‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 173 sur 373 · LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LA SCIENCE

XIX* siècle, on y trouvera des faits analogues et fort édifiants. A part quelques rares exceptions, V intérêt personnel seul régit le monde. La science, la philosophie, Tart, le progrès, le bonheur de Thumanité, ne viennent qu'en seconde ligne, et la plupart du temps non comme étant leur propre but k eux-mêmes, mais comme moyens de servir à Tavancement matériel, politique ou autre, de ceux qui s'y consacrent. Et les gouvernements eux-mêmes sont si équitablement organisés, qu'en général nous les voyons décerner leurs titres, positions et récompenses non pas aux hommes de réelle valeur qui les méritent par leurs travaux, mais presque toujours à des savants superficiels qui, ne travaillant pas, passent leur vie à intriguer. On n'est pas plus intelligent! C'est à se demander quelquefois par quel miracle le Progrès marche quand même : il faut convenir que depuis l'origine des sociétés c'est la science indépendante, la science libre, qui en conduit le char, à ses risques et périls (^).

(') Nous venons de parler de Lalande et Ilerschel. La plus grande découverte astronomique de ce siècle, celle de Neptune, a été faite en même temps par deux savants, l'un français (Leverrier), l'autre anglais (Adams), étrangers Tun et Tautre aux observatoires de leur pays; et, mieux encore, l'Observatoire de Greenwich avait entre les mains le travail d'Adams, antérieur à celui de Leverrier, et il ne se donna même pas la peine de l'examiner et de le publier, de sorte que toute la gloire fut réservée à la France. Il en est de même des autres grandes découvertes : Copernic était un chanoine, penseur isolé; Galilée resta toute sa vie en contradiction avec la science officielle de son époque; Kepler était obligé de faire des almanachs pour vivre, et lorsqu'U mourut de fatigues, après avoir découvert les lois immortelles qui portent son nom, c'est en allant mendier à l'empereur Ferdinand d'Autriche l'arriéré de sa pension. L'histoire des sciences est pleine de ces incohérences, qui ne sont guère à l'honneur des « classes dirigeantes ». Récemment encore, un travailleur passionné, qui a rendu de grands services à l'instruction publique, et qui en aurait rendu de plus grands encore s'il avait été soutenu, Charles Dien, est mort de misère à l'h/ipital pendant le siège de 1870. Etc., etc.

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