‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 215 sur 373 · L'ÉRIDAN · texte numérisé non relu

L'ÉRIDAN

En vertu de la précession des équinoxes, la distance polaire de cette étoileet, par celamême, sa déclinaison australe, diminuent actuellement de 18^ 4par an : elle remonte donc insensiblement vers le nord; la diminution étaitilyaundemi-siècledel8'',6;ilya deux siècles, de 18", 8; il y a trois siècles, de 18'^,9, etc. ; mais elle ne peut pas dépasser 2(y. Si nous prenons, en nombre rond, i9\ 5, pour la diminution moyenne depuis deux mille ans, nous trouvons qu'à l'époque de la rédaction do VAlmagestef vers Tan 130 de notre ère, cette brillante étoile était de 662' ou de 9** 22' plus au sud que de nos jours. Elle n'était donc pas visible à 1 époque de Ptolémée, et encore moins au temps d'Hipparque, pour l'observatoire d* Alexandrie. Elle ne Tétait pas davantage, à plus forte raison, pour la Grèce, qui est assise entre le 36* et le 40* degré. Il fallait s'élever jusqu'aux 24* et 23* degrés de latitude pour la voir briller au-dessus de l'horizon, c'est-à-dire aller jusqu'au sud de Memphis et des Pyramides, au sud de Denderah et de Luxor, au sud même de Syène. (Dépendant cette étoile est dans le catalogue de Ptolémée.

Elle est également dans celui de Sûfi, et il la décrit avec un soin particulier : « Elle est de la première grandeur, dit-il ; c'est celle que l'on marque sur l'astrolabe méridionale et que l'on nomme âchir al-na/ir, la Fin du Fleuve; il y a devant elle deux étoiles, l'une au sud, l'autre au nord, dont Ptolémée n'a pas parlé : la première de quatrième grandeur («de l'Hydre), la seconde de cinquième (K du Phénix) ». Or, l'astronome persan a vécu à Téhéran, à Bagdad et à Schiraz, c'est-à-dire à 32 degrés de latitude au minimum ; et au dixième siècle la déclinaison d'Achernar était encore de 4* 45' plus australe que de nos jours. L'astronome persan n*a donc pas plus vu cette étoile que l'astronome grec, et ils n'ont pu la décrire que d'après les observations faites au sud. Il est probable que celles de Ptolémée sont dues aux navigateurs de la mer Rouge, et celles de Sûfi aux pèlerins de la Mecque.

La meilleure preuve, du reste, que la position de cette étoile n'avait pas été mesurée aux instruments précis d'un observatoire, c'est qu'elle est fort loin d'être exacte. Sûfi comme Ptolémée donne 53* 30' à sa latitude qui est en réalité de 59* 18'. Cette position se rapproche plus de 0 que d* Achernar ; nwis 9 n'est que de seconde à troisième grandeur. On aura remarqué Achernar à cause de son éclat, et Ton n'aura pris d'elle qu'une position approximative. D'autres étoiles beaucoup moins éloignées au sud, telles que 0, t, x, y et x sont restées absentes des catalogues de Ptolémée, Sûfi et Ulugh-Beigh.

L'ÊRIDAN

L'atlas de Bayer, en 1603, a été dessiné en complétant les observations européennes par celles des navigateurs portugais. Bayer a donni des lettres aux principales étoiles de la constellation tout entière. Elles sont toutes inscrites à notre tableau ; mais celles qui restent invisibles pour nos latitudes sont en dehors de la carte (fig. 327) comme du dessin (fig. 329) des régions accessibles à nos observations ; on les trouvera plus loin, en arrivant aux zones circumpolaires australes. Dans le tableau ci-dessous, j'ai complété, pour toutes les étoiles situées au delà du 20* degré, les observations faites de nos latitudes, par celles des astronomes mieux placés pour cette étude : Gould pour notre époque ; Behrmann pour 1860 ; J. Herschel pour 1840; La Caille pour 1750; Halley pour 1677 (remplit les vides de la colonne d'Hévélius).

Neuf étoiles de la constellation ont reçu la lettre t et quatre la lettre v ; j'ai fait précéder la lettre, comme dans tous les cas douteux

Ptolémée. Sûfi. Ulugh-Beigh. Bayer.

Fig. 330 — Étoile inconiine observée anciennement dans irÉridan.

Etat actuel.

ou susceptibles d'équivoques, du numéro de Flamsteed correspondante chaque étoile. Il y a également deux p visibles à l'œil nu, et une simple jumelle en montre trois, le plus petit (6 J) précédant p *dans le mouvement diurne, ce qui fait que dans plusieurs catalogues nos p* et p' s'appellent p^et p*, le premier étant le plus occidental : ils portent respectivement les n** 8, 9 et 10 de Flamsteed. Mais il vaut mieux être logique et ne donner les lettres grecques de Bayer qu'aux étoiles visibles à l'œil nu.

ETOILES PRINCIPALES DE LA CONSTELLATION DE L ERIDAN DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION.

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