le plus faible, de l'oculaire terrestre, car rien n'est plus difficile pour les commençants que de faire arriver Taslre désiré dans le champ de l'instrument, à moins qu'il ne s'agisse d'ime étoile de première ou de deuxième grandeur.
L'important est d'abord d'assujettir solidement la lunette sur un pilier ou sur une table qui ne remue pas. Puis, lorsqu'on est arrivé au but, on peut retirer doucement l'oculaire faible pour lui en substituer un plus fort, et il n'y a aucun inconvénient à ce que le second renverse les images quand l'astre est dans le champ ou tout près de lui. Je parle pour les commençants, qui n'ont à leur disposition qu'un faible instrument, car toute lunette un peu forte est munie d'un chercheur^ destiné précisément à résoudre cette difficulté.
Les cartes partielles qui ont été données ici pour chaque constellation permettent de trouver toutes les étoiles et toutes les curiosités célestes signalées dans notre description. Mais il est presque indispensable d'avoir pris soin de procéder exactement comme nous l'avons fait, d'avou* commencé par le nord, et d'avoir reconnu les constellations dans l'ordre où nous les avons étudiées. Les figures les plus importantes pour cette étude générale du ciel sont celles des pages 15, 24, 16, 50 ifig. 28), 65 {fig. 40), 83, 89, 102, 132, 137, 154, 159, 166, 171, 177, 191, 211, 214, 223, 232, 239, 244 et 245. En réunissant ces figures on constitue un atlas complet de cette région du ciel. Ces cartes et ces alignements représentent toute l'étendue située au nord du Zodiaque, et Ton pourra toujours, en les étudiant successivement, et en les appliquant directement à l'examen du ciel, apprendre à reconnaître les constellations qui passent au-dessus de nos tètes. Cependant il y a un avantage considérable à posséder toutes ces constellations réunies sur une même carte, d'abord parce que les exigences du format n'ont pas permis de tout dessiner à la même échelle, ensuite parce que les constellations voisines s'aident mutuellement pour la reconnaissance qu'on en veui faire. Je n'ai donc pas été surpris de voir un grand nombre de lecteurs réclamer une Carte générale du Ciel comme complément de notre description. Mais pour qu'elle rende tous les services qu'on ambitionne, il est nécessaire qu'elle soit très grande, c'est-à-dire d'une étendue fort supérieure au format de cet ouvrage, et construite de telle sorte qu'elle puisse être facilement et rapidement consultée. Cette grande carte uranographique est en préparation, et elle sera publiée à la fin de ce Supplément. Elle contiendra toutes les étoiles de la première à la cinquième grandeur inclusivement, ainsi que les étoiles intéressantes de la sixième, avec les alignements nécessaires et toutes les indications utiles; mais il serait assurément superflu de la surcharger des figures mythologiques, car il importe avant tout d'y faire régner la plus grande clarté possible. Nous n'avons du