‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 177 sur 373 · ÉTOILES TEMPORAIRES - VARIÉTÉ DES CONTRÉES CÉLESTES · texte numérisé non relu

ÉTOILES TEMPORAIRES - VARIÉTÉ DES CONTRÉES CÉLESTES

Il n'en est pas moins remarquable que certaines contrées de l'espace sont privilégiées à certains égards (si toutefois c'est un privilège de subir de pareilles révolutions). Les unes, comme les provinces du Cygne et de l'Aigle, sont riches en étoiles rouges et variables; les autres, comme celles de la Vierge et de la Chevelure, sont ensemencées de nébuleuses; les autres, comme celles de Céphée et Cassiopée, sont peuplées d'étoiles doubles; d'autres sont très pauvres en étoiles, et le voyageur céleste pourrait les croire dévastées par le vent du désert. Non loin des cinq apparitions dont nous venons de parler, se placent celle de l'année 1604, dans le Serpentaire, au nord-est d'Antarès, près de l Ophiuchus ; — celle de 1848, près de m; — celle de 1230 dans le Serpent, et celle de l'an 386, dans le Sagittaire. — Il faut certainement que des circonstances locales favorisent ces éclosions célestes. — Quels horizons immenses ces mystérieuses apparitions d'étoiles nouvelles ne nous ouvrent-elles pas dans l'incommensurable histoire des cieux !

Comme complément naturel, nous connaissons déjà là un grand nombre d'étoiles variables :

R du Scorpion, qui varie de 9 à 13 en 648 jours

S — — 9 à 13 en 342 —

T — — 7 à 12 (indéterminé)

sans compter plusieurs voisines dans la Couronne australe et le Sagittaire.

La Voie lactée traverse cette opulente région. Nous l'avons vue se partager en deux branches dans la constellation du Cygne ; ces deux branches cheminent presque parallèlement pour ne se rejoindre que fort loin au sud, sous la constellation de l'Autel [fig. 279). De nos latitudes, nous ne pouvons la suivre jusque-là, et pendant les belles nuits d'été, à minuit même, nous voyons ces deux colonnes étoilées descendre du haut des cieux comme une arche éthérée, tandis que le Scorpion et le Sagittaire semblent marcher avec lenteur à une faible distance au-dessus de notre horizon. Cette Voie céleste continue de faire le tour du monde, descend au sud au delà de Fhorizon, passe sous nos pieds, et revient derrière nous par le nord, Persée, Cassiopée et le Cygne au zénith.

Champs d'étoiles à moissonner ad libitum, depuis la base jusqu'au sommet, depuis le Scorpion jusqu'au Cygne, par Ophiuchus, l'Écu, Antinous et l'Aigle.

CURIOSITES ?iIDERALES DU SCORPION

Curiosité toute spéciale entre « et p, au milieu de la distance qui les sépare : nébuleuse en forme de noyau cométaire (M. 80); W, Herschel la considérait comme l'amas d'étoiles le plus riche et le plus condensé du firmament tout entier; l'agglomération est pâle^ mais la lumière qui s'accroît progressivement vers le centre révèle là un véritable fourmillement de soleils. Cet amas est précédé, à un demidegré au nord, par une étoile de 8* grandeur (P. XVI, 17). C'est là une contrée bien étrange. A 36' à l'est se trouve la variable R; un peu au-dessous de R gît la variable S; et dans la nébuleuse même (probablement en deçà), la variable T a offert, en 1860, le singulier

5 spectacle de se rani-

mer tout à coup, de briller comme une belle étoile de septième grandeur, et, en moins d'un mois, de retomber dans son obscurité primitive.

Cette région est le siège de métamorphoses importantes, et il serait à désirer qu'elle fût assidûment suivie par quelque observateur habitant le midi de la France, l'Italie ou l'Algérie (/îgf. 278).

Remarquons à ce propos que de telles observations, c'est-à-dire les plus intéressantes qui se puissent faire, sont généralement en dehors du service régulieî» et routinier des observatoires, et réservées aux amis des célestes études. C'est ainsi qu'au siècle dernier un simple amateur avait plus fait pour la connaissance de la planète Mercure que tous les observatoires réunis. On sait combien cette planète est difficile à apercevoir, parce qu'elle ne s'éloigne jamais beaucoup du Soleil et ne peut être vue à l'œil nu que dans la lumière crépusculaire, près de l'horizon. Or, au siècle dernier, à Mirepoix, près Toulouse, Vidal était parvenu, à l'aide d'une excellente lunette, à suivre Vénus jusqu'à une distance égale au demi-diamètre du Soleil, et Mercure jusqu'à une distance égale au diamètre et demi du môme astre. Aussi

Fig. 278. — Étoiles variables et nébuleuse dans le Scorpion.

Fig. 279. — ConsteUatlons zodiacales. — L.e Scorpion. — L.e Sagittaire.

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