LE CANCER. - LA CRÈCHE
la plus intéressante de la constellation) en prolongeant la ligne de Castor à PoUux d'un peu plus de deux fois sa longueur {voy. la fig. 239). L'étoile « brille fort au delà, en tournant au sud-est. En remontant vers le nord, à partir de «, comme si l'on voulait revenir ensuite vers les Gémeaux, on remarque ^ et y, qui sont, comme «, de 4* grandeur. C'est entre ces deux étoiles que palpite d'un faible éclat l'amas de la Crèche, perceptible & I'cbU nu.
Cette dénomination de la Crèc/ie a un aspect d'origine chrétienne; mais ce n'est là qu'un aspect trompeur, car elle est fort antérieure au christianisme. On Ut dans Pline TAnclen ; t Sunt in signa Cancri duaB stellas parvœ, aselfi appellatas, exiguum înter îllas spatium... nubôcula quam prœsepia appellant, » Il y a dans le signe du Cancer deux petites étoiles nommées les Anes; elles sont séparées par un petit espace où se trouve une nébuleuse que Ton appelle les Crèches. Pline dit les Crèches, au pluriel ; mais dès son temps on disait généralement ff prmepe b, au singulier : la Crèche. D'après cette vieille tradition les deux Anes seraient, comme on le voit, les étoiles y et 3. — C'est une nouvelle preuve que nos ancêtres, à Timagination primesautière, n'étaient pas^très exigeants pour les analogies ou les vagues ressemblances indiquées dans les aspects célestes. Les Arabes l'appelaient aussi al-malaf, a le sac à fourrage que Ton pend au cou de la bête ». Les Anglais l'appellent encore Bee-hive, i Tessaim d*abeilles s.
Les anciens donnaient une grande attention à cette nébuleuse, comme aux Pléiades et aux Hyades. Aratus et Théophraste rappor* tent que son affaiblissement et sa disparition étaient regardésj comme un signe météorologique annonçant 1 arrivée prochaine de la pluie.
Aucune vue humaine ne peut séparer les étoiles qui composent cet amas ; la lumière de chacune d elles (les principales sont de 6* 1/2 et de 7' grandeur) s'étend, s'éparpille sur la rétine, empiète sur la lumière de rétoile voisine à cause de rimperfection de nos organes, et le tout forme une masse confuse. Que l'on prenne, au contraire, une bonne jumelle marine ou une petite lunette, et Timage de chaque étoile se concentrant devient nette, lumineuse, distincte, ce qui donne ime première idée de la beauté et de la richesse de cet amas. Prenez une lunette plus puissante, munie d'un faible oculaire à champ très large, et en découvrant les étoiles de 8*, 9* et lO* grandeur, vous admirerez une opulente agglomération de soleils, qui est en réalité Tune des plus magnifiques du ciel. — C'est un excellent objet pour l'essai des instruments.
En observant cet amas d'étoiles à Taide d'une bonne lunette, on